[TRIBUNE] Sept policiers agressés : il est urgent d’agir !

Les violences contre les forces de l’ordre ont augmenté de 88 % en 10 ans.
@Asticoco/Wikimedia commons
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En 2024, la France a franchi un nouveau seuil alarmant. En effet, entre janvier et juillet de l’année considérée (chiffres disponibles - DGPN), 2.652 policiers ont été blessés lors d’agressions en service, soit 23 par jour. Les gendarmes n’ont pas non plus été épargnés, puisque 2.300 d’entre eux ont également fait l’objet de violences sur la même période, soit une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente. Et ces chiffres ne révèlent pas tout, puisque hors service, policiers et gendarmes sont de plus en plus souvent pris pour cible à raison des fonctions qu’ils exercent.

Tel a été le cas, par exemple, le samedi 13 septembre dernier, lorsque sept policiers qui se retrouvaient dans un restaurant de Reims pour fêter le départ de l’un d’entre eux ont été violemment pris à partie par une dizaine d’individus. Bilan : plusieurs blessés sérieux parmi les fonctionnaires de police, avec des ITT (incapacité totale de travail) allant de 4 à 28 jours. Les auteurs (dont 8 sont encore recherchés), des délinquants multirécidivistes, plusieurs fois condamnés pour trafic de stupéfiants, violences et même séquestration.

Contre l’État de droit

Ces violences ne sont plus des faits divers isolés. Elles traduisent une tendance lourde caractéristique de l’évolution de notre société et de la banalisation de l’agression contre ceux qui garantissent notre sécurité collective. Chaque coup porté contre un policier ou un gendarme est un coup porté contre l’État de droit.

Désormais, le constat est clair. Les violences contre les forces de l’ordre ont augmenté de 88 % en 10 ans. Les agressions hors service, bien que moins documentées, pourraient concerner plusieurs centaines d’agents (entre 400 et 700 chaque année). Les auteurs sont le plus souvent des jeunes, entre 20 et 35 ans ; parfois plus jeunes encore. Ils agissent en groupes et n’hésitent plus à s’en prendre physiquement à celles et ceux qui portent l’uniforme. « Tuer du flic » est devenu un slogan banal qui fait florès, sur certains réseaux sociaux ou dans certains quartiers. À travers les policiers et les gendarmes, et même parfois les pompiers, c’est à la France et à l’ordre établi que ces criminels s’en prennent, souvent sans la moindre hésitation.

À quand « l'électrochoc sécuritaire ? »

Face à cette réalité, il est urgent de déployer une stratégie globale. Et si certains syndicats de police demandent « un électrochoc sécuritaire », c’est dans le détail des mesures qu’il faut aller. Tout d’abord, en protégeant mieux les policiers et les gendarmes. En les équipant, par exemple, y compris hors service, de moyens de protection discrets, légers et efficaces (gilets pare-lames, gilets pare-balles légers…). En sanctionnant, ensuite, les auteurs de ces agressions de manière extrêmement ferme par le biais de peines planchers, notamment. Il pourrait aussi être envisagé de supprimer les réductions automatiques de peines pour ces délinquants particuliers. En lançant, aussi, des campagnes nationales de prévention, y compris en milieu scolaire, afin de rappeler la gravité de tels comportements. Il conviendrait, surtout, de renforcer la présence des forces de l’ordre dans certains endroits sensibles et d’y développer la vidéoprotection. Enfin, il est important de soutenir psychologiquement et juridiquement, en instaurant une prise en charge totale par l’État, les fonctionnaires et militaires concernés ainsi que leurs familles.

Protéger les policiers et les gendarmes ne se résume pas à défendre des corporations. C’est défendre la République et les valeurs qu’elle porte. C’est affirmer que l’autorité de la loi n’est pas optionnelle et ne se discute pas à coups de poing ou de couteau. C’est envoyer un message clair à tous ceux qui vivent sur notre sol : dans notre pays, on n’agresse pas ceux qui nous protègent.

Laisser perdurer cette forme de violence, c’est accepter que, demain, l’uniforme ne devienne une cible permanente. Agir dès maintenant, c’est-à-dire avant qu’il ne soit trop tard, c’est garantir que la peur change de camp, qu’elle passe du côté des criminels et non du côté de ceux qui font respecter la loi.

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Olivier Damien
Conseiller régional RN de Bourgogne-Franche-Comté, Commissaire divisionnaire honoraire

Vos commentaires

80 commentaires

  1. Dans les minutes qui ont suivi cette agression Macron a exprimé son indignation et prononcé la condamnation sans appel des agresseurs. Ah non , scusez m’sieurs dames ça c’était pour défendre un délinquant. Pour les policiers …rien.

  2. C’est surtout revoir la légitime défense, si les voyous savaient que comme aux USA, un policier agressé peut se servir de son arme légalement, il y aurait beaucoup moins d’agressions.

  3. Il faut que les policiers qui ne sont pas en service soient autorisés à porter une arme en permanence sinon cela revient à les livrer en pâture à cette délinquance criminelle qui ne recule plus devant rien.

    • Il en ont le droit il suffit de le déclarer a l’autorité.. sauf que beaucoup ne le font pas par peur justement de les utiliser..le monde a l’envers la aussi…

  4. Il me semble qu’il est déjà beaucoup trop tard, ça fait des années que ça dure, depuis hollande/macron soit 2012 ça n’a fait qu’empiré chaque jour apporte son lot d’ignominie, de viol, de vols, de crimes et arrêtez de nous vendre du retailleau il est pas mieux que les autres, il soutient macron, il vote macron, il est LR, il a appelé à soutenir bayrou et aujourd’hui il voudrait nous faire croire qu’il se démarque de macron si c’était vraiment le cas qu’est ce qu’il fiche dans ce gouvernement. Quand on le voit disons que il ne fait pas peur. Il n’est pas taillé pour en imposer , il n’a aucun charisme. Je sais je ne suis pas dans le politiquement correct, mais la réalité est la réalité.

  5. Des peines de prison fermes, longues et exécutées pour cette bande de petites ordures.
    Le jour où policiers et gendarmes, las de se faire injurier, frapper par la racaille, le jour où ils baisseront les bras, légitimement, où irons nous ?
    Macron, pas un mot pour défendre tes policiers ? Toujours en vadrouille ou avec tes Lego ?

  6. Ce soir sur cnews, G. W. Goldnadel : « Si les juifs sont le canari de la mine, les Français ont mauvaise mine ». Il faisait le parallèle entre les agressions antisémites et les agressions de policiers. Demain, à qui le tour ?

  7. Il paraît, d’après la gauche, que la police tue ? Mais non, c’est bien les chances pour la France qui posent problème….

  8. En tant qu’ancien flic depuis trois ans,il m’est arrivé de sortir au restaurant avec des collègues et on a croisé souvent des regards inquisiteurs de certains dont je ne vous dévoile pas le profil qui est facile à deviner. Cependant,je peux vous assurer que les collègues et moi-même pratiquions des sports de combat et je peux assurer que si nous avions été agressés,nous aurions riposté et je peux vous dire qu’il n’y aurait pas eu des blessés que dans nos rangs. Ils savent à qui ils ont affaire et pour que la peur change de camp,il faut se défendre férocement. Désolé pour les biens-pensant, les « pacifiques et non-violents », car ça ne marche pas . Seule la force peut inverser les choses, le reste n’est que des paroles et du vent. On peut faire des articles de presse,des émissions télé, des interviews, écrire des bouquins. C’est bien mais très insuffisant car vu l’état de destruction de notre société qui se délite de jour en jour, seule une volonté de fer suivie par des actions radicales inversera la tendance. On ne fait pas une guerre avec des fleurs.

  9. Et que fait macron, on se demande s’il ne veut pas éradiquer la France ? Il ne s’exprime pas, il est certainement vexé d’avoir 15 % de côte de popularité, ne l’a t’il pas cherché ?

    • Le constat que vous faites était tout à fait clair dans son programme électoral de 2017. Pourtant huit ans plus tard et deux élections, il est toujours là et n’oublions pas …… par la volonté du peuple français qui a voté pour lui. Important de s’en souvenir pour la suite.

  10. Soutien total à nos forces de l’ordre qui subissent de plus en plus la violence d’une société en totale déliquescence.

    • Soutien? Nounours? Marches blanches? Ce qu’il faut soutenir c’est une présomption d’innocence pour les policiers ,les rassurer
      sur l’utilisation de leur sig sauer..mettre à la tête de l’igpn un vrai flic de terrain …fusionner ministères de l’interieur et garde des sceaux virer tous les juges syndiqués au syndicat de la magistrature et interdire ce syndicat réformer l’école de la magistrature..etc..

  11. Tant que la France aura un président qui embastille un policier qui n’a fait que son devoir (Nahel) rien ne sera possible. Il faut TOUT changer dans le code de procédure pénale et foutre à la porte la quasi totalité des magistrats qui ne sont que des gauchistes amoraux !

  12. Rien d’étonnant quand on laisse un fils d’émigrés (Algérien pour le père, Marocaine pour la mère) Féris Barkat monter une association comme BANLIEUES CLIMAT qui justifie la violence contre les forces de l’ordres comme relaté dans uns article de BV, de plus association subventionnée par nos impôts

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