[CINÉMA] Pour la France sur France 2 : pas vraiment une ode à la France !

Ce film est l'adaptation d'une histoire vraie, celle d'un jeune issu de l'immigration mort lors d'un bizutage à St-Cyr
pour la france

Dimanche 27 juillet, France 2 diffuse Pour la France, un drame sorti au cinéma en 2023, réalisé par Rachid Hami. Ce dernier a choisi pour son deuxième long-métrage d’adapter l'histoire vraie de son propre frère aîné, mort en 2012 lors d'un bizutage dans une école militaire. On y suit donc l’enfance de cette fratrie algérienne, son arrivée sur le sol français, les destins contrastés des deux garçons. Tandis que l’un vit d’affaires louches, l’autre file droit et entre dans l’armée. Mais celui-ci décède dans des circonstances troubles, lors d’un « bahutage », rituel d'intégration dans la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr. S’ensuit une difficile lutte face à la grande muette, peu encline à reconnaître ses éventuelles responsabilités. Cette triste affaire a été jugée en 2021.

Évidemment, la presse de gauche a adoré ce drame à connotation sociétale. France Inter a salué un « très grand film » à la réalisation « subtile » ; France Info a applaudi une œuvre « qui touche au cœur » ; Télérama a vibré pour ce « duel poignant avec l’armée française ». D’ailleurs, cet affrontement avec notre administration militaire n’est pas allé assez loin pour certains médias qui s’attendaient manifestement à un brûlot antifrançais. C’est notamment le cas de Le Nouvel Obs, pour lequel ce film « manque malgré tout d'un peu de colère », ou du magazine Vogue, dont le journaliste a ressenti « une légère frustration en tant que spectateur de ne pas aller au bout de cette histoire avec le procès et les condamnations ». Mettre en cause la France sans parvenir à la faire condamner, c’est frustrant, en effet.

Un rapport ambivalent à la France

Si Pour la France s’avère trop nuancé et pas assez haineux pour certains médias, il n’est pourtant pas dénué de tout discours culpabilisant ou vengeur. Ainsi, dès le début du film, alors que l’état-major indique aux membres de la famille Saïdi que leur fils ne pourra pas bénéficier d’une cérémonie aux Invalides ni d’une sépulture au cimetière militaire - deux traitements réservés aux militaires tombés au combat -, leur colère explose. La promesse d’une sépulture au Père-Lachaise, précédée d’une cérémonie d’hommage officielle, ne parvient pas à calmer leur courroux. Au sortir de la morgue, ils filent donc chez l’avocat, bien décidés à rendre justice au défunt Aïssa et à faire payer « ceux qui l’ont tué ».

De même, la victimisation raciale n’est jamais loin. « Tu trouves pas que c’est chelou, que le seul mec qui meurt sur leur soirée traditionnelle, ce soit un Arabe ?, s’interroge ainsi Yacine, le petit dernier de la famille. De toute façon, sur BFM, ils disent qu’à Saint-Cyr, ils sont tous racistes… » Un avis partagé par l’entourage de la fratrie : « Si ça aurait été un babtou, un Michel ou un François, là, ils lui auraient donné la Légion d’honneur direct ! », s’emporte un ami de l’aîné ; « Ton frère, on va le mettre dans un carré musulman. Pas avec des kouffars, des putains de mécréants ! », suggère un autre, entre deux bouffées de cannabis.

Mais il se trouve que le défunt, lui, n’avait pas cette défiance pour la France ni cette haine des infidèles. S’il a été élevé par un père ayant les « colons » en horreur, Aïssa aimait sincèrement son pays d’adoption. Un attachement que le réalisateur semble parfois remettre en cause. Comme lors de ce flash-back dans lequel le jeune élève-officier se dit prêt à mourir pour la France et que le metteur en scène interrompt brutalement pour revenir au temps présent, avec un plan serré sur le cadavre du même Aïssa. Le message subliminal coule de source : il a voulu s’intégrer et voilà comment il en est remercié. C’est d’ailleurs cette vision des choses qu’a retenue le média France Info, dans sa critique du film : l’histoire cruelle d’un jeune homme « porté par une foi patriotique fanatique pour la France qui, finalement, lui plantera un couteau dans le dos ». Est-ce à dire qu’aux yeux de l’audiovisuel public, l’amour d’un immigré pour la France ne saurait être autre chose qu’un extrémisme insensé ?

L’impossible assimilation

Moins caricatural que la plupart des autres films français faisant l’éloge de la « diversité », Pour la France n’échappe cependant pas à certains stéréotypes navrants. Il ne s’agit nullement d’un film « loin des clichés », comme l’ont prétendu les médias de gauche.

Ainsi, le héros se trouve pris dans le piège classique de la double allégeance, souhaitant servir la France mais sans parvenir à se départir tout à fait d’une certaine soif de revanche. Son rêve reflète ce lieu commun identitaire : devenir « le premier chef d’état-major arabe de l’armée française ». « Et je recevrai les gens dans mon bureau, en fumant la chicha et en buvant le thé », confie-t-il à son frère, le sourire en coin.

Son frère, justement, n’est pas moins un cliché en pied. En bonne racaille de cité, il arrose ses proches de cadeaux hors de prix, achetés avec de l’argent à la provenance douteuse. Plus tard, lorsqu’il rend visite à Aïssa en Asie, il ne peut s’empêcher de déclencher une bagarre générale dans une discothèque, finissant sa soirée au poste de police, à la manière de ces « French Arabics » qui nous font honte à l’étranger. Heureusement, le très agité Ismaël retrouvera finalement la paix intérieure grâce à l’islam, lors d’une séquence surréaliste où il se rend dans un temple bouddhiste pour y prier… Allah.

Le film s’achève par un ultime flash-back dans lequel les deux frères se retrouvent enfin sur la même longueur d’onde, partageant un moment de complicité. Assis à l’arrière d’un taxi, ils se mettent à chanter à tue-tête les paroles d’un morceau de rap qu’ils connaissent par cœur : Pour ceux, du groupe Mafia K’1 Fry. Un titre communautariste en diable, dédié aux « jeunes des cités HLM », aux « sœurs » qui font « un mariage halal », à « tous ceux qui mangent pas de porc ». « Envers nous, l’État a des dettes ! », est-il aussi scandé. Pas vraiment une ode à la France.

 

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

59 commentaires

  1. Un film de plus que je ne verrai pas, et j’aimerais bien que nos impôts ne subventionnent plus ce genre de films, nous devons faire des efforts et le cinéma n’est pas une priorité ,qu’on mette l’argent bien mal placé, pour les hôpitaux, la police, pour aider les FDS, les handicapés bien souvent délaissés et qui doivent souvent galérer sans aide, qu’on aide nos agriculteurs et ceux qui travaillent dur que de gâcher de l’argent pour cette propagande dont je ne peux plus voir ! Il y a des économies à faire et ça en fait partie

  2. Si c’est avéré, c’est consternant autant de bêtise et de cruauté….néanmoins à quand un film sur les victimes anonymes et françaises tuées à coup de couteau ou de machette pour quoi ? Un téléphone ou rien….visiblement le sujet n’intéresse aucun réalisateur…dommage, se serait un bel hommage.

    • Je ne sais pas si le sujet n’intéresse aucun réalisateur , c’est surtout que ce ne serait pas subventionné, vu que c’est la gauche qui décide qui doit être financé ou pas, la gauche une fois de plus !!!

  3. Sans remettre en cause le patiotisme de ce soldat il faudra un jour si besoin faire un grand nettoyage dans nos casernes avant d’envoyer nos soldats dans les rues

  4. Ce film franco-taïwanais sorti en 2022 (93%-7% (pas fou les taïwanais) avec un budget prévisionnel de 6,3 millions d’€, subvention de 700 000 € du CNC plus 42 000 € d’Aide à l’Image et à la Diversité payé par le CNC et l’ANCT (Agence Nationale de la Cohésion des Territoires),(financé par un % pris sur chaque entrée de place de tous les films en France pour le CNC ,) pour Karim Hami 110 00 € pour avance sur recette et salaire en temps que technicien et 42 000 € pour Olivier Pourriol en temps que co-réalisateur d’aide à l’Image et à diversité de de pour ne faire que 30 866 entrées, un franc succès pour un tel navet, la subvention par entrée est de 24 €
    2 agences à fermer à mon avis

  5. Je renverrais le réalisateur à son propre discours qui semble-t-il veut démontrer quelque part que même en étant parriculièrement intégré la France serait ingrate envers ceux qui serait capable de donner leur sang pour elle . Elle ne permettrais pas à un jeune élève de St Cyr de pouvoir accéder à l’excellence au sein des armées .
    Hors ce n’est pas vrai mais ce qui est vrai c’est que ce n’est pas un phénomème de masse chez les maghrébins d’intégrer une école d’officier aussi prestigieuse .
    C’est une démarche personnelle qui ne prend pas en compte le phenomène racial ou éthnique ,ni patriote même si cela ne doit pas faire débar quand on incorpore une telle école militaire de prestige.
    C’est aussi une façon de réussir socialement . Ceux qui s’engagent dans l’armée en se dévouant totalement à la France sans ambiguité sont les légionnaires .
    Après je n’en veux pas aux autres , ils ont tellement été biberonnés à un récit masochiste de la France où celle ci est mis en constante accusation qu’il serait vraiment difficile de s’identifier à elle .
    Pourtant la France est digne de respect et plus encore si on la compare à nombre de pays . Elle a su se remettre en cause et renaître plusieurs fois dans son histoire où la révolution n’a été qu’une péripétie pas toujours très heureuse et glorieuse , il suffit de le demander aux vendéens .
    Hors la gauche se complait dans la repentance et elle récidive en permanence à chaque occasion qui se présente et je pense que ce film ne fait pas exception , Bein entendu . C’est bien pour cela qu’il plaît à télérama et autres Obs puisque cela les confortent dans leurs croyances .
    Pour que la France soit aimée il f

  6. Il remercie la France de l’avoir accueilli et éduqué. Né en 1985 en Algérie, bi national, ce cinéaste a son film encensé par tous les journaux gauchos. Je ne le regarderai pas. Le résumé de BV, a l’encontre de ces médias , me semble plus impartial. Et faut avoir fait l’armée et certaines formations pour en parler et juger. Vu ce qui se passe en France en ce moment, c’est jeter sciemment de l’huile sur le sur le feu. Qu’en penserait son frère ?

  7. S’il est des pays qui sont fiers de leurs Armées, la France en a honte et s’étonne après que les jeunes issus de l’immigration n’arrivent pas à s’assimiler. Pourtant, les armées françaises n’ont pas à rougir de leurs actes et de leurs actions, mais cela les pseudos intellectuels préfèrent l’ignorer et rejeter sur l’armée la couardise et l’incompétence des hommes politiques pourtant issus de leur bord.

    • Premier constat, il ne s’agît pas d’un bizutage, mais d’un exercice d’intégration qui fût mal préparé…. les responsables, pas tous, ont payé, et la note fût dure! Là, nos juges gauchos savent faire.
      Quand au film? Il n’apporte rien, un navet de plus dans un champ de betteraves rouges.

  8. En dehors de la mort déplorable d’un Cyrard, je ne peux m’empêcher d’être méfiant quant à l’authenticité de l’histoire vraie du frère du réalisateur: taqiya, infiltration, entrisme sont toujours possibles car quand on a été biberonné à la haine de la France je ne crois pas que puisse exister une réelle vocation de la servir, éventuellement contre son pays natal (et en l’occurrence pas n’importe lequel!) Du moins j’en doute et c’est mon droit.

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