[CINÉMA] Marcel et Monsieur Pagnol, le film-hommage d’un génie de l’animation

Délicat, souvent drôle, parfois tragique, Marcel et Monsieur Pagnol nous offre des moments de grâce.
Capture d'écran BA
Capture d'écran BA

Cette année 2025 marque les 130 ans de la naissance de Marcel Pagnol, et du cinéma également. Quoi de mieux, pour célébrer ce double événement, que d’offrir aux spectateurs un film-hommage à l’écrivain-réalisateur à qui l’on doit, entre autres, la trilogie marseillaise, Topaze, Souvenirs d’enfance ainsi qu’une série de succès cinématographiques, notamment parmi les premiers du parlant : Le Schpountz, La Femme du boulanger, La Fille du puisatier ou encore Naïs.

Pour l’occasion, le réalisateur multi-récompensé des Triplettes de Belleville et de L’Illusionniste, Sylvain Chomet, revient quinze ans après ce dernier au film d’animation, son genre de prédilection. À l’origine, il était question avec ses producteurs d’un projet de documentaire sur Marcel Pagnol qui inclurait deux séquences animées. Devant la réussite de celles-ci, Chomet a finalement opté pour un film intégralement dessiné.

Un récit biographique narré par Pagnol

L’histoire démarre en 1955 avec un Marcel Pagnol au plus haut de sa carrière, sexagénaire et fatigué d’écrire. Approché par Hélène Lazareff, rédactrice en chef du magazine Elle, Pagnol accepte à contrecœur l’écriture d’un feuilleton littéraire retraçant l’ensemble de sa vie. Un travail qui préfigure ses quatre romans autobiographiques réunis sous le titre Souvenirs d’enfance : La Gloire de mon père (1957), Le Château de ma mère (1957), Le Temps des secrets (1960) et Le Temps des amours (1977).

Encouragé par le souvenir de ce petit garçon qu’il fut jadis et qu’il ne veut trahir en aucune manière, Pagnol finit par se lancer et couche sur le papier les épisodes de son existence qui firent de lui l’écrivain que nous connaissons : la maladie et le décès de sa mère, ses débuts en tant que professeur d’anglais, son arrivée à Paris, ses premiers échecs littéraires, son premier succès marquant avec Topaze, sa rencontre déterminante avec Raimu et sa découverte, à Londres, du cinéma parlant. Le film nous montre bien que, s’il ne fut pas le réalisateur des premières adaptations cinématographiques de son œuvre – le Hongrois Alexander Korda a mis en scène Marius et Marc Allégret s’est chargé de Fanny –, Pagnol a très vite fondé sa propre société de production, dès 1932. Laquelle lui a causé de nombreux soucis lorsque, sous l’occupation allemande, le directeur de la Continental Films, Alfred Greven, tenta de s’adjoindre ses services…

Une véritable recherche esthétique

Délicat, souvent drôle, parfois tragique (le décès de sa mère, de son frère Paul, puis de sa fille Estelle), Marcel et Monsieur Pagnol nous offre des moments de grâce, telle l’utilisation d’un extrait inédit de La Prière aux étoiles (1941), dont la pellicule fut partiellement détruite pendant la guerre afin d’empêcher les Allemands de mettre la main dessus ; puis une séquence légère et mélancolique à la fois avec ses fidèles amis Raimu et Fernandel.
Visuellement irréprochable – on reconnaît bien la patte de Sylvain Chomet, véritable génie de l’animation –, le film soigne ses dialogues et constitue une synthèse convaincante, à défaut d’exhaustivité, de la vie de Marcel Pagnol. La chanson du générique de fin, signée du rappeur SCH, n’est cependant pas d’un goût incommensurable…

 

4 étoiles sur 5

 

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Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

3 commentaires

  1. Sans oublier les déplorables actions du maire de Marseille pour effacer le souvenir que le petit fils de l’auteur s’efforce de conserver

  2. marseille n a jamais aime marcel pagnol car les marseillais pensait que pagnol se moquait de leur façon de vivre et de leur accent d ailleur cherchez une place ou une rue portant son nom a marsille

Commentaires fermés.

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