24 août 1750 : Letizia Bonaparte, un cœur de mère pour l’Empire
En ce 24 août 2025, la Corse et la France commémorent les 275 ans de la naissance de Letizia Ramolino, plus connue sous le nom de Letizia Bonaparte ou « Madame Mère ». Née à Ajaccio en 1750, elle donna naissance à une véritable dynastie et traversa près d’un siècle d’Histoire, depuis la domination génoise et les combats de Paoli jusqu’à l’avènement puis la chute de l’Empire. Comme l’écrira Las Cases, compagnon d’exil de Napoléon à Sainte-Hélène : « Madame Mère avait une âme forte et trempée aux plus grands événements. »
Orpheline et mère d'une dynastie
Issue d’une lignée toscane installée en Corse depuis plusieurs générations, Letizia a pour père Jean-Jérôme Ramolino, capitaine-commandant des troupes d’Ajaccio et inspecteur général des ponts et chaussées de l’île en 1750. Malheureusement, en 1755, il décède subitement. La mère de Letizia se remarie alors avec un certain François Fesch. De leur union naîtra Joseph, futur cardinal et pilier du clan Bonaparte.
Quelques années plus tard, Letizia fonde sa propre famille en épousant, le 2 juin 1764, Charles-Marie Buonaparte, un jeune notable de dix-huit ans. Leur union, marquée par l’affection mais aussi par la rigueur des temps, donnera treize enfants, dont huit survivront : Joseph, Napoléon, Lucien, Louis, Jérôme, Élisa, Pauline et enfin Caroline.
Au fil des péripéties corses
Épouse fidèle, Letizia suit son mari dans les péripéties politiques d’une Corse troublée. Ainsi, après la cession de l’île à la France en 1768, Charles se rallie d’abord à Pascal Paoli, figure de l’indépendance corse. Commence alors une ère de fuites, de maquis et d’angoisses pour le jeune couple. Cependant, comprenant que la France l’emporterait, les Buonaparte finissent par se rallier aux autorités royales. Quelque temps plus tard, le 15 août 1769, Letizia met au monde son deuxième fils, Napoléon, destiné à bouleverser l’Histoire mondiale.
En 1785, le décès prématuré de Charles des suites d’un cancer de l’estomac laisse Letizia veuve à trente-six ans avec une famille nombreuse. Veillant à la bonne gestion de ses biens et se privant parfois, elle fait preuve d’un véritable dévouement pour assurer l’avenir de ses enfants. Fort heureusement, l’ascension de ces derniers au sein des armées et des institutions de la République lui permet de s’en sortir. Mais le retour de Paoli en Corse en 1793, cette fois allié aux Anglais, contraint les Bonaparte, dont la maison est incendiée, à fuir Ajaccio pour se réfugier à Toulon puis à Marseille.
À ce sujet — Charlotte Chappuis, la batarde méconnue de Napoléon
Dans l’ombre de l’Empire
Depuis la cité phocéenne, Letizia continue à veiller sur ses enfants. Elle favorise ainsi les alliances avantageuses, comme le mariage de Joseph avec Désirée Clary, fille d’un riche marchand marseillais. Letizia sait aussi exprimer ses désaccords. Ainsi, le 9 mars 1796, elle apprend avec stupeur le mariage de Napoléon avec Joséphine de Beauharnais. Austère, elle juge la nouvelle épouse frivole et ne cache pas son mécontentement, au point que Napoléon lui impose d’écrire à sa belle-fille pour préserver l’unité familiale.
Revenue à Paris sous le Consulat, Letizia refuse d’habiter les Tuileries. Lors du sacre du 2 décembre 1804, étant à Rome, elle n’assiste pas à la cérémonie, bien qu’elle figure dans le tableau de David par volonté impériale.
Malgré l’ascension de sa famille, devenue l’égale des grandes monarchies d’Europe, Letizia, devenu « Son Altesse impériale, Madame, mère de l’Empereur », reste prudente. Elle sait que la gloire de son fils pourrait n’être qu’un éclat passager. On lui attribue ainsi la formule devenue apocryphe : « Pourvu que ça dure ! »
Une mère face aux malheurs de sa famille
Durant l’Empire puis après sa chute, Letizia reste le ciment du clan Bonaparte, tentant de calmer les désaccords entre ses enfants. En 1814, après l’abdication de Napoléon, elle se réfugie auprès de son demi-frère, le cardinal Fesch, à Rome où l’accueille le pape malgré les relations tendues entre Pie VII et l’Empereur. Elle rejoint ensuite son fils dans ses malheurs à l’île d’Elbe, puis revient à Paris durant les Cent-Jours. Mais Waterloo scelle l’exil définitif de l’Empereur, obligeant ce dernier à dire adieu à sa chère mère.
Revenue à Rome, Letizia tente vainement d’obtenir l’autorisation de rejoindre Napoléon à Sainte-Hélène. Son désespoir et sa douleur sont alors immenses lorsque la nouvelle de sa mort, le 5 mai 1821, lui parvient.
Aveugle et diminuée, elle s’éteint à Rome le 2 février 1836. D’abord inhumée à Corneto, sa dépouille est transférée à Ajaccio en 1851 sur ordre du Président Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III. En 1860, elle est inhumée solennellement dans la chapelle impériale d’Ajaccio, aux côtés de son frère le cardinal Fesch, au cœur de sa chère Corse natale.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts




































9 commentaires
Au moins la France était grande et respectée sous le Premier Empire,non pas comme celle d’aujourd’hui réduite à néant. Pouvoir cleptocrate dites vous,je dirais népotique. Là vous vous trompez de siècle et de fin de régime. La France diluée dans une Europe sans nom dont le dirigeants sont issus de nulle part et entretiennent cette cleptocrate. La démocratie est un rêve pour adultes attardés et vrais filous.
Vous avez parfaitement raison et il est dommage que les commentaires d’hier est été amputés.
A « Ravi au lit « qui avait déjà donné un avis plus que critique et dont on public un second avis du même ordre, j’avais répondu qu’aucun roi, président ou empereur n’avaient laissé la France tel que Macron l’a fait et qu’en toute honnêteté pour ne parler que de Napoléon ou de Louis XVI il eut été utile de citer à contrario tout ce qu’ils avaient laissé en bien à la France.
Je n’ai jamais compris que l’on reproche toujours à la France, ses conquêtes, son impérialisme, son esclavage etc… alors que l’on oublie que l’Angleterre a fait pire tout au long de son histoire.
vous n’avez pas cité le Comte de Marbeuf….
Une mère telle que les Romains les concevaient, la mère glorieuse de César.
Je confirme.
Cette admiration béate des Français devant un pouvoir cleptocrate qui a conduit la France à la catastrophe démographique, guerres à répétition, économique, intervention de l’état dans tous les domaines économiques, et faillite générale à cause de toutes ces guerres, habituation des Français à un régime policier qui perdure aujourd’hui lorsque personne, où presque ne s’élève contre la fermeture arbitraire par Macron de C8 et de NRJ 12.
L’héritage (sic) laissé par la Révolution et l’Empire est apocalyptique.