Cologne, le dernier repos des Rois Mages
La fête de l’Épiphanie, célébrée chaque 6 janvier dans la tradition chrétienne, commémore la venue des Rois Mages à Bethléem pour adorer l’Enfant Jésus. Cette scène fondatrice de l’Évangile selon Matthieu, où ceux que la tradition nomme Melchior, Gaspard et Balthazar présentent l’or, l’encens et la myrrhe, a inspiré durant des siècles la dévotion, l’art et les pèlerinages à travers l’Europe chrétienne.
À Cologne (Allemagne), cette célébration prend une dimension singulière, en raison de la présence, au cœur de la cathédrale, d’un trésor exceptionnel : le reliquaire des Rois Mages, considéré comme l’une des plus importantes œuvres d’orfèvrerie médiévale conservées en Occident.
Des reliques voyageuses
Selon la tradition, les corps des trois Rois Mages auraient été retrouvés par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin. Lors de son pèlerinage en Terre sainte au IVe siècle, elle les aurait faits exhumer avant de les transporter à Constantinople, aux côtés d’autres reliques majeures du christianisme, telles que la Sainte Croix. L’empereur Constantin les aurait ensuite confiés à saint Eustorgius, évêque de Milan, qui les transféra en Italie. Les reliques y demeurèrent alors près de huit siècles, vénérées par les fidèles.
Un nouveau tournant survint en 1164 lorsque, à la suite de la prise de Milan par les troupes impériales, l’empereur du Saint-Empire romain germanique Frédéric Barberousse s’empara puis remit les reliques à l’archevêque de Cologne, Renaud de Dassel, qui les fit solennellement transporter vers la cité rhénane. Afin de les accueillir dignement, une châsse monumentale fut conçue pour abriter et magnifier les précieux restes des Rois Mages, appelés à reposer durablement à Cologne dans la paix et la vénération.
Cologne, gardienne des reliques
La châsse des Rois Mages fut réalisée entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle par Nicolas de Verdun et son atelier, une figure majeure de l’orfèvrerie médiévale. Conçue sous la forme d’une basilique miniature, elle est richement ornée de plaques d’or et d’argent, serties de pierres précieuses et d’émaux, représentant des scènes bibliques, des figures de saints et des épisodes de la vie du Christ. Par son ampleur et son raffinement, le reliquaire exprime l’importance accordée par les chrétiens médiévaux aux Mages, premiers témoins de la présence du Christ sur terre. Il s’imposa alors rapidement comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre du Moyen Âge occidental.
La cathédrale de Cologne, telle que nous la connaissons aujourd’hui, fut largement pensée pour abriter ce trésor sacré. Sa construction gothique, commencée en 1248 et poursuivie durant plusieurs siècles, culmina dans l’élévation de tours monumentales destinées à signaler au monde la présence de ce haut lieu de la foi chrétienne. Grâce aux reliques des Rois Mages, Cologne devint alors l’un des centres de pèlerinage les plus fréquentés d’Occident, acquérant une place privilégiée dans le monde chrétien, aux côtés de Jérusalem, de Rome et de Constantinople.
Une importance culturelle et spirituelle
Au fil des siècles, le reliquaire des Rois Mages façonna profondément l’identité religieuse et culturelle de Cologne. Il attira des pèlerins venus de toute l’Europe médiévale, contribuant à faire de la cité du Rhin un centre majeur de la chrétienté occidentale. La possession de ces reliques conféra également aux archevêques de Cologne un prestige considérable, renforçant leur influence religieuse et politique au sein du Saint-Empire romain germanique.
L’Épiphanie, célébrée chaque année, ravive cette mémoire pluriséculaire, où le récit évangélique se matérialise dans l’or et les pierres précieuses d’un reliquaire presque millénaire, fragment d’une Histoire européenne modelée et unifiée par le christianisme.
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10 commentaires
Bénie soit Ste Hélène qui ramena toutes les reliques qui permirent à l’Eglise d’initier un commerce ultra lucratif. Ceci est le point de vue terre à terre. D’autre part,la protection de ces reliques a inspiré de nombreux orfèvres, qui outre les châsses, réalisèrent des contenants plus petits et très raffinés, comme l’ensemble appelé « trésor d’Hugo d’Oignies » (un moine orfèvre), aujourd’hui conservé au musée de Namur.
La France pays des Cathédrales oublie parfois que la Cathédrale de Cologne est encore aujourd’hui l’une des plus visitée d’Europe, et cela n’est pas un miracle, une réalité tout simplement
Humour: sainte Hélène, la femme de l’empereur avait quand même beaucoup de chance, ou alors était très bien entourée d’érudits de haut vol: quand on voit toutes les reliques qu’elle a ramené, chapeau!
Merci à Archicomte pour ce bon commentaire.
Les rois mages ? en fait ils seraient des astronomes juifs venant de Babylone , attirés par une étoile brillante plus à l’Ouest – en fait la conjonction de 2 planètes bien alignées ….calcul scientifique récent.
Que de bêtises racontées au sujet des centaines de « reliques » dispersées dans le monde. L’étoile annonçant la venue de ?… et les Rois Mages présents sur le lieu de naissance alors qu’ils venaient de pays éloignés et différents est stupide. Je ne suis pas athée mais je ne crois pas toutes ces légendes. Un peu de bon sens SVP.
Vous déterminez que ce sont des bêtises…Vous avez étudié la question ? Moi pas, mais je constate qu’il se dit des sottises encore maintenant au nom de l’idéologie et de la méconnaissance. Un exemple, il est dit que ces fameux « rois-mages » ont des faciès différents qui symbolisent l’Asie, l’Europe et l’Afrique. Il y a effectivement un Noir dans les figures populaires mais pour venir « en suivant une étoile » déjà un peu difficile mais si en plus on vient de trois endroits différents, c’est encore plus compliqué, et le noir des trois est certainement plus indien qu’africain, il y a aussi le Perse et l’Arabe ce qui est plus logique. On a étudié les rois mages, on dit qu’ils pouvaient venir d’orient, et ils ne sont peut-être pas venus de bien loin aussi, mais de la Syrie actuelle, quelque part par là, il y a des astrologues et des astronomes, on a même étudié l’origine des cadeaux, comme bien connus et sans doute que…bon on peut imaginer une légende, il n’en demeure pas moins que la naissance de votre ? est bien délimitée, argumentée, et plus personne ne conteste, c’est devenu scientifique. Quant aux légendes et le bon sens, il me semble qu’elles aident souvent à retrouver un peu de bon sens, justement, en ces périodes de délire et de crises en tous genres. Enfin, je ne suis pas catho ( oui mais c’est il y a longtemps) et je ne suis qu’en situation de recherche comme vous je suppose, votre point d’interrogation concernant le nouveau né pouvant l’attester. Bonne fête.
De grâce, étudiez la science par l’observation et les mesures que ces analyses imposent. Mais respectez autant les fables et les messages bibliques comme les paraboles des évangiles: ce sont des images, des symboles et des signes qui vous parlent de ce qui est hors des mesures et de l’observation scientifique. Ainsi la preuve de Dieu est inutile et vaine. Notre créateur relève de l’invisible et de l’commensurable! Mais aussi de l’amour dont Jésus fut le premier à préconiser l’importance primordiale et essentielle, alors que la violence avait toujours été le seul principe de base pour établir un mode de vie en société avant lui. Le visible et l’invisible sont complémentaires à un sain équilibre humain, ne l’oublions jamais. Mais l’un s’aborde avec la science de l’avoir (matérialiste) et l’autre avec la savoir de l’être (spirituel). Ainsi les mathématiques et l’art se marient-ils parfaitement dans un bonheur suprême pour les hommes de bonne volonté.
Les trois rois mages qui suivaient l’étoile a été emprunté à la Vie de Pythagore. La mère de Pythagore a été engrossée par le dieu solaire. Les catholiques romains qui ont créé la fête de Noël au quatrième siècle connaissaient les écrits grecs.
Pythagore vient de la conjonction « Pythie » (oracle de Delphes) et « agora » (annonce). Son nom, attribué par son père, veut donc dire annoncé par la Pythie et non pas fils du soleil.