Daniel Balavoine : célébration d’une idole en carton-pâte ?
Il y a quarante ans, le chanteur Daniel Balavoine nous quittait lors d’un accident d’hélicoptère survenu durant le raid Paris-Dakar, destination alors très en vogue du show-biz. Aujourd’hui, il est devenu une sorte d’intouchable icône humanitaire. Faisons le point et récapitulons. À ses débuts, notre artiste est un apprenti chanteur comme les autres. Il a indubitablement une belle voix. Sa tessiture est haute et il peut s’aventurer dans les aigus sans risquer le ridicule. Au début des années 70, il se voit bien être une sorte d’équivalent français de Genesis, groupe anglais alors en vogue. Seulement voilà, il n’est pas Peter Gabriel, pas plus que Dick Rivers ne fut Elvis Presley ; éternel complexe français… Né en province, à Alençon, Daniel Balavoine ne sait rien des réseaux du show-biz parisien et imagine que, pour réussir, il suffit de singer Bob Dylan ou Ian Gillian, le brailleur en chef du groupe Deep Purple, très populaire à l’époque. En 1971, devenu chanteur du groupe Présence, il sort un premier 45-tours, qui se vend glorieusement à 247 exemplaires, formation qu’il quitte dans la foulée alors qu’elle vient de signer avec Warner, sans plus de succès.
Avant François Mitterrand, il y eut Patrick Juvet…
Voilà qui force le respect dû à ces galériens d’alors, souvent condamnés à écumer les bals de province et les foires à la saucisse ; la vieille école, dont un Francis Cabrel est d’ailleurs issu. Malgré l’appui des stars du moment, dont Patrick Juvet, Daniel Balavoine végète. Il n’est pas le seul, son confrère Alain Bashung, entre tentatives pop et rock, se cherche aussi. Et il lui faudra la chanson Gaby, oh Gaby pour connaître le succès, en 1980. Cette percée, Daniel Balavoine la connaît deux ans plus tôt quand Michel Berger l’enrôle dans Starmania, l’opéra-rock co-écrit avec le Québécois Luc Plamondon. Il y incarne le rôle de Johnny Rockfort. Le nom d’Eddy Camembert n’était peut-être pas libre de droits. Vu d’aujourd’hui, le résultat est hautement crétin. Le concept est fumeux et les paroles parfaitement ineptes. Mais que de tubes en un seul disque : Stone, le monde est stone, Quand on arrive en ville, Le Blues du businessmen, La Chanson de Ziggy, Les uns contre les autres. Dans la foulée, Balavoine a sorti son premier succès, Le Chanteur, réflexion assez finaude sur les aléas de la célébrité, mais dont les paroles pourraient désormais être sujettes à caution : « Et partout dans la rue/J’veux qu’on parle de moi/Que les filles soient nues/Qu’elles se jettent sur moi/Qu’elles s’arrachent ma vertu. » Mieux encore : « Les nouvelles de l’école/Diront que j’suis pédé/Que mes yeux puent l’alcool/Que j’fais bien d’arrêter/Brûleront mon auréole/Saliront mon passé. »
Dans ce même registre, qui pourrait faire frémir en ces temps de féminisme militant, il y a encore Mon fils ma bataille, chanson dans laquelle Daniel Balavoine rappelle qu’en cas de divorce, les pères ont aussi le droit d’exister : « Ça fait longtemps que t’es partie Maintenant/Je t’écoute démonter ma vie/En pleurant/Si j’avais su qu’un matin/Je serai là, sali, jugé, sur un banc/Par l’ombre d’un corps/Que j’ai serré si souvent/Pour un enfant/Les juges et les lois/ Ça m’fait pas peur/C’est mon fils, ma bataille/Fallait pas qu’elle s’en aille/Oh, j’vais tout casser/Si vous touchez/Au fruit de mes entrailles/Fallait pas qu’elle s’en aille. »
Il aurait pu continuer sur cette voie, mais seulement voilà, Daniel Balavoine est un enfant de son temps. Hippie quand il le fallait, chanteur à minettes lorsque la mode le voulait, le voilà qui se pique, après le 10 mai 1981, de jouer aux chanteurs engagés. Et là, tout y passe. Les concerts en faveurs d’Amnesty International et les chansons dénonçant le « racisme », dont L’Aziza : « Que tu vives ici ou là-bas/Danse avec moi/Si tu crois que ta vie est là/Ce n’est pas un problème pour moi/L’Aziza/Je te veux si tu veux de moi. »
Soit des paroles qui, en termes de niaiserie, n’ont alors pour seules rivales que celles de Jean-Jacques Goldman, avec Je te donne : « Je te donne toutes mes différences/Tous ces défauts qui sont autant de chance/On sera jamais des standards, des gens bien comme il faut/Je te donne ce que j’ai, ce que je vaux. »
Le rôle mortifère de SOS Racisme…
On ne dira jamais assez le rôle néfaste de ces vedettes qui, sous mine de rébellion contre le pouvoir en place, n’ont en fait jamais rien fait d’autre que de servilement le servir. À l’époque, François Mitterrand n’a qu’une seule crainte : que RPR, UDF et FN ne s’unissent, ce qui mettrait la gauche en minorité. D’où la création de SOS Racisme, officine téléguidée depuis l’Élysée. Jean-Louis Bianco, son secrétaire général, est à la manœuvre. Pour mettre cette opération en œuvre, des trotskistes, dont Jean-Christophe Cambadélis et Julien Dray, assurent la maintenance. Pour le carnet d’adresses, il y a Bernard-Henri Lévy, qui ne manque pas d’entrées dans le monde des arts et des spectacles. Le plus désolant n’est évidemment pas que la gauche ait lancé ce piège, mais que la droite institutionnelle y soit tombée, avec la pusillanimité et son ignorance politique qui étaient déjà sa marque de fabrique.
Car cette entreprise électoraliste aurait finalement été anodine si elle ne s’était pas révélée mortifère à long terme. Ainsi, à force d’expliquer aux Français de branche que tous leurs malheurs étaient dus au racisme de ceux de souche, certains ont fini par le croire, ouvrant la porte à l’actuel racialisme indigéniste qu’on sait et à la fracturation ethnique qu’on connaît. En ce sens, Daniel Balavoine fut un idiot utile du système, se posant en porte-parole de la jeunesse contre le même François Mitterrand, dès 1980, pour ensuite mieux le servir. Certes, il a signé quelques bonnes chansons, dont Le Chanteur et Mon fils ma bataille, plus haut citées. On devrait s’en remettre.
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97 commentaires
Merci pour ce portrait d’une espèce d’icône, concentré de bienpensance apprise et de vivrensemble dégoulinant….comme on en produit aujourd’hui par wagons entiers!
Je voie que l’on parle beaucoup « d’idiots utiles » mais ont-ils disparu aujourd’hui ou alors ont t-ils enflé parce que toujours grassement entretenus par le système qui lui aussi a enflé par la multiplication de structures inutiles ?
Je ne supporte pas sa voix de châtré , ni aucun de. Ses pseudos artistes engagés de gauche comme le poivrot renaud
Paix à son âme, mais je souscris complètement à votre avis, c’est comme Goldman le préféré des français chaque année, à bon !
Lisez les commentaires de ceux qui vous précèdent, cela pourrait peut être vous apporter une nouvelle vision.
Bonne journée
Je plussoie.
Ce qui est amusant, si l’on peut dire, vous accusez Balavoine, comme si c’était lui le responsable de tous nos malheurs. Comme le fait d’ailleurs l’extrême gauche avec Cnews. C’est un peu simpliste.
Entre parenthèse je n’ai pas honte d’écouter chanter Balavoine et Starmania, vous n’aimez pas, moi j’aime.
Chacun sa route, chacun son chemin…
La vérité vous choque?BV est dans le vrai,car ,aujourd’hui,nous avons le recul nécessaire pour « admirer »les dégâts occasionnés par les Aziza,Rima et autres Houaria..
Oui,Belavoine a participé activement et directement à notre déclin avec les Mitterrand,Dray,Désir,BHL,Finky,Cambadélis,Bianco…
J’espère que les Français,le jour venu d’un prochain mois de mai 27,sauront se souvenir de ces minables encore vau pouvoir.
Je confirme.
Finkielkraut s’en mord les doigts ! Il a été obligé de faire le chemin inverse et ce n’est pas facile tous les jours de savoir que l’on se soit trompé à ce point !
Je n’ai jamais pu supporter les brailleries et jeremiades de ces chanteurs chatres … Un bel exemple de l’homme francais deconstruit avant la lettre . Respect tout de meme pour s’etre reveille contre le monstre machiavelique de Mitterand .Ca lui aura coute la vie .Comme quoi les reveils tardifs ont interet a se faire discrets dans la patrie des droits de l’homme .
J’aime bien les voix de castrats , c’est magnifique, comme celle de Philippe Jaroussky, par contre ce n’est pas la voix de Balavoine qui me pose problème mais le personnage qu’il s’est construit autour du concept « » donnez, donnez ! »et « venez venez » comme vous êtes, dans ce pays de racistes !
La nullité fait recette.
Et ce n’est pas près de finir.
Et ce n’est pas près de finir…
Bonne analyse.
J’amais aimé donc très très peu écouté.
J’ai pu admirer les chansons de Ferrat, de Reggiani, et d’autres chanteurs de gauche, et reconnaître leur talent, mais là, avec sa voix de cassis cognac, comme disait ma vénérée grand mère, je ne supportais pas ce type,qui voulait nous donner des leçons de bonté dégoulinante qui ont détruit la France
Bien vu !!
Comme vous.
C’est surtout que sa famille a obtenu un contrat de production pour 50 ans. Encore 10 ans à écouter cette voix nasillarde …
C’est intéressant ça
Chacun dans la vie fait ce qu’il peut avec ce qu’il a et cet « idiot utile » a fait son bout de chemin comme nous tous dans nos domaines. Ce que je retiens avant tout c’est le non dit c’est à dire l’intérêt que ce baladin suscitait auprès de la classe moyenne des français déjà bien préparés à ce qui allait suivre. Aujourd’hui je cherche désespérément une voix et des paroles qui me donnent envie d’écouter la radio comme il y a 40 ans.
Merci à Nicolas Gauthier pour ce survol d’une carrière assez typique des années 80, qui ne fut pas la meilleure (euphémisme) en matière de pop et de rock. Balavoine a surfé sur la vague rose, sans doute par opportunisme, peut-être par intérêt. Côté voix, je préfère Cabrel, côté texte aussi: Cabrel, a plus de profondeur et a toujours évité l’écueil du militantisme, sauf lorsqu’il s’est attaqué à la corrida dans une chanson magistrale de fond et d’émotion.
Il y a suffisamment de poètes chanteurs des années 60 et plus: Brel, aznavour, Becaud………..
Et BRASSENS non d’une pipe
Brassens
Nougaro , Gainsbourg , Barbara ,Piaf .Et Johnny , Eddy , Dutronc déjà !
parfaite analyse d’une « icone » auto proclamee, et qui personnellement, m’emmerde prodigieusement ( je parle evidemment de cet espece de pantheon qu’on tresse à un quelconque aboyeur qui c’est vrai avait une jolie voix mais dont les paroles de la majorite de ses chansons degoulinaient de bêtise crasse.
Est-ce que vous croyez que ce n’est pas pire aujourd’hui pour certain (es) ? Les choses n’ont certainement pas évolués dans le bon sens. Il reste quelques exceptions mais de plus en plus rares.
« jolie voix « ….Ah bon ???
Désagréable.
Je n’ai jamais rien trouvé à cet égosillé, jamais écouté que par obligation et qu’il soit ré-exhibé me navre. Bon, je l’admets, voilà un commentaire plat, excuses…..
Je plussoie à 99% sauf Goldman. Ecoutez son « On sera là (Chanson du Bleuet de France) ». Avant qu’un chowbizbesseux sorte la même pour nos blessés, il tombera vous savez quoi. Dans un peu le même registre : 3 cafés gourmands (à nos souvenirs) qui chantent leur amour pour un coin de France.
Balavoine m’a bien trompé jusqu’à ce qu’il dévoile ses batteries de gauchiste. Il aurait eut moins de fric, il serait encore en vie.
« Il aurait eut moins de fric, il serait encore en vie » vous ne croyez pas que cela reste d’actualité y compris dans le monde intello et politique ou l’on trouve aussi beaucoup « d’idiots utiles »
En effet, un faux rebelle bien exploité par le clan Mitterand.