Attentat de Romans-sur-Isère : au procès se joue l’irresponsabilité pénale du terroriste

Abdallah Osman Ahmed avait fait deux morts et cinq blessés dans une attaque au couteau.
@tingeyinjurylawfirm/unsplash
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Plus de cinq ans après les faits s’est ouvert, ce lundi 27 octobre, le procès de l’auteur présumé de l’attentat de Romans-sur-Isère, commis en avril 2020. Le Soudanais, aujourd’hui officiellement âgé de 38 ans, comparaît devant la cour d’assises spécialement composée de Paris pour « assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste ».

Entre islam radical et folie meurtrière

Le 4 avril 2020, Abdallah Osman Ahmed tue deux personnes au couteau et en blesse cinq autres, dans un parcours meurtrier qui durera près de vingt minutes au sein de la paisible ville drômoise. Il s’en prend d’abord à un couple de buralistes dont il était client régulier, avant de se rendre dans une boucherie pour s’armer d’un couteau et poursuivre son attaque sur des passants qu’il cible au hasard. Il est finalement retrouvé à genoux, couvert de sang, récitant en arabe des prières entremêlées de « Allah akbar ».

Après deux premiers jours d’un procès qui doit se poursuivre jusqu’au 7 novembre, l’enjeu se précise : déterminer si, au moment des faits, le discernement de l’accusé était altéré, aboli ou intact.

Une question « très technique », selon l’un des avocats de la défense, Me Dimitri Grémont. L’instruction judiciaire y aura consacré cinq années, appuyée sur une enquête de personnalité et trois expertises psychiatriques menées entre 2020 et 2023. Deux d’entre elles ont conclu à une altération du discernement de l’assaillant face à des « gestes criminels à la fois délirants et terroristes ». La troisième expertise concluait à une abolition totale du discernement, hypothèse qui, si elle avait été retenue par le juge d’instruction, aurait entraîné l’irresponsabilité pénale de l’accusé.

C’est cette thèse que ses avocats ont choisi de défendre tout au long de ce procès, bien que la veille de l’attaque, Abdallah Osman Ahmed avait publié sur Facebook des messages dans lesquels il demandait pardon à Allah et faisait référence aux « mécréants ». Parmi les pièces versées au dossier figure également une phrase de sa main : « Je suis en terre de mécréance et je n’aime pas », adressée « à chaque djihadiste ».

Mais pour ses avocats, « son passage à l’acte s’explique par une crise psychiatrique, plaident-ils. Le confinement a joué un rôle de catalyseur. Il avait eu, par le passé, des comportements paranoïaques qui l’avaient poussé à s’isoler. » À la barre, Abdallah Osman Ahmed maintient encore cette version. Aidé d’un interprète arabophone, il affirme n’avoir pas été « conscient de la commission des faits », qu’il dit avoir découverts après coup, tout en reconnaissant la réalité de ses gestes.

L’accusation a néanmoins retenu « une forme de rationalité dans ce passage à l’acte terroriste », qu’elle rattache à « une conception rigoriste de la religion » et à « l’idéologie de l’islam radical », tout en reconnaissant que ces gestes s’inscrivent « dans sa souffrance mentale » due peut-être au déracinement migratoire, à l’isolement et à une fragilité psychique. Toutefois, son emploi dans une entreprise de maroquinerie de luxe à Romans-sur-Isère évoque à l’enquêteur de la sous-direction antiterroriste (SDAT) une « intégration optimale ».

Mensonge à l'origine de son statut de réfugié

Le rapport d’enquête de personnalité décrit en effet un homme issu d’une famille musulmane traditionnelle soudanaise et qui, jusque-là, n’avait montré aucun signe de radicalité. Né le quatrième d’une fratrie de sept enfants, au sein d’une famille d’agriculteurs analphabètes qui le fait travailler au champ et l’envoie à l’école, il poursuit ses études à Khartoum où il obtient une licence de droit sans jamais exercer la profession d’avocat dans laquelle il se projetait. En 2016, il quitte le Soudan, son épouse et sa famille pour se rendre en Europe où il obtient, en 2017, le statut de réfugié en se faisant passer pour un dirigeant d’association d’opposition, kidnappé et torturé par le régime, et contraint de fuir son pays.

Entre mensonges, parcours migratoire et récente radicalisation, le tribunal disposera d’une quinzaine de jours pour faire la lumière sur les motivations de cet homme qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Vos commentaires

37 commentaires

  1. comment peut on exercer le metier d’avocat quand on défend des monstres en sachant ce qu ils sont
    en ayant conscience des faits : il faut vraiment avoir une mentalité déplorable
    vivre du malheur des autres et charger le plus posible les victimes une honte
    j’ai honte de la justice de mon pays

  2. que les juges arretent de trouver des excuses à tous ces assassins peine maximale point barre et je dirai meme plus la guillotine il y en aurai peut etre un peu moins de ces « malades »

  3. C’est la relaxe automatique pour tout assassin immigré ou issu de l’immigration…..Dans ces conditions, ça va encore durer encore longtemps ces naïfs qui répètent stupidement qu’ils font confiance à la Justice ?

  4. Il a également eu une altération du discernement concernant son passé pour obtenir son statut de réfugié ?

  5. Il faut que les « irresponsables » aient d’abord leur procès. Ensuite, et seulement ensuite, on les fourre à l’asile. Mais il faut un procès. Sinon c’est de l’escamotage, et plus personne ne tolère ça.

  6. Visiblement, même s’il souffrait, il savait ce qu’il faisait.
    Ces migrants imposés, qui de l’aveu même des avocats souffrent du fait qu’ils n’ont pas la même culture (dont le rapport à la violence, aux femmes, …), se retrouvent en grande solitude, en non intégration dans un pays et des moeurs, que non seulement ils ne cherchent pas à comprendre, mais qu’ils détestent, … Certains en deviennent forcément dangereux et malheureusement on le constate quasi chaque jour.
    Ceux qui les font venir et les aident, par idéologie, par calcul politique, par haine de l’identité française, et parfois par naïveté aveugle devront rendre des comptes.
    Ils sont responsables du malheur de tous ces gens déracinés, du manque qu’ils représentent pour leur pays d’origine, et des agressions et déséquilibres qu’ils provoquent dans les pays d’accueil.

    Ceux qui continuent à

  7. Rien que ce délai de cinq ans est une insulte faite aux victimes . La justice de France ne juge plus , elle catégorise les auteurs qui seront selon son gré vus comme meurtriers , déséquilibrés , drogués victimes d’une bouffée délirante etc . Savez-vous comment les avocats de l’assassin de l’innocente petite Lola , ont réussi a écarter les termes barbarie et torture , en soutenant que celle-ci était inconsciente aux moments des faits ?

  8. Mais si cet assassin soufre à ce point, il faut le soulager définitivement….son paradis se chargera alors de lui rendre le bonheur absolu… pourquoi trouve-t-on encore des avocats pour accabler les victimes et absoudre les criminels? La violence de mon propos traduit ma colère alors que je connaissais une des innocentes victimes qui a perdu la vie ce jour là. Paix à son âme et que sa mémoire, ainsi que celles des autres victimes, soit honorée et respectée.

  9. Quand on commet de tels actes, on mérite une lourde peine et même un renvoi au Soudan. Ses parents et sa femme ne sont vraisemblablement pas fiers de ses actes.

  10. En de nombreuses fois, la justice a conclu que le djihadiste est marqué par des désordres psychiatriques et la folie. Veut-elle signifier par là que la plupart des djihadistes sont fous ? Dans ce cas, cela pourrait être considéré par les religieux islamistes contre une grave offense à leur religion. Les juges devraient sans doute respecter une religion et considérer que les attaquants sont sains d’esprit et responsables de leurs actes.

  11. Ici la justice ne se comporte pas comme contre Monsieur SARKOSY ! ! ! ! pourtant , ce criminel a tué trois personnes, et donc vu son comportement, il en tuera d’autres…. A t il toutes ses facultés au moment des crimes ? ? ? .. Comment peut on se poser cette question, du fait que la réponse, dans le monde d’ou il vient est particulièrement différente de la notre. D’ailleurs dans son monde , on ne se la pose même pas, et je jugement est indiscutable . Alors quelle est cette justice a la boite de vitesse déréglée ? ? ? ?

  12. Il y a encore 40 ans la punition était la peine capitale avec la guillotine et aujourd’hui plus rien. Si on devait appliquer la peine capital pour chaque meurtrier comme il y a 40 ans, une tête par jour tomberait. Le laxisme de notre état et surtout de ceux qui le dirige nous a amené vers une dérive totale d’insécurité. Il est temps de se poser la question si la peine capital jusqu’aux années 80 n’était pas une bonne solution.

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