[CINÉMA] Downton Abbey III, clap de fin pour une saga familiale « so british »
Ils sont tous là. Lord et Lady Grantham, leurs filles Lady Mary et Lady Edith, Tom Branson, et leurs fidèles domestiques : le couple Bates, le couple Carson, Mrs Patmore, Daisy, Andy, Mrs Baxter et Molesley. Même Thomas Barrow, qui a refait sa vie à Londres, est de retour pour ce final émouvant de Downton Abbey. Une aventure familiale qui a commencé en grande pompe en 2010 et s’éteint aujourd’hui après six saisons mémorables et trois films remarquables.
Bien sûr, l’absence de Lady Violet (la regrettée Maggie Smith), décédée à la fin du volet précédent, se fait cruellement sentir, mais son personnage se rappelle à nous en toute occasion, dans un dialogue, une allusion, ou une attitude de sa petite fille Lady Mary.
Après la visite du couple royal, qui était au cœur du premier film, puis l’expédition dans le sud de la France, dans le second, la saga de Julian Fellowes délaisse quelque peu le faste pour retrouver la tonalité du feuilleton télévisé, jusque dans le choix de son étalonnage colorimétrique. Un judicieux retour aux sources pour un film d’adieux, qui fait le pari de la sobriété et de l’élégance.
Face à la tourmente, l’unité du corps social
Plus ramassée que dans les deux volets précédents, l’intrigue se situe en 1930, alors que l’Angleterre – et à travers elle la famille Crawley – subit lourdement les conséquences du krach de 1929.
En effet, sur les conseils d’un escroc, le frère ainé de Cora a effectué des placements financiers douteux réduisant considérablement la fortune de cette dernière et menaçant directement l’avenir du domaine. Cela, au moment pile où Lady Mary, qui s’apprêtait à reprendre la main sur les affaires de son père Lord Grantham, fait l’objet de scandale dans la presse pour son divorce d’avec Henry Talbot, le coureur automobile. La famille Crawley doit alors affronter la tempête, mais peut heureusement compter sur le soutien indéfectible de ses domestiques.
Fidèle à l’esprit du feuilleton, qui s’attachait durant six saisons à dépeindre une époque de déclin pour l’aristocratie anglaise face aux aléas du progrès et de la modernité libérale, Downton Abbey III : Le Grand final réitère son refus de la lutte des classes et promeut une dernière fois l’unité du corps social et les liens d’interdépendance qui unissent maîtres et valets – peuple et famille royale.
Julian Fellowes assume sa position : oui, l’Angleterre est indissociable de sa monarchie. Oui, la famille Crawley fait vivre des centaines de personnes aux alentours, et celles-ci leur en savent gré, n’en déplaise à cette gauche libérale, bourgeoise ou socialisante, qui a toujours semé les graines de la discorde.
Une grande réunion famille
Conformément à la Tradition et au principe monarchique de continuité familiale et historique, le film nous montre enfin le passage de flambeau, annoncé dès la première saison, entre Lord Grantham et sa fille Lady Mary : « Je suis un gardien, pas un propriétaire », affirmait modestement le père dans un épisode de la première saison. Désormais, celui-ci occupera la maison douairière avec son épouse Cora tandis que leur fille régentera la vie du château dans l’intérêt de tous.
À l’image des précédents, cet ultime volet de Downton Abbey multiplie les clins d’œil au feuilleton et prend soin délicatement de valoriser le moindre personnage secondaire, comme dans une grande famille dont personne n’est oublié, ni les vivants ni les morts. Feu Lady Sybil, Matthew, et Lady Violet ont droit, en effet, à un magnifique hommage dans une séquence finale bouleversante, avant que ne reprenne une dernière fois le thème musical de John Lunn et son rythme battant comme le cœur de l’Angleterre.
4 étoiles sur 5
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4 commentaires
« … If Mama was alive, what would she do ? »
En effet, qu’aurait fait Lady Violet dans ce monde de turbulences ?? Elle va manquer dans ce dernier chapitre !
Serie regardée par toutes les générations. Belle réussite idem pour les films.
J’ai adoré.
Une très bonne série, contrairement à Bridgerton qui est extrêmement wokiste et fait passer les téléspectateurs pour des incultes!