[VIVE LA FRANCE] Cinq gars, cinq filles : la France qui résiste à l’hiver démographique

Dans le tumulte d’une vie à douze s’entremêlent l'amour, le chaos et la beauté d’une France qui persiste.
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« Pour procréer, il faut s’aimer, se juger digne d’être dupliqué. Peut-être que notre époque très culpabilisante en Occident ne s’aime plus. Alors, il faut à nouveau s’aimer et avoir des enfants ! », faisait remarquer Gabrielle Cluzel, lors de sa chronique sur le grand basculement démographique, chez Christine Kelly sur CNews. Notre directrice de la rédaction rappelait également, en ces colonnes, que « l’extinction de la maternité est la forme la plus aboutie de cancel culture ».

 

 

Alors que la France est entrée dans son hiver démographique, et même dix ans plus tôt que prévu par l’INSEE, qu’elle enregistre désormais plus de morts que de naissances depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est des témoignages lumineux et enthousiasmants qui viennent contrecarrer la sinistrose ambiante. Celui d’Élodie Luor, maman de dix enfants, est de ceux-là. Au préalable, rappelons bien évidemment, et cette mère de famille nombreuse le souligne : « Tout le monde ne signe pas pour une équipe de foot à la maison. Chacun avance avec ce qu’il est, ce qu’il peut, ce qu’il reçoit. »

 

 

Pendant que certains instrumentalisent la question démographique à des fins immigrationnistes pour compenser la pénurie de bébés, ce livre Cinq gars, cinq filles (Artège), aussi joyeux que profondément enraciné, vient donc contrebalancer les innombrables idées reçues sur les familles nombreuses : « Quand on a des grossesses faciles, on peut enchaîner les enfants », « tu dois te faire beaucoup aider », « trop facile, surtout quand on a des enfants qui dorment bien », « tes enfants sont faciles et autonomes », « ils ne doivent pas pouvoir faire d'activités extérieures »... Et la palme revient à la boulangère, en prologue de l'ouvrage, qui s'étonne : « Dix enfants ? Mais non… avec le même papa ? » Et cet amusement de la maman : « C’est fou, comme ce chiffre semble défier l’imagination des gens, au point qu’ils peinent à croire ce qu’ils entendent. »

« Ces grands aventuriers du monde moderne »

Alors que l’actualité rapporte un basculement démographique inédit, certains choix de vie, joliment décrits par Charles Péguy, font donc figure de résistance silencieuse… Dix enfants, dans la France de 2026, relèvent presque de la provocation : « cathos », « anti-contraception », « pollueurs »... Pourtant, derrière ces poncifs, la réalité est tout autre et tel est bien l’objet de ce livre : témoigner du quotidien ordinaire, mais toujours vécu avec « un amour inconditionnel qui transcende les épreuves et les difficultés ». Celui d’un couple qui a fait un choix « mûrement réfléchi », même si, au départ, rien n’était gagné. Entre le père qui avait juré de ne jamais se marier et de ne pas avoir d’enfants, et la mère qui, à l’issue des douleurs de son premier accouchement, promet : « Un seul enfant, ce sera parfait, je n’en veux pas d’autres. C’est décidé... », rien ne laissait présumer de la suite !

Sans surprise, on lit combien la charge de travail est « colossale », combien « une bonne organisation restera toujours primordiale, accepter l’imprévu des péripéties de la vie le sera encore plus » et qu’il leur faudra « redoubler de vigilance sur les dépenses, limitant l’inutile pour ne conserver que l’essentiel ». Sans jamais trahir la réalité, sans angélisme ni leçon de morale, Cinq gars, cinq filles raconte combien « l’arrivée des enfants chamboule tout », transforme la vie, la remplit de beauté et parfois de chaos.

Joie débordante, fatigue extrême, rires, pleurs, tendresse et renoncements s’y entremêlent dans un quotidien exigeant, mais mis en pratique, autant que faire se peut, avec cette devise de saint François de Sales : « Rien par force, tout par amour. »

À l’heure du No Kids, un témoignage qui rappelle cette évidence que nous semblons avoir oubliée, alors que se joue l’avenir de la France : avoir des enfants est un acte de confiance.

Picture of Iris Bridier
Iris Bridier
Journaliste à BV

Vos commentaires

42 commentaires

  1. J’adore et suis emerveille devant cet optimisme visceral .Mais lorsque ce genre d’articles est ecrit par une femme , une seule question me vient a l’esprit : Combien en avez vous fait vous-meme ?

  2. Le ministère de la famille à été supprimé. Mes grands parents ont eu 12 enfants, ce n’était que joie et bonheur, et quelquefois bagarre entre les grands et les petits lorsque nous allions en vacances chez eux au village. Que de bons souvenirs qui nous ont liés pour la vie.

  3. Un signe positif, il semble que les « adulescents » immatures aient du mal à se reproduire, alors si les familles équilibrées décident de se dupliquer, quelle bonne nouvelle.

  4. Si on nous dit que l’IA va remplacer la plupart des professions et que nous devons nous préparer à sacrifier nos enfants à la guerre, faire naître des innocents qui n’ont rien demandé à personne, devient une forme de cruauté – moi-même j’ai deux enfants, quand je vois les difficultés qu’ils ont ne fut-ce que dans le monde du travail, si c’était à refaire je ne me marierais pas et surtout je n’aurais pas d’enfants.

    • C’est vrai, Anne, quand on ouvre les yeux sur la société qu’on nous prépare,
      il y a de quoi réfléchir et s’inquiéter ! Mais beaucoup préfère les fermer et
      rêver à un monde enchanté … dont on s’éloigne de plus en plus !

  5. C’et génial non ? et on parle de pollueurs mais certains qui viennent d’ailleurs ne sont ils pas pollueurs, 4 femmes et 15 enfants, ah oui ce n’est pas pareil aux yeux de la bien pensence.

  6. Nous avons 5 filles 4 gars…..tous mineurs ! Et on s’entasse ! Mais Monsieur l’agent voyez: tout le monde est accroché….. à 11…2×2 sont sur le même siège mais ceinturés !

  7. Ça fait plaisir des jolies familles comme ça! On sent l’éducation, le savoir vivre, les valeurs, ça nous change de ce qu’on voit dans les pubs à la tv et ce que l’on peut voir dans la rue. Merci et félicitation à eux, c’est beau à voir, merci.

  8. heureusement que beaucoup ne craignent pas l’avenir. Pour rire, avec 10 enfants et 2 adultes, il faut le permis transport en commun pour se déplacer.

    • Tout est fait pour empêcher les familles nombreuses.
      Tous les présidents ont été peu aidant, voir nocif, sur le sujet. On termine par un stérile sans descendance.

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