[VIVE LA FRANCE] Le Tour de France s’achève : fin d’une parenthèse enchantée

Champions audacieux, patrimoine valorisé, paysages sublimés... Le Tour de France, c'est le panache français !
© Capture écran France TV
© Capture écran France TV

Une parenthèse enchantée. Ce dimanche 27 juillet, après une échappée devant le château de Versailles, un sprint au pied de la tour Eiffel et un passage dans la cour du Louvre, le peloton du Tour de France s’élancera vers la ligne d’arrivée finale. Au terme de 3.340 kilomètres parcourus, l’arrivée sur les Champs-Élysées marquera la fin de la 112e édition de la Grande Boucle, un tour « 100 % hexagonal », cette année, qui aura traversé 34 départements aux quatre coins du pays. Et n’en déplaise à la députée LFI Sophia Chikirou et ses amis écologistes, l’édition 2025 du Tour de France est à nouveau une réussite ! Un succès tel qu’il ne pourrait être entaché par les vols de vélos commis en marge de l’événement ou par les tentatives de militantisme pro-palestinien.

Émerveillement des petits et des grands

« J’ai vu les cyclistes ! Ils sont passés super vite ! », raconte Éloi, dix ans, encore émerveillé par le passage du peloton à quelques pas de sa maison familiale, dans les Côtes-d’Armor. Le 11 juillet dernier, alors que les coureurs reliaient Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) à Mûr-de-Bretagne (Côtes d’Armor), Éloi patientait avec sa famille sur le bord de la route, à quelques pas de Ruca, son village. Le passage de la caravane du Tour et ses innombrables goodies en a mis plein les yeux au petit garçon, ravi d’avoir amassé « un super trésor ». « Des bonbons Haribo, des bobs, des porte-clefs… J’ai récupéré pleins de choses », se réjouit l’enfant. Tout le hameau (ou presque) s’était alors réuni sur le bord de la départementale pour ne pas manquer le Tour. Grands-parents, parents et petits-enfants patientaient, ensemble, pour tenter d'apercevoir le maillot jaune. Comme Éloi, plusieurs millions de spectateurs se rassemblent, chaque année, sur les routes de la Grande Boucle. Ils étaient plus d'un million, à Lille, le 5 juillet dernier, pour le départ du Tour. À Mûr-de-Bretagne, on comptait 40.000 spectateurs, aux abords de la ligne d’arrivée. Et ce 22 juillet, une marée humaine a déferlé sur les pentes du mont Ventoux, dans le Vaucluse, pour applaudir le succès du Français Valentin Paret-Peintre. Le tout dans une ambiance festive et populaire. Si la sécurité reste un enjeu majeur, les parents ne craignent pas d’y emmener leurs enfants. Au contraire !

Et quand ils ne sont pas sur les routes du Tour, les Français suivent avec ferveur la Grande Boucle à la télévision. Certaines étapes battent même des records d’audience. Ils étaient, ainsi, 6,1 millions devant leur télévision pour assister à la victoire du Slovène Tadej Pogačar à Hautacam, dans les Pyrénées. Deux jours plus tard, un pic à 7,3 millions de téléspectateurs a été atteint lors d'une nouvelle étape de montagne. « C’est un événement qu’on partage en famille, confirme Paul. Petits, on se rassemblait tous autour de notre grand-père devant la télévision pour suivre le Tour. Et le soir, on enfourchait nos bicyclettes et on refaisait la course sur les routes de campagne. Quinze ans plus tard, je débriefe encore les étapes avec mon grand-père. »

Une épopée française

Les raisons de ce succès sont simples. Le Tour de France célèbre d’abord les paysages de l’Hexagone et son Histoire. Pâturages, champs, églises romanes, village médiévaux, cathédrales gothiques, châteaux, côtes bretonnes… À chaque étape, la Grande Boucle met en valeur la France périphérique que nos élites tendent souvent à ignorer. Les plus grands athlètes du monde se retrouvent à traverser de petits villages, très souvent oubliés, et le téléspectateur (re)découvre alors les richesses de la France. « Regarder le Tour de France vous donne envie de partir explorer notre pays et son patrimoine », nous confirme un passionné. Sport « gratuit » pour ses adeptes, le Tour de France permet aussi aux Français de retrouver le goût des joies simples !

Et surtout, le Tour de France célèbre la bravoure, la légende et le panache, des valeurs si françaises. « Le cyclisme, c’est un sport d’équipe mais c’est aussi un homme face à la nature, face à ses propres limites. On ne peut que vibrer ! » On se souvient ainsi de Poulidor, l’« éternel second » adulé par le public français. Fils de paysans de la Creuse, « Poupou » avait conquis le cœur de ses compatriotes après son ascension mythique et victorieuse du Puy-de-Dôme face à son rival, Jacques Anquetil. Deux héros français qui, avec leurs styles pourtant bien différents, ont fait vibrer le cœur de millions de Français. Thomas Voeckler, ensuite, a réjoui les fans du Tour par sa franchise si gauloise. Plus récemment, il y a eu Thibaut Pinot, l’enfant des Vosges. Enraciné, l’athlète, qui vit désormais sa retraite dans sa ferme en Haute-Saône, aura ému les Français lorsqu’en 2019, après sa mythique victoire au sommet du Tourmalet, il avait été contraint à l’abandon, cinq jours plus tard, alors qu’il n’avait jamais été aussi proche d’endosser le maillot jaune à Paris.

Car si la France adule ses vainqueurs, elle chérit plus particulièrement ses perdants héroïques. Et quatre ans plus tard, les Français se masseront en nombre dans un virage du Petit Ballon (Vosges) pour acclamer leur chouchou lors de son dernier Tour de France. Sur le circuit, il reste encore Julian Alaphilippe, repérable parmi les coureurs grâce à son bouc de mousquetaire. Après un terrible échec au pied du podium en 2019, les Français espèrent : leur double champion du monde parviendra-t-il, un jour, à remporter le Tour de France ? Face à une génération de cyclistes dominateurs et imperturbables, Alaphilippe se démarque. Avec ses failles, il continue d'incarner l’audace à la française et de faire rêver des millions de supporters. Et qui, pour prendre sa suite ? Kévin Vauquelin, un Normand combatif, nouvel espoir du cyclisme français. Car le Tour, suivi dans le monde entier, demeure surtout une épopée française !

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

33 commentaires

  1. Dans les postulants à endosser un jour la tunique jaune dans un prochain tour de France il en est un qui promet , c’est Paul Seixas , actuel coureur de l’équipe Décathlon AG2R , et vu son jeune âge (18 ans) il a toutes les qualités pour devenir un immense champion. Pour revenir à votre chronique , Mme De Longraye, je pense qu’il faut insister sur le dépassement de soi dans cette épreuve qu’est le cyclisme , et ce par tous les temps , dans la douleur parfois , une bel exemple de résilience , bref un sport à nul autre pareil . Et j’ adhère à 100% à votre propos au delà de l’aspect sportif , en voyant chaque année sur ce Tour ces paysages fantastiques , ces châteaux époustouflants avec ces villages et bourgs où se dressent une église, une cathédrale , comment peut-on ne pas admirer avec respect le travail de ceux qui ont contribué à la grandeur de la France. Pendant que les coureurs bataillaient sous des trombes d’eau entre Nantua et Pontarlier, d’autres se pavanaient sur les bords de Seine à se congratuler en fêtant le 1er anniversaire de cette éblouissante cérémonie d’ouverture des JO , quand le sport se noie dans le spectacle et pas toujours avec maestria.

  2. A suivre le tour de France féminin. A suivre le championnat du monde de natation.

    Ce qui a été remarquable, hors public, aucune éolienne dans le champ de vision des caméras. Une prouesse.

    • Je me suis fait la même remarque, j’en vois nettement plus quand je pédale en région Centre.
      J’ai noté une remarque de Franck Ferrand qui commentait l’image d’un champ de panneaux solaires en disant que c’est excessivement laid, malaise en plateau, heureusement le docile Jalabert sauva l’honneur de la chaine qui le paie en répondant que ça fournit de l’énergie.

  3. Depuis des années ce sport est gangréné par le dopage. Il est clair que gravir à cette vitesse autant de dénivelés en 3 semaines sans recourir à des procédés illicites est surnaturel et ce n’est pas avec des stages en altitude ou de la diététique que cela est possible. D’ailleurs toutes les équipes se préparent quasiment de la même façon, la seule différence réside donc dans le détournement des règlements et l’aide d’un super pharmacien dans certaines teams. Certains changent de noms quand leur leader s’est fait attrapé par la patrouille mais les dirigeants impliqués restent aux commandes. Ce sport est très dur mais l’argent en jeu est en train de le détruire. Les analyses d’Armstrong au laboratoire de Chatenay Malabry révélaient qu’il était dopé dès son premier tour gagné mais les enjeux autant pour la direction du Tour que pour Lance qui se déplaçait avec 3 avocats étaient déjà bien supérieurs à l’éthique. Les coureurs de l’UAE sont particulièrement performants et si Pogacar n’avait pas levé le pied pour laissé planer le doute il aurait gagné facilement 3 autres étapes. Alors pour avoir enfin des coureurs français pouvant jouer la gagne et pour l’équité laissons tout le monde se doper ou faisons de vrais contrôles !

  4. Certes le tour montre une image magnifique de nos provinces mais comme tous les autres sports il est un sport d’argent et les suspicions de dopage récurrentes ne le grandissent pas. Le sport est devenu un business comme les autres et les performances n’y sont plus prioritaires seule l’oseille compte. Ceci est valable pour tout le sport professionnel et l’amateur commence aussi à se dégrader.

  5. Que de souvenirs remontent : dans les années 60, on ne voyageait pas encore aussi facilement. J’attendais le tour pour découvrir la France sur la TV en noir et blanc.

  6. Celui qui a connu le Tour de France d’antan avec des équipes régionales et une nationale sait combien le pays était tout entier suspendu aux roues des coureurs, uni dans un même plaisir. La France d’aujourd’hui a fait du cyclisme, sport prolétarien, un spectacle touristique.

  7. Le tour de France est le panache Français, oui mais pour combien de temps encore quand on ne voie plus que des symboles étrangers sur les maillots et parmi les pires qui ont déjà faits main basse sur le foot dont on voie le résultat, bien que Macron ne se précipite pas encore dans les vestiaires après les arrivées. Ce n’est plus qu’une question de temps alors profitons encore de ce panache pendant qu’il existe encore. Je souligne également l’autre problème qui est l’état des routes dans cette République ou ne fleurissent que ronds points et autres artifices au milieu des routes pour lesquels l’argent coule à flots et qui sont devenus des dangers mortels pour tous les usagers, et sans compter les trous rapidement bouchés pour l’occasion. Bon le tour de France reste malgré tout un évènement remarquable.

    • Bah oui macron ne va pas les voir dans les vestiaires, les cyclistes sont blancs à 99% , quand on connait son intérêt pour certains , on comprend mieux , pas de MBAPPE dans le cyclisme ….

  8. Sur le bord des routes du Tour de France il y a des foules considérables où si mêlent des supporters italiens, espagnols, slovènes, français, allemands etc… Ces foules nombreuses sont encadrées par une présence policière des plus limitées sans que cela débouche sur des exactions qu’on voit fréquemment dans les stades de foot malgré un dispositif policier imposant. Dans le cyclisme, rien de tel et c’est quelque chose de réjouissant par les temps qui courent. Les cyclistes me font toujours rêver un grand merci à eux!

  9. Merci madame de Longraye pour votre bel article pour ce bel évènement annuel, suivi sur le bords des routes par des centaines de milliers d’autochtones issus des peuples européens de souches. Merci.

  10. au niveau sportif c’est un peu raté, un tour initéressant puisque tout était fait pour que pogacar gagne sans pépin, 5 arrivée au sommet lui qui commet des fautes dans les descantes, 2 contre la montre, une étape tronquée en enlevat un col et une pénalité pour le candidat aau maillot à pois d e8 points, autant dire que ce dernier n’avait aucune chance de remporter le maillot. Quand on reconsidérera le ùmaillot du grimpeur, avec de spoints digne de ce nom, et pas un point pour un 4ème catégorie on aura surement une épreuve ou il y aura de la bagarre, pour moi le tour était déjà fini le jour où vinegaard a fait arrêter le peloton quandpogacar est tombé, les chutes sont des faits de course, on ne s’arrête pas quand ce sont les autres coureurs qui tombent, ça s’appelle provoquer la faute chez l’adversaire, mais bon, on se contentera de regarder les classiques plutôt que ces épreuves au gout théâtral.

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