[SATIRE À VUE] Un village envoie paître une résidente dérangée par les cloches

« Si cela vous empêche de vivre ou de dormir, allez habiter dans un centre-ville au milieu des voitures... »
Photo Pexels - SlimMars 13
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Une récente résidente du village de Mésigny (74) demande que les sonneries nocturnes du clocher cessent durant l'été. Une pétition réunissant 7.000 signataires sous le cri de ralliement « Sauvons les cloches de l’église de Mésigny » vient s'élever contre la réclamation.

 

Des coqs qui chantent trop tôt, des vaches qui pètent jusqu'à point d'heure, des relents de fumier très éloignés de Chanel N°5... Régulièrement, des citadins fraîchement débarqués de leur auto électrique se plaignent de ces nuisances. Les cocoricos matinaux du coq Maurice en firent une star mondiale. Relaxé au terme de démêlés judiciaires retentissants, l'animal mourut en 2020 fier du devoir accompli. Il avait réveillé le législateur via une loi « Maurice » du 20 janvier 2021 établissant que « les sons et odeurs des territoires ruraux font partie du patrimoine commun de la nation ».

À Mésigny (74), la plaignante n'a pas eu le temps de porter l'affaire devant les tribunaux que, déjà, une pétition lui coupait l'herbe sous le pied. Sa doléance portant sur la fréquence de sonnerie de la cloche de l'église se voit retoquée vertement par 7.000 signataires remontés comme le coucou d'une horloge. Installée depuis un an dans la commune, la résidente souhaite que les « ding » et les « dong » cessent durant les nuits d'été. Dormir la fenêtre ouverte à raison d'un réveil toutes les demi-heures ne lui est plus possible. Durant la saison estivale, des moutons ont la délicatesse de s'en aller paître en altitude. Pourquoi ne pas en faire de même avec la cloche en l'envoyant sonner en ville, par exemple ?

Recadrage

L'idée d'attacher des grelots autour du cou des citadins venus passer quelques jours au grand air a pu traverser l'esprit de l'équipe municipale. Cette mesure qui permettrait de signaler l'arrivée de tout Parisien en milieu rural semble faire son chemin dans les villages touchés par le phénomène. Pour l'heure, la commune se contente de recadrer la plaignante via ce communiqué : « Nous sommes dans une commune française, en milieu rural, où les cloches des églises sonnent depuis des siècles, où les coqs chantent très tôt, où des troupeaux vivent à proximité, certains ayant même des cloches autour du cou. »

D'une conclusion ferme, la mairie cloue le bec de celle qui va devoir faire l'emplette d'une climatisation : « Si cela vous empêche de vivre ou de dormir, allez habiter dans un centre-ville au milieu des voitures, pour votre plus grand bonheur et le nôtre également. » « Envoyer paître » n'est-il le meilleur moyen d'acclimater le citadin à la vie des campagnes ?

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Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

Vos commentaires

152 commentaires

  1. Les citoyens Nicolas , qu’ils soient en ville ou à la campagne en ont assez des conseils , recommandations , réflexions voire accusations en tout genre venant de personnes auto proclamées arbitres des élégances , de leur lieu et mode de vie .

  2. Bravo, bravo et encore bravo ! L’était et nos juges rouges devraient en prendre exemple. Une décision sage et censée, prise rapidement et sans coûter un pognon de dingue au contribuable, en tergiversations débiles et stériles

  3. Je crains que la décision du Maire ne soit contraire à la jurisprudence spécifique pour les sonneries de cloches nocturnes.
    Quant au bruit, non, on ne s’y habitue pas, et je propose aux campagnards de venir vivre milieu urbain dense pour le vérifier. Le système auditif fonctionne en continue. Même endormi en milieu bruyant, les fonctionnent cérébral est affecté…

    La jurisprudence:

    la jurisprudence est assez favorable aux restrictions des sonneries de cloches la nuit.

    Il a ainsi été jugé que :

    – « la sonnerie de l’angélus à 6 h, soit en période nocturne au sens des dispositions (…) du code de la santé publique est, par son niveau sonore et sa durée, constitutive d’une nuisance de nature à troubler la tranquillité du voisinage en période nocturne [et qu’] en s’abstenant de prendre les mesures nécessaires pour remédier aux nuisances causées par cette sonnerie qui dépassait les valeurs limites de l’émergence en période nocturne, le maire a méconnu l’étendue de ses pouvoirs de police » (CAA Nancy, 23 juillet 2020, n° 19NC00432)

    – « compte tenu de leur intensité et de leur fréquence, les sonneries horaires et demi-horaires, en période nocturne de 22 h à 7 h, sont de nature à porter atteinte à la tranquillité publique. Il en va de même, à plus forte raison, compte tenu de sa durée et de son intensité aggravée par l’usage de la volée de cloche [de 220 coups qui sonne l’angélus pendant plus de 3 minutes] à 6h03 » (CAA Nancy, 17 mai 2018, nos 17NC00829 et 17NC00838 : dans cette affaire, les bruits de cloches présentaient une émergence globale très nettement supérieure aux valeurs fixées par le code de la santé publique).

    – en ce qui concerne la période comprise entre 20h et 8h, durant laquelle la cloche retentissait toutes les heures, les sonneries constituaient une source de nuisance sonore, du fait du « caractère excessif du bruit produit par les sonneries en cause », et que le maire était tenu d’intervenir pour faire cesser ce trouble (arrêt de la CAA Nancy n° 10NC01532 précité) ;

    – le maire devait interrompre les sonneries civiles de la cloche de l’église de la commune de 19h30 à 7h30 (CAA Nantes, 6 mai 2005, n° 03NT01770 : dans cette affaire, la cloche retentissait à 400 reprises lors de cette plage horaire).
    Source: atd31, info-lettre-334
    Ce qui est souvent cité comme arrêt de justice concerne les autres bruits.
    Les villageois en question peuvent-ils expliquer pourquoi les cloches sonnet la nuit toutes 30 mn ? J’en doute fort…

    • Et pourquoi pas, pendant qu’on y est, interdire la circulation des voitures (et des camions) en ville et à la campagne entre 22H30 et 6H

    • Je peux vous expliquer cella ayant vécu dans un petit village des environs de Lacaune. C’est tout simplement pour rythmer la vie des paysans qui ont du travail souvent nocturne comme la traite, et qui sont habitués même dans leur sommeil à compter les heures pour ne pas manquer à leur tâches. Concept incompréhensible pour les citoyens des grandes villes et pour les juges hors sol qui veulent que tout soit coulé dans le moule d’un individualisme forcené.

    • Vous faites sans doute parti de ces Stakhanovitchs qui voudraient pour une seule personne soumettre les villages à renier des siècles de traditions ! Attitude éminemment égoïste et dictatoriale. Qu’en est-il donc de la loi de la majorité ? Et c’est ainsi que l’on divise d’abord quelques individus, puis un village, puis un pays et que l’on crée des antagonismes tels qu’au bout du compte on a une guerre ! Voire l’Ukraine qui refusait que dans le Donbass on parle Russe… Cette justice et la jurisprudence qui en découlent agissent comme des dictatures. Si les coutumes locales ne plaisent pas à certains, qu’ils aillent là où elles ne les perturbent pas. Il en va de même de tous ces migrants qui n’acceptent pas notre art de vivre et on s’achemine, avec votre raisonnement vers une guerre civile. Il faut réfléchir au long terme et pas à l’horizon de la prochaine élection !

  4. Une enfilade concentrait les sons de la cloche de l’église sur la chambre d’ami de la maison de mon grand-père. Il fallait plusieurs nuits pour s’habituer.

  5. Si tu va vivre a la campagne , tu accepte tout les bruits de la campagne, sinon tu reste dans ton 2 pièces cuisine a la ville ; point barre.

  6. Bravo aux villageois ! C’est la seule manière de résister face aux nuisibles et aux écolos-bobos qui rêvent d’une campagne sans bruit, sans odeur, à la Mao, quoi ! (Mao a voulu tuer les oiseaux des champs, il a créé la famine !)

  7. Renvoyez cette bonne femme dans sa ville où elle pourra se chouter au monoxyde de carbone . Vive la campagne, les coqs, les vaches, les cochons et bien sûr nos Paysans qui embellissent notre pays. Dehor les cloches, mais pas celles de nos églises et de nos vaches.

  8. Bravo à cette équipe municipale et à cette pétition. Ras le bol de ces bobos parisiens(parisien étant un terme générique pour citadins coincés) ras le bol donc. Qu’ils, aillent respirer leurs odeurs de poubelles, d’essence et de fumée et qu’ils nous foutent la paix dans les campagnes. On n’a nul besoin de Ces gens qui critiquent tout. Tu n’aimes pas ? C’est ton droit mais ne nous, emmerde pas. Nous on aime. Va vivre dans ta pollution et fiche nous la paix.

  9. C’est ce genre de personne qui veut détruire nos campagnes. Aujourd’hui ce sont les cloches qui la gênent, si elle obtenait gain de cause, demain ce sera autre chose . Qu’elle retourne d’où elle vient et laisse les gens vivre.

  10. Vive la campagne et tous les bruits qui font qu’elle l’est… campagne ! Elle veut vivre en Haute-Savoie, la dame ? Alors qu’elle prenne le pack complet ou qu’elle reparte d’où elle vient !

    • Que la dame mette des boucles quies ou retourne d’où elle est venue.
      La Rousseau ne sait pas où elle va mettre les pieds…
      Vive la campagne, ses bruits et ses odeurs, qu’on se le dise.

  11. Comme Georges Mousset le dit si elle préfère le muezzin au levé du soleil a 4h du matin qu’elle reste en ville, moi si je me réveille a 4h du mat. j’entend chanter les oiseaux et je peux vous dire que c’est superbe.

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