Sur Public Sénat, on ressort l’épouvantail de la bête immonde
La chaîne parlementaire officielle du Sénat semble avoir du mal à se renouveler : ce week-end, Public Sénat ressort un documentaire datant de 2024 signé Guillaume Cotteret : « White Power : au cœur de l’extrême droite ». D’une voix grave, le réalisateur expliquait l’urgence d’un tel documentaire : « Nous sommes en 2024 et je n’aurais pas envisagé ce film si nous n'étions sous la menace d'une vague brune, d'une nuit noire pour les démocraties libérales. » Manifestement, la chaîne officielle du Sénat français a jugé que ce 17 janvier 2025, il était d’utilité publique de ressortir le vieil épouvantail de la bête immonde …
Le retour de la bête immonde
Le moins que l’on puisse dire est que le réalisateur Guillaume Cotteret a mis les grands moyens : images sombres, musiques terrifiantes, phrases chocs… tout y est et, surtout, tout est en vrac ! « Nous sommes en 2024. En Europe, sur fond de crise migratoire aiguë et d'abstentions électorales, les partis de droites extrêmes se sont incrustés durablement dans le paysage politique », commente le narrateur sur musique angoissante. En prenant l’exemple de l’Allemagne, de la Belgique et de la France, le documentaire entend démontrer que les partis dits d’extrême droite n’ont pas changé et « […] comment [les] partis politiques d'extrême droite et [les] groupuscules violents partagent une même idéologie : la lutte contre un Grand Remplacement supposé de la population blanche. Et un même projet : la remigration des populations d'origine étrangère. »
Aucune hyperbole n’est assez forte, aucun montage d’images assez percutant : « C'est peut-être les années les plus terribles qu'on est en train de vivre en termes de normalisation de l'extrême droite politique », alerte Saphia Aït Ouarabi, militante antiraciste et ancienne vice-présidente de SOS Racisme, sur fond d’images de meetings de Marine Le Pen. « […] En revanche, sous les images colorées, les idées n'ont rien perdu de leur brutalité. Le musulman et le migrant subsaharien ont juste remplacé le juif dans la hiérarchie peu enviable des ennemis intérieurs », explique la voix off. Des images de manifestants masqués brandissant des drapeaux noirs floqués de la croix celtique méritent ce commentaire : « Dans le sillage de la parole xénophobe que ces droites extrêmes libèrent, un white power [pouvoir blanc] prolonge le combat politique par la violence. Verbal toujours, physique souvent », sans qu'on voie le rapport, mais le ton est si docte qu’on ne peut en douter ! Il faut préciser qu’à ce stade, le spectateur n’a même pas encore vu deux minutes du documentaire d’une heure vingt…
La grande confusion
D’abord, le documentaire fait un tour en Allemagne parce qu'il est sans doute plus facile d’y faire des raccourcis entre des mouvements néonazis et l’AfD. Certains militants de ce parti qui se décrivent comme « des gens normaux qui se battent pour leur patrie et leur pays » deviennent, dans ce documentaire, « des gens si normaux et qui soutiennent un projet de déportation sur des bases ethniques et culturelles » : c’est la définition que le documentaire fait de la « remigration ». Et tout le documentaire est à l’avenant : montrer les liens entre les différents partis que le documentaire qualifie d’extrême droite, montrer ensuite leurs liens avec des groupuscules violents et expliquer que la crise migratoire que l’Europe a connue en 2010 a désinhibé ces discours : « Les discours xénophobes se légitiment à plus grande échelle aux yeux d'une partie de l'opinion. » Sans peur aucune des hyperboles et des amalgames, le spectateur ne peut que finir son visionnage avec l’impression d’être à l’aube d’un nouveau nazisme.
De l’Allemagne, en passant par la Belgique, jusqu’en France, le documentaire met dans le même panier, qu’il appelle « l’extrême droite », groupuscules violents, militants suprémacistes voire néonazis et un syndicat étudiant comme la Cocarde ou le RN et Reconquête ! « À l'origine de ce voyage, j'imaginais filmer l'ultra-droite, mais il n'y a pas d'ultradroite. Il n'y a qu'un écosystème de droites extrêmes solidaires entre elles. Plus qu'un écosystème, une famille qui partage un même projet inégalitaire », conclut gravement le réalisateur.
Jean-Sébastien Ferjou seul au monde
Bref, « aujourd'hui, l'extrême droite, c'est d'abord un rejet de la société multiethnique et multiculturelle » et « notre époque n'est pas contaminée par les droites extrêmes, elle est submergée ». La chaîne parlementaire proposait ensuite un débat sur ce « documentaire qui ne rassure pas vraiment sur le tour que prennent les événements en Europe ». Face à Rebecca Fitoussi, la présentatrice, Laurence Rossignol, sénatrice socialiste du Val-de-Marne, à Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême droite, et à Catherine Fieschi, politologue spécialiste du populisme européen, Jean-Sébastien Ferjou, le fondateur et directeur de publication d’Atlantico, semble bien seul à relever la « confusion générale dans ce documentaire » qui tient du fait, ajoute-t-il, « que nous voulons absolument lire l'Histoire contemporaine par le prisme de 1940 de ce qui s'est passé entre 1940 et ou 1933 ». Sans compter, explique-t-il, que « le postulat du documentaire [est de dire qu’]à partir du moment où on contesterait le fait que nous ayons des sociétés de plus en plus multiculturelles, on est déjà dans l'extrême droite et on serait déjà dans le suprémacisme blanc. Mais c'est absurde ! » S’il n’avait pas été là, il n’est pas certain que Public Sénat aurait pu appeler cela un débat…
Mais après tout, cette confusion n’est-elle justement pas, pour la gauche, le seul moyen, en agitant la peur et en faisant des amalgames, d’éviter de sombrer dans le néant électoral ? En attendant, cela coûte cher au contribuable, puisqu’« en ce qui concerne le budget pour 2025, la dotation à Public Sénat progresserait de 1,74 %, pour s’établir à 17.955.000 € », explique le site gouvernemental.
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36 commentaires
Oui public sénat a bien changé j’y avais découvert Sonia Mabrouk déjà très talentueuse et formidable dans ces entretiens avec ses invités, au cours d’une rencontre au salon du livre de Nice à la sortie de son premier livre je lui avais d’ailleurs fait part de mon admiration et de son talent, quelques années plus tard, celle que je suis maintenant sur la chaîne CNEWS , me conforte dans mon jugement d’alors.
On attendra des reportages de la même veine sur les génocides staliniens niés par les communistes français , la paupérisation des cubains et les fusillades du régime castriste, le génocide de Polpot et l’entrée des Khmers rouges génocidaires saluée par Libération : « Jours de liesse à Phnom Penh » ,l’annexion du Tibet par la Chine (tiens ,silence radio assourdissant sur ce superbe précédent au raid sur le Groenland de Trump !
Frédéric Chatillon, Caroline Parmentier, David Rachline, Mattias Renault, Jean-René Garinault, Franck Sinisi, Brice Bernard, Anthony Zeller, Quentin Macullo, Christian Perez (…) : voici les vrais visages du fascisme décomplexé au RN.
Pour rappel, cela a déjà été fait, avec la diffusion, sur « Public Sénat » le 1er novembre 2025 du documentaire « Rideau de fer, l’occupation soviétique : La main de Moscou » avec la dénonciation des crimes de Staline.
Excellente chaîne, Public Sénat dénonce indifféremment les crimes de l’extrême droite et de l’extrême gauche.
Outre le fait que classer le nazisme à l’extrême droite est déjà discutable, cet article nous montre – hélas – que la sottise du sévice public est décidément sans fond…
Ces gens là restent accrochés au vieux logiciel de l’Allemagne nazie. C’est tout ce quils ont trouvé pour se convaincre d’avoir raison ?
C’est tellement grotesque que c’en est stupide.
Y en a qui regarde cet truc (faut s’ennuyer je pense pour regarder cette chaine gauchiste).
Public sénat est une chaine du service public, donc inféodée aux idées de gauche ou d’extrême gauche. Toujours avec l’argent des contribuables et avec les moyens colossaux de propagande que cela procure, on fait peur aux français en ne mettant aucun filtre ni aucune possibilité de contradiction dans un étalage de fantasme pur et dur. Le danger, le vrai pour la France il vient de la perte de souveraineté et le remplacement de population qui en découle. N’en déplaise aux guignols qui pensent encore qu’Hitler c’est réincarné en Marine Le Pen.
Estimons nous heureux de disposer de Chaînes de qualité comme Public Sénat pour rappeler les ravages des mouvements néo-fascistes d’extrême droite en Europe et ailleurs.
Moi j’ai tenu 20 minutes…
j’ai regardé en replay
les montages sont grossiers et, pourtant, je n’y connais rien
il y a des images où ont ne peut pas déterminer les auteurs. Ca pourrait être aussi des images de black blocs
et vous faites un petit exercice : vous regardez en coupant le son….et on se demande très vite si ce n’est pas de LFI dont on parle…..beaucoup plus d’actualité en FRance que toutes ces vielles images des années 90 et principalement ailleurs qu’en France
ce n’est pas un documentaire mais un film de propagande d’extrème gauche…sur public sénat !!!!!
Les grandes orgues de l’anti France , commencent a faire entendre leur argumentaire poussièreux , mensongé qui ne touche que quelques uns toujours hypnotisés par leur sainte télévision .
Et ce sont pas les lamentables émissions TV sur base d’histoire de France (!!!) qui peuvent éclairer les Français…