Editoriaux - Société - 2 septembre 2018

Euthanasie : en Belgique, ils sont nombreux à ne plus en vouloir !

Francis Blanche souhaitait mourir d’une manière que j’approuve totalement : centenaire, et assassiné par un mari jaloux ! De son côté, une certaine Jacqueline Jencquel – 74 ans, mais en pleine forme – claironne, dans le journal Sud-Ouest, qu’elle a décidé de mettre fin à ses jours par suicide assisté en Suisse, en janvier 2020, « par peur de souffrir et de perdre son indépendance ». Si tous ceux qui ont la même inquiétude faisaient de même, il n’y aurait plus grand monde pour réélire Macron ; mais c’est un autre dossier…

Sans surprise, on apprend que la dame milite depuis dix ans pour la légalisation du suicide assisté en France, ce qui est son droit le plus strict, mais autorise à penser que la médiatisation de son cas ressortit plutôt à la propagande. Il est vrai que Jean-Luc Romero, militant LGBT passé chantre de l’IVV (interruption volontaire de vie), pour qui le « droit » de mourir dans la dignité passerait par l’obligation de vivre dans la déraison, se fait étrangement rare, ces temps-ci.

Jacqueline a longuement discuté de son programme d’exécution avec ses trois enfants, et la conclusion s’est imposée tout naturellement : « Ils préfèrent avoir une maman libre, contente, déterminée, qui décide de partir à son heure, plutôt qu’une maman malade, dépendante et dont ils doivent s’occuper. » Comme on les comprend, ces bons enfants, c’est déprimant, ces vieux auxquels on doit se forcer à rendre visite, dont on ne sait pas quoi faire au mois d’août, qui bavent et qui défèquent partout ! Et puis, on hérite plus vite, il y a les traites du 4×4 tous les mois…

Une lueur d’espoir (oserais-je dire d’espérance ?) nous vient, toutefois, de Belgique. Une fois n’est pas coutume, parce que l’on sait la législation de ce pays très en pointe sur ce sujet : on y fait passer de vie à trépas aussi bien des enfants que des malades psychiatriques (bipolaires, Alzheimer ou dépressifs profonds), et les déclarations anticipées d’euthanasie y sont de pratique courante.

Eh bien, la presse nous apprend que, depuis quelques années, ce sont des centaines de Belges qui sont retournés auprès de leurs administrations communales pour les retirer.

L’explication est simple : dans l’immense majorité des cas, et hors militantisme frénétique, l’euthanasie est un questionnement de gens en bonne santé. Mais les médecins le savent bien, dès que se faufile dans leurs vies une maladie sérieuse, ils sont comme Madame du Barry sur l’échafaud : « Encore un instant, Monsieur le Bourreau… »

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