[TRIBUNE] Condamnation de Nicolas Sarkozy : tout cela finira mal
La condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison, avec exécution provisoire et mandat de dépôt, a généralement provoqué la stupeur et l’indignation, sauf à gauche où nombreux sont ceux qui ont manifesté une joie malsaine.
Il est possible de reprocher beaucoup de choses à Nicolas Sarkozy sur le plan politique. Par exemple, d'avoir mené une campagne à droite et fait, aussitôt élu, l’ouverture à gauche, ce qui manifestait un grand mépris des électeurs. Ou, pire encore, avoir fait voter par voie parlementaire le traité de Lisbonne, quasiment identique au projet de Constitution pour l’Union européenne rejeté par référendum ! Mais ces questions politiques se règlent politiquement et ce sont les électeurs qui sont les seuls arbitres, du moins en démocratie.
Un règlement de comptes politique
En l’affaire, c’est de tout autre chose qu’il s’agit. Mme Gavarino [la juge qui a condamné Nicolas Sarkozy, NDLR] a affirmé que les faits reprochés à Nicolas Sarkozy étaient « d’une gravité exceptionnelle ». Justement, quels faits ? Relaxé pour les trois autres motifs d’inculpation, le tribunal reconnaît qu’il n’y a aucune preuve de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, qu’il n’y a pas eu corruption, qu’il n’y a pas eu d’enrichissement personnel et que le document fourni par Mediapart était un faux. La condamnation pour association de malfaiteurs repose sur une construction intellectuelle mais sur aucune preuve matérielle. De surcroît, l’exécution provisoire n’est en aucun cas justifiée. Il n’y a, en effet, aucun risque de récidive ni de fuite. Voilà qui ressemble beaucoup à un règlement de comptes politique d’une partie de la caste judiciaire contre un homme à abattre et, si possible, à humilier.
Il a été dit que Nathalie Gavarino était une femme rigoureuse mais indépendante. Il demeure qu’elle avait manifesté publiquement son opposition à Nicolas Sarkozy lors du meurtre de Laëtitia Perrais, enlevée, violée et assassinée par un récidiviste déjà condamné pour viol et mis en liberté provisoire, parce que le Président avait légitimement estimé que laisser sortir de prison un tel individu sans qu’il soit suivi « par un conseiller d’insertion » était une faute. À cet égard, la loi devrait obliger les magistrats qui ont remis en liberté des meurtriers qui récidivent à accompagner les familles des victimes à la morgue, pour reconnaître le cadavre de celles-ci. Ils mesureraient peut-être, alors, les conséquences de leurs décisions plutôt que de camoufler leur irresponsabilité derrière le droit.
À ce sujet — « Finalement, c’est Nicolas qui paie. » L’ultra-gauche se défoule contre Nicolas Sarkozy
Un grave bouleversement juridique et institutionnel
La condamnation de Nicolas Sarkozy opère un grave bouleversement juridique et institutionnel. D’abord, le tribunal correctionnel opère un renversement de la charge de la preuve, ce que les légistes romains nommaient la prova diabolica. Les juges n’apportent pas la preuve de ce qu’ils avancent, simplement des « faisceaux d’indices » qui ne sont pas corroborés par des éléments matériels, et c’est à l’accusé d’apporter la preuve de son innocence ! Ensuite, alors qu’il n’existe aucun risque ni de récidive ni de fuite, les magistrats, en décidant l’exécution provisoire, mettent à bas le principe selon lequel tout accusé a droit à un second échelon de juridiction et portent atteinte, du même coup, à la présomption d’innocence qui est un principe général du droit tant qu’une décision de justice définitive n’a pas été rendue. Enfin, en l’absence de preuves matérielles, les juges s’érigent de fait en accusateurs politiques et violent le principe de la séparation entre le pouvoir politique et l’autorité judiciaire.
Un retour à la Terreur ?
En fait, Nicolas Sarkozy est la victime d’une nouvelle « loi des suspects », cette loi du 17 septembre 1793, en pleine Terreur, qui stipulait : « Tous les gens suspects qui se trouvent dans le territoire de la République, et qui sont encore en liberté, seront mis en état d’arrestation. » L’ancien Président n’est que suspecté, puisqu’il n’y aucune preuve matérielle, mais il est néanmoins mis en état d’arrestation.
Il est surprenant que personne n’ait souligné que les outils de la Terreur furent les tribunaux, et notamment le Tribunal révolutionnaire dont Fouquier-Tinville était l’accusateur public. Le droit et les tribunaux organisaient la terreur politique dont Robespierre affirmait qu’elle était « l’émanation de la vertu ». Aujourd’hui certains juges veulent s’arroger le droit de vie et de mort politique sur les hommes politiques, au nom de la « vertu » comme leur « grand ancêtre ».
Tout cela finira mal. L’opinion publique, qui voit trop souvent des criminels et OQTF remis en liberté récidiver, assassiner, violer et torturer, ne peut comprendre l’arrestation d’un ancien président de la République dont la preuve de culpabilité n’a pas été apportée.
La formule « Je fais confiance à la justice de mon pays » n’est plus, pour beaucoup, qu’une formule creuse. La joie mauvaise de la gauche rend plus perceptible, encore, cette « guerre civile à bas bruit » dont parle Michel Onfray. À l’évidence, la gauche, qui est en train de perdre la bataille des idées et la confiance du peuple, se radicalise et semble rêver d’une guerre civile ouverte. Elle joue un jeu dangereux. Le vent de l’Histoire ne souffle plus dans son sens.
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171 commentaires
Les juges avaient un objectif , mettre Nicolas Sarkozy en prison , pour l’humilier , pour se venger , et ils ont réussi .
Il fallait d’abord une condamnation à au moins cinq ans de prison , l’association de malfaiteurs était le délit idéal ou la preuve matérielle était remplacée par un faisceau d’indices .
Ensuite ,la mécanique infernale de l’exécution provisoire est l’instrument du supplice de nos Torquemada , il faut d’abord être écroué , être emprisonné , avant de pouvoir demander une libération , et la durée d’instruction ce cette demande peut varier à la guise des tourmenteurs .
Les tourmenteurs eux ne risquent rien , ils sont irresponsables .
Les juges avaient un objectif , mettre Nicolas Sarkozy en prison , pour l’humilier , pour se venger , et ils ont réussi .
Il fallait d’abord une condamnation à au moins cinq ans de prison , l’association de malfaiteur était le délit idéal ou la preuve matérielle était remplacée par un faisceau d’indices .
Ensuite ,la mécanique infernale de l’exécution provisoire est l’instrument du supplice de nos Torquemada , il faut d’abord être écroué , être emprisonné , avant de pouvoir demander une libération , et la durée d’instruction ce cette demande peut varier à la guise des tourmenteurs .
Les tourmenteurs eux ne risquent rien , ils sont irresponsables .
Il faut responsabiliser les juge, et cela ne peut se faire que par refenrendum!: Pendant leurs études qu’ils fassent un stage obligatoire (et en uniforme de flic) avec les brigades de nuit. Et aprés comme pour le CT de voiture, une remise à niveau tous les 5 ans! Mais aussi que les victimes d’agressions puissent porter plainte comme « complicité , et associations de malfaiteurs » contre les juges laxistes. Que des racailles soient comdamnés 50 fois, et toujours libres comme l’air: la justice doit rendre de compte aux assises (avec un jury populaire, et non dans l’entre soit du saint-diktat de la magistrature! On en a eu un parfait exemple: Le même jour Sarko condamné à 5 ans de prison, (pour une loi de 1793)et en même temps 8 racailles massacrant un flic à coup de pied sont libres…. Pourquoi le flic ne pourrait pas porter plainte contre ce pseudo juge? pour « complicité, et association de malfaiteurs ?
Moi je fais confiance à la justice de mon pays pour favoriser autant qu’elle peut les milieux de gauche. En attendant je m’étonne toujours de ces reproches faits à Sarko alors qu’on ne mentionne jamais les hauts faits voire méfaits de Tonton et Chirac auxquels il a eu le malheur de succéder. Trop lointains sans doute ?
Le grand dessein de la gauche est de pousser à bout, et de provoquer l’irréparable, attendre la catastrophe et de prendre ensuite à témoin les français contre ses opposants, pour info, regardez l’article de VA au sujet de la justice et de mesdames Marguerite Stern et Dora Moutot, édifiant ! (VA le club 30 sept)
Merci pour cet article exhaustif et criant de vérité.
En effet, qui peut encore aujourd’hui en France, » avoir confiance en la » justice » de son pays, quand les innocents vont en prison, et les coupables sont libérés….??
Lorsqu’une autorité judiciaire est devenue un pouvoir politique à part entière, la justice n’est plus rendue, elle est politisée à outrance.
En l’occurrence pour le procès de l’ancien Président Sarkozy, il apparaît clairement qu’il s’agit davantage d’un règlement de compte odieux et d’une chasse à l’homme acharnée dont il fallait à tout prix » le scalp ».
Où est le » droit », où est » l’esprit des lois » quand la présomption d’innocence est outrageusement bafouée ? Cette condamnation qui dépasse l’entendement ne fait que susciter effroi, stupeur et indignation, et n’inspire aucune confiance en la » justice ».
N’est ce pas plutôt Mediapart qui devrait être condamné pour » Association de malfaiteurs » au vu de leurs basses et abjectes besognes ?
Depuis le mur des cons je n’ai plus confiance dans les magistrats. Afficher des politiques sur un mur des cons, passe encore nous avons tous notre avis sur les politiques, mais y afficher les pères de victimes est une faute suprême de la part de ceux qui sont sensés rendre la loi.
Alors, vous me direz que le SM est minoritaire, mais on sait très bien que c’est une minorité bruyante, agissante et qui « terrorise » le reste du corps. Au demeurant, a-t-on vu un schisme au sein de la magistrature après la découverte du mur ? Non, juste quelques réprobations du bout des lèvres et surtout la condamnation du pauvre cameraman qui avait filmé cette ignominie.
Alors oui, je n’ai plus confiez-nous dans les magistrats.
Dans son article, Stéphane Buffetaut traduit avec une grande lucidité le malaise et même l’indignation qu’occasionne cette condamnation. Mais avant que les juges reconnaissent leurs erreurs, les poules auront des dents.
La suite de cette histoire de doute ou non de la « justice » arrivera quand, non pas Bardella sera en face d’elle, mais quand/si notre bon President Macron sera appele a repondre de ses nombreuses manip et turpitudes aupres des francais quand il ne sera plus president…
A propos de Sarkozy, soit vous n’avez rien compris, soit vous êtes naïfs. Ci-après les déclarations de Sarkozy à Philippe de Villiers et que celui-ci rapporte dans son livre : « Le moment est venu de dire ce que j’ai vu » (pages 300 et 301). Je cite : « Toi ( De Villiers), tu as tes racines ici. Moi, non. « CE PAYS (il s’agit de la France) NE ME DIT RIEN. Avec Cécilia, nous sommes heureux qu’à Buda (Budapest) et à New-York ». Toujours de Sarkozy, je cite : « Je ne ferai qu’un mandat. En cinq ans, je vais tout changer. Et après, je partirai FAIRE DU FRIC, comme Clinton ». Cela laisse songeur sur le personnage n’est-ce pas ?
Un « jugement » doit se porter sur des faits prouvés, en aucun cas sur un état d’esprit. On juge les gens pour ce qu’ils font, et n’ont pour ce qu’ils sont ou ce qu’ils pensent, comme dans les procès staliniens.
L’association de malfaiteurs n’est pas un fantasme. Compte tenu de la composition du PNF, soigneusement choisie par François Hollande, c’est là qu’elle se trouve. Le pire c’est que la droite a voté les lois scélérates proposées par la gauche afin de détruire l’opposition. Naïveté ou bêtise crasse.
La contrepartie de l’indépendance des juges DOIT être leur dépolitisation: comme pour l’armée, ni syndicats ni droit de grève autorisés. En l’état actuel l’indépendance est exorbitante.
Indispensable. Mais le contrôle de la magistrature doit lui aussi être indépendant de la justice et la responsabilité des magistrats doit pouvoir être mise en cause et jugée par des juges indépendants de la magistrature commune.
Si on applique à Cedric Jubillar, la jurisprudence Sarkozy, il est bon pour perpétrer… En bref , il n’y a plus de codes, plus de règles, juste des juges… c’est fou quand même ! Vous ne croyez pas?
Il semble que la Justice française (comme la belge) ait une fâcheuse inclinaison à condamner les politiciens de Droite de telle manière qu’il ne puissent plus prendre part à un scrutin.
On condamne aussi à Gôche, mais sans les empêcher de se présenter.
A droite, tu n’as pas le droit d’acheter un costard, mais à gauche tu peux dilapider les fonds pour t’acheter des fringues, partir en vacances ou aller voir un proche en prison aux frais de la princesse.
Article remarquable de Justesse et d’exhaustivité : tout y est expliqué et les conclusions en sont incontestables… MERCI et BRAVO Mr Stephane Buffetaud.
Nous attendons et espérons une législation nouvelle instituant le contrôle et la mise en responsabilité des juges quant à leurs verdicts !!!! CE NE SERAIT QUE ‘JUSTICE’ ..!