Louis XV et Marie Leszczynska, 300 ans de mariage déjà !
Trois siècles se sont écoulés depuis le jour où, sous les voûtes dorées de la chapelle de la Trinité à Fontainebleau, le 5 septembre 1725, un adolescent de quinze ans, Louis XV, prit pour épouse une princesse sans royaume, Marie Leszczynska. Cependant, derrière l’apparat de cette union se dessinait un compromis politique et une vie conjugale où se mêlèrent dévouement, maternité mais également distances et infidélités récurrentes.
Trouver une reine
Au début des années 1720, Louis XV est officiellement fiancé à la petite infante d’Espagne, Marie-Anne-Victoire. Cependant, la raison d’État vient vite changer cette situation. En effet, âgée de seulement trois ans, la princesse est jugée incapable d’assurer rapidement la succession du royaume de France et est renvoyée à Madrid au printemps 1725. La France doit alors d’urgence trouver une reine en âge d’enfanter afin d’assurer la descendance des Bourbons.
C’est dans ce contexte que le Premier ministre, le duc de Bourbon, prend en main la recherche d’une épouse pour le roi. Une liste d’une centaine de princesses européennes est dressée et passée au crible selon des critères stricts : âge, santé, catholicisme et alliances politiques.
Son choix, inattendu, s’arrête alors sur Marie Leszczynska, fille de Stanislas Leszczynski, ex-roi de Pologne réfugié en Alsace. Princesse catholique, de réputation irréprochable, sans attaches compromettantes et de sept ans plus âgée que le roi, son profil apparaît idéal. Aux yeux de Bourbon, c’est l’assurance d’une reine docile et d’une succession rapidement assurée.
Deux mariages pour un seul roi
Comme l’exige l’étiquette, l’union est d’abord conclue à distance. Le 15 août 1725, dans la cathédrale de Strasbourg, Marie épouse Louis XV par procuration. Le cardinal Armand-Gaston de Rohan, évêque de la ville et grand aumônier de France, y célèbre la cérémonie tandis que le duc Louis d’Orléans, premier prince du sang, tient lieu d’époux et signe pour le roi. Grâce à ce rite, la princesse devient juridiquement reine avant même d’avoir rencontré Louis.
Quelques semaines plus tard, le 5 septembre 1725, la bénédiction nuptiale est donnée au couple réuni, dans la chapelle de la Trinité du château de Fontainebleau. Les témoins se pressent, l’office est somptueux ; la liturgie est de nouveau conduite par le cardinal de Rohan, comme l’attestent certaines gravures. À l’issue de la cérémonie, la France retrouve enfin une reine, chose qui ne s’était pas produite depuis la mort de Marie-Thérèse d’Autriche, épouse de Louis XIV, en 1683.
Une vie de couple
Le début du mariage est marqué par une fécondité qui assure la dynastie. Ainsi, entre 1727 et 1737, la reine participe au réarmement démographique des Bourbons et met au monde dix enfants, huit filles et deux garçons, dont le très attendu héritier du trône, le dauphin Louis, en 1729. Plusieurs de ces princesses, devenues adultes, resteront également célèbres sous le nom de « Mesdames ». Toutes ces naissances successives feront dire à Marie Leszczynska qu’elle est « toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher ».
Cependant, une fois ce devoir dynastique accompli, le couple royal s’éloigne peu à peu. Dévote et réservée, la reine, très aimée du peuple pour ses œuvres de charité, se tient à l’écart des intrigues politiques. Elle encourage alors la musique, les arts et la prière et fonde, à Versailles, le couvent de la Reine, aujourd’hui le lycée Hoche, pour l’instruction de jeunes filles pauvres.
De son côté, Louis XV cède à ses penchants pour la galanterie. Il s’entoure ainsi de nombreuses favorites, dont la plus célèbre, Madame de Pompadour. Cette dernière, consciente de sa position fragile, veille néanmoins à maintenir des égards envers la reine et incite parfois le roi à lui témoigner plus d’attention. Louis XV, malgré ses infidélités, conserve ainsi pour son épouse une certaine estime et affection. Marie Leszczynska, en femme résignée mais lucide, accepte cette situation et tolère grâce à cela la présence de la marquise. « Puisqu’il en faut une, mieux vaut que ce soit celle-là », dira-t-elle.
Legs à la France
Leur mariage eut aussi des conséquences géopolitiques. Lorsque s’ouvre la guerre de Succession de Pologne en 1733, la France soutient, sans succès, le beau-père du roi. Le règlement diplomatique attribue néanmoins à Stanislas Leszczynski la Lorraine et le Barrois en viager. À sa mort en 1766, ces duchés reviennent au royaume de France, scellant l’intégration définitive de la Lorraine. Par un détour familial, l’union de 1725 renforça donc le territoire français.
Après plus de quarante ans passés à Versailles, la reine s’éteint le 24 juin 1768 à la suite d’une maladie soudaine. Elle laisse alors l’image d’une souveraine discrète et charitable, d’une épouse solitaire mais toujours fidèle aux devoirs que lui imposait sa charge. Son époux, Louis XV, lui survit six ans, jusqu’en 1774, et la rejoint dans la nécropole royale de Saint-Denis. Éloignés dans la vie, les souverains sont désormais réunis pour l’éternité dans la mort.
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9 commentaires
10 enfants à la reine; + à Mme de Pompadour ( avortée) + Les grisettes du Pavillon aux Cerfs ( La pompadour fournissait au roi des jeunes ( vierges) Puis, la Dubarry, une p… de luxe ( brocantée – maquée – par Le comte Du Barry, qui la finalement calmé. Louis XV: un obsédé sexuel, dépensier et inconséquent. Heureusement, FLEURY a veillé au grain !
C’est vrai, ce petit peuple a bénéficié d’une totale attention par la révolution et un grand moment de bonheur, durant la terreur.
certes mais sous Louis XVI pas sous Louis XV, il me semble. Ou alors, pardon, je n’ai pas compris votre humour.
Lady D. aurait dû s’en inspirer…
Et pendant ce temps-là le petit peuple de France crevait de faim sous les impôts d’une monarchie et d’une aristocratie iniques.
Bienvenue en URSS!
De tout temps… et même encore maintenant !
« Louis XV cède à ses penchants pour la galanterie.. » Disons que contrairement à certains de ses prédécesseurs, ses ‘penchants’ s’étaient déclarés plutôt sur le tard! Louis XV avait au moins 27 ans lorsque son épouse de 7 ans plus âgée lui signifia son congé – après la naissance de 10 enfants, on ne peut lui en vouloir, mais enfin jusqu’ici, le roi lui avait été fidèle. Et puis cette ‘galanterie’ du roi illustrée par La Marquise de Pompadour valut à la France, entre autres merveilles, la Manufacture de Sèvres, les Champs-Elysées et la place Louis XV (devenue de la Concorde) ; c’est à elle que Louis XV offrit le délicieux Palais de l’Elysée qu’on espère (sans trop y croire )respecté par les locataires actuels.
Tout cela est « bel & bon »… mais moi aussi je peux « offrir » ceci ou cela…. avec le pognon du peuple. Exemple: nos gouvernants (sic) qui crament la caisse ( qu’ils n’ont pas, ils empruntent) pour des largesses à la terre entière, en commençant – charité bien ordonnée- par eux-mêmes !