Sur France 2, la viande est un mets identitaire aux « effluves xénophobes » !

France Télévisions se paye les « viandards »… avec l’argent des « viandards ».
@José Ignacio Pompé-Unsplash
@José Ignacio Pompé-Unsplash

Ce jeudi 12 juin, en deuxième partie de soirée, France 2 diffusait un nouveau numéro de Complément d’enquête. Ce dernier, nommé Touche pas à mon steak, était un brin orienté.

Tout commence avec la présentation de l’enquête sur le site de la chaîne du service public. France 2 écrit : « Une bataille à la fois commerciale et culturelle oppose deux camps à couteaux tirés : d'un côté, il y a les pro-viande, représentés par des lobbies puissants au service de toute une filière, des éleveurs aux distributeurs. De l'autre se retrouvent les défenseurs d'une alimentation végétale, au nom du bien-être animal, de l'environnement et de la santé. » Les termes sont choisis. La guerre annoncée oppose les méchants groupes de pression aux gentils protecteurs de la nature. Ce n’est que le début.

Dans les premiers instants de la vidéo, la voix off qualifie les amateurs de barbecue de « viandards ». Les enquêteurs s'intéressent ensuite à l’entreprise Gueuleton et à ses deux fondateurs, Arthur Edange et Vincent Bernard-Comparat. Ce, pour les dénigrer. Leur communication est jugée « franchouillarde » et mettant en avant « une certaine vision de la France », une France amatrice de repas « souvent bien arrosés ». Le reportage suggère également que les deux hommes s’assoient « à la table des réactionnaires ».

La neutralité selon France 2

Au cas où les téléspectateurs n’auraient pas compris cette allusion, les enquêteurs traduisent. Selon eux, « une partie de la fachosphère » a fait de la viande « un de ses emblèmes, un signe de ralliement ». Pour preuve, France Télévisions montre une vidéo où Baptiste Marchais, « militant nationaliste », déguste de la viande en compagnie de Papacito, « influenceur d’extrême droite ».

Il n’en faut pas plus à la deuxième chaîne pour affirmer par la voix de Nora Bouazzouni, journaliste et écrivain (dont les ouvrages, Faiminisme – Quand le sexisme passe à table et Mangez les riches – La lutte des classes passe par l’assiette en disent long sur son engagement militant voire politique), que la viande « est devenue un enjeu majeur dans cette bataille identitaire et culturelle » aux « effluves xénophobes ». Une lutte basée, d’après elle, « sur une identité fantasmée de ce qu’a été la France et de ce qu’elle devrait continuer à être dans le futur ».

Les enquêteurs reviennent ensuite sur la sortie de Sandrine Rousseau au sujet des barbecues virilistes et valident cette théorie grâce à des interprétations scientifiques tirées par les cheveux. « Les hommes mangent en moyenne 61 grammes de viande par jour, contre 34 grammes pour les femmes. C’est donc 80 % de plus. » C’est aussi 44 % de moins lorsque l’on prend le calcul dans l’autre sens, mais évidemment, cette façon de voir les mathématiques est moins impressionnante ! Comme le dit très justement la voix off : « À chacun son interprétation scientifique. »

Le lobbying selon France 2

Après avoir dézingué la viande en affirmant qu’il s’agissait d’un symbole réactionnaire, identitaire et masculiniste, les reporters ouvrent le volet santé. Sans grande surprise pour eux, la viande est très mauvaise pour l’homme.

Trente minutes plus tard, le reportage passe de la critique à l’éloge, de la viande au 100 % végétal. Là, les protagonistes ne sont plus d'horribles militants d’extrême droite français mais des sportifs de haut niveau américains. C’est bien mieux ! La société La Vie, qui s’est donné pour mission de faire « évoluer les gens de la viande animale à la viande végétale », est également mise en avant pour la qualité gustative de ses produits, pour ses aliments qui ressemblent à de la viande sans en être. Le bacon végétal de la marque a apparemment le goût du vrai bacon ; une ressemblance rendue possible grâce à l’utilisation d’arômes, de colorants (anthocyane-lycopène) et de correcteur d’acidité (acétate de potassium). France Télévisions n’en parle pas…

Très vite, c’est à nouveau sur la véritable viande que les caméras se tournent. Complément d’enquête préfère dénigrer la filière viande plutôt que celle du véganisme. L’émission en remet une dernière couche (de dix minutes) en parlant de la souffrance infligée indirectement aux animaux par les amateurs de côtes de porc et de magret de canard. La boucle est bouclée.

En tout et pour tout, le programme dure 56 minutes, dont 45 consacrées à la critique de la viande, de ses amateurs et des acteurs de la filière, des fascistes misogynes, sanguinaires et arriérés, tandis que le végétal, lui, a eu droit à dix minutes d’antenne à sa gloire. Ce que France Télévisions présente comme une enquête est risible, tant le programme proposé est caricatural, mais le plus drôle, dans tout ça, reste que cette émission a été en partie financée par le contribuable et, donc, à 95 %, par des consommateurs de viande. Les Français raquent pour être pointés du doigt par une poignée de journalistes militants et sans doute lobbyistes qui utilisent le service public pour faire passer leurs idées. Ce sont des vaches à lait, mais avec ce ruminant-là, les mauvais traitements sont permis.

Vos commentaires

128 commentaires

  1. Décidément la télévision publique a sorti les crocs en faveur des mangeurs de salades et autres racines. Alors que notre pays devenu ingouvernable par la candeur de son président, que rien ne va comme il faut, il était urgent de rajouter une pierre à l’édifice branlant. Salops d’éleveurs l’UE n’a pas encore réussi à avoir votre peau. Qu’à cela ne tienne France Télévision veille et retourne le couteau dans la plaie. Il n’y a pas à dire ça, c’est du service public sauce Delphine, à consommer avec modération, voir pas du tout.

  2. Ce genre d’émission est le stylo baveux de la dictature de la pensée de gauche et d’extrême gauche. Ce service ultra partisan, dit public grâce à son financement par nos impôts, qui exclut de ses interviews toutes pensées libres et préservatrices de notre civilisation.

  3. La télévision est dangereusement influente. Pas étonnant donc si l’État mit la main dessus en faisant payer sa propagande par les victimes de celle-ci. Ce qui est vrai pour les goûts culinaires l’est autant pour le choix des électeurs conduits par le bout du nez. Mitterand l’avait fait pour la presse écrite et Macron l’a réitéré pour la TV. Le Socialisme a de l’avenir !

  4. Après l’émission  » Sommes nous tous racistes »( la reponse étant oui, sauf l’extrême gauche), voici  » les viandards ». France 2 veut nous laver le cerveau comme Big Brother. Ça n’est pas nouveau. Chaîne à boycotter totalement.

  5. Une autre façon d’éviter les vrais sujets qui fâchent comme l’abattage rituel des animaux….pratique exclusivement franchouillarde bien sûr.

  6. je mange de la viande peu mais tous les jours , si les escrolos n’aiment pas la viande qu’ils continuent à manger leurs insectes et nous fichent la paix ! en ce qui concerne l’abattage comment tuent-ils les moutons au moment de l’aïd , sans étourdissement c’est pire !!

  7. Encore un reportage au final contre-productif…et sectaire ! Car, à les écouter, être végétarien ou végan permettrait à défaut de « mieux vivre », de vivre (certainement ou sans doute) plus longtemps. Donc et à terme devoir travailler plus longtemps….Plus clairement, si certains peuvent vivre plus longtemps, c’est donc qu’ils devront aussi travailler plus tard. Cela permet tout de suite de voir les choses autrement, non ?

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