[VU D’ARGENTINE] Pour les législatives, Milei reçoit le soutien enthousiaste de Trump
La réunion de l’Assemblée générale de l’ONU ne devrait en principe pas susciter un intérêt passionné chez nos lecteurs français. La situation semble sensiblement différente, cette année, et les propos du président Trump affirmant, sans anesthésie aucune, le peu de bien qu’il pense de la gestion des flux migratoires en Europe ont considérablement relevé la température et la saveur de la soupe politiquement correcte généralement offerte dans ce genre d’exercice.
Il en va de même en Argentine, mais pour des motifs fort différents. L’appui tout à fait hors du commun offert, en ce début de semaine, par l’administration américaine, M. Scott Bessent, Secrétaire au trésor, et Donald Trump lui-même représente pour Javier Milei une aubaine qui se situe largement au-delà de ses prévisions les plus optimistes.
Il faut reconnaître que ces quinze derniers jours avaient été assez amers pour le président. L’opposition avait réussi à faire passer, en cette période électorale, trois lois à caractère fortement démagogique, autrement dit infinançables. Pis encore : l’Assemblée, à la majorité des deux tiers, avait réussi à annuler les veto présidentiels ! Comme prévu, la presse s’était empressée de régler ses comptes avec son vieil ennemi (je te refile un chien de ma chienne) et fait courir des bruits sur la viabilité du plan économique et, surtout, sur la capacité du pays à honorer ses engagements internationaux. En fin de semaine dernière, « la City » de Buenos Aires s’était transformée en une usine à rumeurs et les marchés financiers « qui ont toujours raison », suivant la doxa chère à Milei, réagissaient fort mal. La parité peso-dollar se dégradait de presque 20 %, la Bourse suivait le même chemin, le risque pays passait à 1.500 points et la banque centrale devait mettre en deux jours 1.200 millions de dollars sur le marché pour satisfaire la demande de players déchaînés et pas tous bien intentionnés. Ce vendredi, à la fermeture des marchés, l’ambiance était très lourde, à Buenos Aires.
Sauf que les marchés ont toujours raison, et davantage encore lorsqu’un personnage de la taille de M. Scott Bessent émet un communiqué affirmant que toutes les options sont sur la table : Swaps, achat de bons argentins, etc. Le lundi 22 septembre à 11h15 (heure de Buenos Aires), les marchés réagissaient violemment. Au moment d’écrire ces lignes, tout est revenu à la case départ. Dommage pour les players. Game is over, disent nos amis britanniques.
Donald Trump ne fait pas dans la dentelle
Il faut dire que M. Bessent devait se sentir bien couvert par les déclarations de Donald Trump sur son réseau social Truth social. « Milei a hérité d’un désastre total avec une inflation horrible provoquée par le président antérieur de gauche radicale (à un niveau tout à fait ressemblant à ce corrompu de Joe Biden, le pire président de l’histoire de notre nation) mais il a rendu la stabilité à l’économie argentine en l’élevant à un nouveau niveau d’importance et de respect. Nous avons eu une superbe relation avec l’Argentine, qui s’est convertie en un important allié grâce à Milei. Je me réjouis de travailler près de lui de manière à ce que nos deux pays puissent continuer dans leur incroyable chemin de succès. M. Milei est un bon ami c’est un combattant et un "winner". Il a mon appui complet et total pour sa réélection présidentielle. »
Il est encore trop tôt pour analyser plus en détail les conséquences de ce gigantesque coup de pouce qui devrait s'accompagner de gestes très tangibles. On parle, pour commencer, de 20.000 millions de dollars plus un apport de la BID [Banque interaméricaine de développement, NDLR] de 4.000 millions.
Mais le soutien de Trump sera-t-il suffisant pour contrer les rumeurs hostiles à Milei en Argentine ? Il semble urgent que Javier Milei tire la leçon de la cabale en cours, qui ne fait aucun bien ni à lui ni au pays.
Que s’est il passé, dans les deux derniers mois, pour en arriver là ? Un soupçon d’affaire de corruption de bas niveau sans, pour l’instant, aucun commencement de preuve, la perte d’une importante élection régionale sans influence sur la composition future des deux chambres. Pratiquement, dans le domaine économique, aucun changement. Tout cela dans un contexte politique normal aurait sans nul doute été anecdotique. Javier Milei, comme son ami septentrional, ne fait pas dans la dentelle, à ceci près que les rapports de force sont très différents et que gouverner un pays en processus de convalescence avec 10 % de représentants directs dans les deux chambres (c'est le cas de Milei) est en soi un exploit qui demande un minimum de civilité, au moins avec ses alliés. L’ancien président de centre droit Mauricio Macri, trop longtemps maltraité, est maintenant, plus que jamais, en demeure de poser des conditions, d’autant plus qu’il a, lui aussi, de bons contacts avec Washington. Certaines blessures doivent être pansées d’urgence et le temps ne joue pas en faveur de Milei. Les élections du 26 octobre mettent décidément la balle dans son camp. Acquérir un peu de mansuétude est pour lui un nouveau, difficile, mais urgent défi.
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4 commentaires
« Un soupçon d’affaire de corruption de bas niveau sans, pour l’instant, aucun commencement de preuve » En France, pour un personnage politique qui n’est pas de gauche, ou pas assez à gauche, cela suffit à vous envoyer en prison …
Bon courage, et succès souhaité pour Milei : il est très utile à son pays !!!!
A peine sa différence reconnue, qu’il est menacé de perdre. C’est à désespérer des Argentins.
« Au moment d’écrire ces lignes tout est revenu à la case départ »: C’est quand même aller un peu vite.
Certes, le Merval (indice boursier argentin) a légèrement rebondi ces derniers jours, mais il reste à -12% sur un mois, et -24% sur les six derniers ! Il reste cependant acquis que, même sans majorité, le président argentin parvient à agir. A la différence de…