Vaches abattues, brebis tuées par le loup, pétition : la semaine noire des éleveurs

Entre abattage sanitaire en Savoie et attaques de loups dans le Var, la colère monte, chez les agriculteurs.
vaches ferme

Semaine noire, pour les agriculteurs en France. En l’espace de quelques jours, deux éleveurs ont vu leur cheptel réduit à néant : l’un, par la dent du loup, l’autre, par la dermatose nodulaire et une décision administrative implacable. Le tout sur fond d'offensive écologiste via la pétition anti-loi Duplomb (lire l'article de Jean Kast). La faute à pas de chance, diront certains. Mais à des centaines de kilomètres l’un de l’autre, le même sentiment d’injustice domine. Le monde agricole, une fois encore, se serre les coudes face à ce qu’il perçoit comme une indifférence de la part de l’exécutif.

80 vaches abattues

« C’est inhumain, ce qui se passe. » Les mots sont de Christian Converse, de la Coordination rurale, au micro de France Bleu. Il évoque le cas de Pierre-Jean Duchêne, jeune éleveur de 28 ans à Cessens, en Haute-Savoie, trop éprouvé pour s’exprimer lui-même. Ce mardi 22 juillet, ses 85 vaches ont été abattues alors que seules deux d’entre elles avaient été testées positives à la dermatose nodulaire, maladie portée par les moustiques, non transmissible à l’homme et sans danger pour lui.

« Les agriculteurs ne peuvent pas assumer ça, ils pleurent à mesure que les bêtes tombent », confie encore Christian Converse, la voix brisée. Le troupeau était en bonne santé, mais le protocole a prévalu. Un recours est en cours, mais il est arrivé trop tard. « Par obéissance au système européen », dénonçait, ce mercredi 23 juillet, sur CNews, Patrick Legras, porte-parole de la Coordination rurale.

L’« échec » du plan loup

Plus au sud, dans le Var, c’est un autre fléau qui a frappé : le loup. Laurent Rouvier, éleveur ovin à Brenon, petit village agricole d'une vingtaine d'âmes, a perdu 140 bêtes en trois attaques successives. « Aujourd’hui, je n’ai plus rien à vendre pour la saison », déplorait-il, ce mercredi 23 juillet, auprès de nos confrères du Figaro.

Il avait pourtant tout mis en œuvre pour protéger son troupeau : clôtures, chiens de protection, surveillance. « On a des clôtures, des patous… que faire de plus ? », s'inquiétait à son tour le maire de Brenon.

Mais à Paris, rien ne bouge. « Ils freinent par crainte que ce fameux quota soit atteint en septembre », expliquait un louvetier, toujours au Figaro. Le plan loup, censé encadrer les prélèvements, est jugé inopérant. Claude Fon, secrétaire général de la Fédération nationale ovine, parle d’un « échec ». Auprès de RTL, il plaidait, mi-juillet, pour une régulation fondée non sur une estimation théorique de la population lupine, comme il est de rigueur aujourd’hui, mais sur le nombre réel de victimes, en constante augmentation : plus de 4.000 bêtes tuées, l’année dernière.

Un système de régulation d’autant plus contesté que toute tentative d’assouplissement se heurte à une résistance farouche des associations écologistes. Une ligne rouge pour de nombreux éleveurs, qui demeurent confrontés à une réelle mise en danger de leur activité.

Une révolte paysanne qui gronde encore

Face à ces décisions, ou à leur absence, la Coordination rurale appelle à la mobilisation. « On ne validera pas leurs massacres », dénonce le syndicat agricole, qui refuse de signer la nouvelle charte d’abattage systématique des troupeaux contaminés par la dermatose nodulaire. Une manifestation s’est tenue, ce jeudi 24 juillet, devant la préfecture de Chambéry pour « défendre la dignité des élevages ».

Une tribune, publiée sur Mediapart et ouverte à signature, appelle également à revoir en profondeur les protocoles sanitaires en vigueur : « Pour lutter efficacement contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans l’est de la France et soutenir les paysans, une révision des politiques sanitaires d’un autre temps s’impose. »

Le pire, peut-être, pour ces éleveurs au bord du gouffre est de voir des élus comme Sandrine Rousseau se gausser sur les plateaux de télévision et affirmer n’en avoir « rien à péter », de la rentabilité des agriculteurs. Pendant ce temps, sur le terrain, Christian Converse, de la Coordination rurale, fond en larmes au micro de France Bleu : « J'espère qu'une chose, c'est qu'il fera pas une connerie aujourd'hui », à propos de Pierre-Jean Duchêne. Voilà la réalité de nos agriculteurs pendant que Mme Rousseau se rit d’eux. Quand prendra-t-on leur détresse au sérieux ?

Vos commentaires

33 commentaires

  1. Dermatose nodulaire et règlement…Les agriculteurs connaissent aussi le caractère drastique de celui régissant la tuberculose bovine, tuberculose qui, bien souvent, n’en est, en fait, pas une ! Et ils n’ont pas, eux, « d’argent magique »…En ce monde où l’on n’évoque plus que des animaux « décédés », le paysan n’a, lui, plus qu’à crever !

    • J’ai entendu que le jeune agriculteur avait fait appel à un psy, traumatisme de voir ses vaches massacrées,
      Ceux qui cautionnent ça bref

  2. Les pauvres agriculteurs , ils ont vraiment une période compliquée !!!
    Faire abattre 80 vaches alors que seules 10 étaient malades, j’appelle ça un massacre ,
    Un grand n’importe quoi mais pas étonnant quand on voit les 3000 normes qui les écrasent
    Je plains le pauvre agriculteur, en plus du manque à gagner, au point de vue moral, c’est un vrai drame, il était attaché à ses vaches et là on doit tout abattre
    Tout est fait en dépit du bon sens dans notre pays de toute façon

    • Stroumphette65
      Dans les années 50, dans mon village , lorsqu’une vache été tuberculeuse, on l’abattait et on enlevait les morceaux malades..le reste était consommable. Sommes-nous devenus si fragiles , ou plutôt, avons-nous eu la folie de confier les renes à des incompétents notoires, pour notre plus grand malheur.

      • Dame Breizh, à cette époque pas d’UE, pas de fonctionnaires, et c’était le bon sens qui prédominait, à présent, je ne vous fais pas de dessins et on en est là !!!
        Et c’est bien triste

  3. Il faut que les rond-de-cuir cessent de prendre des décisions à partir d’un bureau sans connaître la réalité du terrain.

  4. Pourquoi voulez-vous que le pouvoir en place, comme depuis plus de 40 ans maintenant, se préoccupe des agriculteurs ? En France le monde politique ne se préoccupe pas des victimes de la délinquance pas plus que des victimes … de leurs politiques.
    Le problème est que, sur ce sujet comme sur d’autres, des syndicats d’agriculteurs tels que la confédération paysanne, bizarrement plus médiatisés que d’autres, prennent le parti de ces politiques incohérentes et destructrices pour la France et le monde agricole. Alors, pour le grand public deja fortement hypnotisé par la propagande gauchiste, qui croyez-vous qu’il croit ?…

  5. Heureusement que l’on n’a pas abattu tous les membres d’une famille quand l’un d’entre eux était positif au Covid . Ce que l’on appelle pompeusement  » écologie  » est bien trop sérieux pour la laisser aux mains de soi-disant écologistes et de nos politiciens véreux.

  6. Bizarrement le Gypaète barbu (se nourri d’os de cadavres) a été réintroduit dans les Alpes dans les années 1990 juste avant que les loups italiens des Abruzzes pointent leur nez dans le parc du Mercantour

  7. L’abattage systématique de troupeaux entiers, montre bien l’imbécilité de nos commissaires européens… En plus de la vaccination, l’Ivermectine a prouvé son efficacité dans la lutte antiparasitaire, aussi bien pour l’animal que pour l’homme, et surtout bien plus efficace ue le vaccin… Mais là, évidemment, on va à l’encontre des intérêts de Big Pharma… Alors…
    Pour le loup, pas besoin d’être un spécialiste de louveterie pour imaginer l’accroissement de sa population en l’absence de prédateurs naturels, et donc son expansion territoriale. Les anciennes règles de lutte contre les loups en milieu rural, ont été abolies par les escrologistes. Qu’attend on pour les réactiver sous contrôle des préfets, pour équilibrer les chances entre le loup et l’agneau? Que nous n’ayons plus d’élevage de moutons en France ? Mais réfléchissons. Le prédateur suivant son inclinaison naturelle à la paresse,et refusant des chasses plus aléatoires à la faune sauvage, s’il ne trouvait plus d’ovins à égorger, s’en prendrait alors plus facilement encore à l’homme, surtout désarmé… Et encore mieux à ses enfants…
    Peut-être que si l’on emmenait se promener en montagne l’inénarable Sandrine Rousseau, ou le ridicule Aymeric Caron, face à une horde de loups affamée dans les Alpes, en viendraient-il à changer d’opinion? Peut-être qu’un « sentiment » de peur les ramènerait à la raison?

    • Les loups et,les ours ont bon dos..
      En encadrant les troupeaux avec des chiens bergers Patous,tout se passe bien.Alors qu’on arrête de nous conter des histoires pleines de menteries…Et relisons TOUS les
      Fables de La Fontaine.

  8. Les campagne Française sont magnifiques, en dehors de celles où sont implantés des éoliennes bien entendu et nos belles campanes, grâce a qui ? Des générations d’agriculteurs qui nous nourrissent l’ont travaillé, sécurisé en éliminant les prédateurs et dangers de toutes sorte sauf ils ont oubliés la gauche plus dangereuse que tout les prédateurs réunis en France.

  9. Ce qui ce passe chez nous en France est une honte tuer 85 vaches parce que ils y à des moustiques qui piquent alors tuer toutes les vaches les veaux car des moustiques c’est sur tout le déritoire en France ceux qui ont décidé cela devront en répondre car ils n’aiment pas nos agriculteurs.

  10. Tout cela prouve à mon sens parmi tant d’autres choses, d’une volonté à peine voilée de détruire notre pays par tous les moyens possibles et inimaginables, et non, je ne suis pas « complotiste », et l’être ne serait pas encore un délit. On voudrait servir les intérêts de multinationales par le bras armé qu’est l’administration en France que je ne serais pas étonné. On pourrait parler de la connivence des juges avec les délinquants concernant les peines prononcées,les politiques immigrationistes, le conseil constitutionnel et le conseil d’état, et j’en passe. Cette décision qui n’est en fait pas la première en la matière est à mon avis prise en fonction d’un cahier des charges bien établi à l’avance en vue d’un projet plus large concernant l’agriculture et l’élevage au profit des mondialistes. J’en suis convaincu. Les faits parlent d’eux-mêmes dans beaucoup de domaines.

    • Boxer
      C’EST NOTRE PROJET !!!
      Braillait-il….
      Merci à tous ceux qui ont voté pour lui.. et deux fois…
      Au lieu de construire des prisons..dressons des gibets…

  11. Notre société connaît une curieuse dérive, d’une part elle renonce à la violence à l’égard de ses ennemis, d’autre part elle utilise la violence contre ceux qu’elle est censée protéger.
    Ainsi, nous avons des délinquants, qui, sachant pertinemment qu’ils ne risquent rien de la part de la justice, commettent des délits de plus en plus graves. Pour les loups, c’est la même chose, l’animal est intelligent et il a parfaitement compris qu’il n’avait plus rien à craindre de l’homme, raison pour laquelle il s’est enhardi et se risque à attaquer des troupeaux entiers.
    Ce renoncement à utiliser la force légitime pour nous protéger, nous a conduits à subir cette violence de la part des autres, qu’ils soient prédateurs ou délinquants. Le loup, comme le criminel, se montrerait beaucoup plus circonspect et hésitant s’il avait la certitude de rencontrer une résistance systématique et impitoyable, mais ce n’est plus le cas.
    Pourtant, cette même société n’hésite pas à se déchainer sans retenue contre celui qui oserait justement faire usage par lui-même de cette force légitime pour se protéger contre un agresseur, qu’il soit humain ou animal, car ce droit lui a été enlevé … sans aucune compensation. Renoncer à se défendre … c’est l’origine de tous nos malheurs, directement ou indirectement et tant que nous n’aurons pas accepté que le monde est fait de rapports de force et que cela nous autorise à nous défendre, nous échouerons dans toutes nos entreprises … cela concerne le berger, tout comme le ministre de l’Intérieur ou celui des affaires étrangères.

  12. Je ne sais plus quoi dire devant cette surpuissance « écologiste » qui n’hésite pas à faire crever les autres humains ou animaux ; rien à battre parait’il.
    J’espère qu’ils paieront cher leurs méfaits.

  13. J’ai signé la pétition portée par l’OABA (Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoir) qui ne comprend pas que l’on sacrifie des animaux alors que la vaccination existe. Pour venir en aide aux agriculteurs, s’il-vous-plaît, soyez nombreux à signer ! Merci pour eux et merci aussi pour les animaux qui sont également victimes de la stratégie du tout-détruire.

    • La pétition que vous évoquez n’est qu’un « cheval de Troyes » et n’a rien à voir avec ce que subissent les éleveurs ! …
      L’OFB est un autre « cheval de Troyes » contre le monde agricole …
      Comment peut on croire que l’Agriculture française est dangereuse pour notre territoire alors que les escrologistes sont en train de TOUT détruire avec leurs « normes » et leurs « énergies » prétendues renouvelables ? ! …
      Il suffit d’écouter et comprendre les vomis de ces pseudos protecteurs de la biodiversité pour comprendre qu’ils veulent de la « viande chimique » et des êtres vivants décérébrés ! …
      LA NATURE va se venger de façon irrémédiable …

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