Sarah Knafo/Sophia Chikirou : le match est plié

Souvent mises en parallèle, les deux candidates ne jouent pourtant pas dans la même division.
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C’est à croire qu’elle leur fait peur à tous. À mesure que se rapproche le premier tour des élections municipales, Sarah Knafo essuie de la part de ses opposants des attaques sans cesse plus virulentes. Elle a ainsi été accusée, le 9 mars, par Pierre-Yves Bournazel, de prendre les Parisiens « pour des gogos » puis, le lendemain, par Lucie Castets, d’avoir dans sa manche un « véritable projet raciste ». Rien que ça ! Mais la pique la plus venimeuse est venue de Jean-Luc Mélenchon : « Sarah Knafo, c'est le fascisme mondain !, a-t-il lancé, en plein meeting à Paris, ce lundi soir. On ne négocie pas avec le fascisme. Il faut le battre. » Notons que le leader d’extrême gauche a prudemment préféré le verbe « battre » à « abattre ». Quelques semaines, à peine, après le meurtre du jeune Quentin par une milice proche de LFI, c'est mieux

Sur X, l’intéressée a immédiatement répliqué. « Monsieur Mélenchon, vous traitez de "fasciste" tout ce qui ne vous est pas soumis. Vos idées ne sont pas seulement fausses et laides : elles sont obsolètes. Vous vous croyez révolutionnaire, mais vous n'êtes que révolu. » Bien envoyé.

Une haine viscérale

« Mais pourquoi est-il aussi méchant ? », se demandait, il y a quelques années, la célèbre publicité pour une boisson à l’orange. Dans le cas de Jean-Luc Mélenchon, la réponse ne se limite pas à un « parce que ! » rageur. Sa haine envers Sarah Knafo s’explique bien sûr, en partie, par son dégoût pour la droite, le patriotisme, l’amour de l’identité française et occidentale - mais pas seulement. On peut suspecter que son aversion n’est pas sans lien avec celle qui lui est très proche, Sophia Chikirou, elle aussi candidate à la mairie de Paris… Il faut dire qu'elle est, désormais, nettement dépassée dans les sondages par la tête de liste Reconquête : Sarah Knafo pointe à 13,5 % d’intentions de vote, contre 10,5 % pour la femme d’extrême gauche. De quoi donner des aigreurs d’estomac à nos mélenchonistes.

Mauvaise perdante, l’extrême gauche attribue la percée de Sarah Knafo dans les sondages non pas à ses mérites, mais à une certaine complicité médiatique. « Tout le monde se fout de cette dame, à part les influenceurs fachos et les médias qui veulent gonfler l’extrême droite », s’étranglait la députée LFI du 93, Nadège Abomangoli, en janvier dernier. « Dans cette campagne municipale, sommes-nous à armes égales ? Évidemment que non. TF1 lance la campagne de Mme Knafo au 20h », ajoutait, mardi, Lucie Castets. « Ce qui fait sa force, c'est le véritable candidat à la direction de la droite dans ce pays : Vincent Bolloré », voulait encore croire Jean-Luc Mélenchon, plus tôt cette semaine. Comme ce serait bien, en effet, si le phénomène Sarah Knafo s’expliquait par un complot médiatique !

Une nette différence de niveau

Bien qu’elle s’en défende, la gauche trahit, par sa haine, toute l’estime qu’elle a pour la jeune patriote. Mélenchon et les siens ne prendraient pas la peine de taper à bras raccourcis sur Sarah Knafo si cette dernière n’était qu’une bulle médiatique. Eux aussi ont assisté à l’irrésistible ascension de la compagne d’Éric Zemmour. Eux aussi ont constaté sa connaissance fine des dossiers, son efficacité sur les plateaux, son aisance face aux militants, l’avant-gardisme de sa campagne. On ne peut pas vraiment en dire autant de Mme Chikirou… Certains médias tentent bien de les renvoyer dos à dos, deux « tatas flingueuses » qui partageraient une même ambition, un même charisme, une même origine maghrébine, une même réussite, mais la comparaison ne tient pas. Qu’a réussi l’insoumise, dans sa vie ? Tandis que Sarah Knafo est devenue magistrate à la Cour des comptes et maître de conférences à Sciences Po, Sophia Chikirou s’est contentée de barboter dans les sphères militantes depuis ses plus tendres années. Elle a, certes, participé à la création de la web télé gauchiste Le Média en 2017 - aux côtés de Gérard Miller, accusé d’agressions sexuelles par plusieurs dizaines de femmes – mais en a finalement été chassée, six mois plus tard, par des salariés las de sa violence, de son « management brutal » et de ses insultes…

Quid de ses idées et de sa colonne vertébrale idéologique ? On peine à les distinguer clairement. Alors que Sarah Knafo est restée fidèle à ses tout premiers engagements patriotes et souverainistes, Sophia Chikirou a connu un parcours politique nettement plus sinueux, défendant d’abord des positions laïques et anti-islamistes, puis rendant, quelques années plus tard, un hommage vibrant au défunt chef du Hamas… Une volte-face qui s’explique sans doute par la volonté de plaire à un certain électorat.

Dernier point de comparaison : les démêlés judiciaires. Si Sarah Knafo n’a jamais eu maille à partir avec la Justice française, il en va autrement de la députée LFI. Après avoir été mise en examen en 2024 pour « abus de biens sociaux » dans l’affaire des comptes de campagne de La France insoumise de 2017 (accusations qu'elle conteste), Sophia Chikirou est empêtrée, depuis près de dix ans, dans une sombre histoire de vols qui auraient été commis au sein du site Le Média. Une affaire qui n’en finit plus de rebondir : l’insoumise sera jugée pour escroquerie, en mai prochain, devant le tribunal judiciaire de Paris.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

86 commentaires

  1. « Sarah Knafo, c’est le fascisme mondain ! »
    Fasciste, je ne sais pas et je ne le pense pas. Par contre, mondaine, oui et je pense que c’est l’une de ses facettes qui m’indispose .

    « Comme ce serait bien, en effet, si le phénomène Sarah Knafo s’expliquait par un complot médiatique ! »
    C’est un peu le cas, je trouve, au moins ici. Ainsi, je constate que si j’écris sur elle des choses, comme «, je ne l’aime pas, je ne voterai pas pour elle, je n’ai pas confiance en elle.. . », ce qui n’est pas agressif de ma part, il est fréquent que mes commentaires passent à la trappe !

    « Voter pour moi, c’est faire gagner la droite ! »
    Ce n’est pas la droite française mais la droite mondialiste. Elle dit qu’elle aime la France, mais elle fait fit de ses origines, de sa culture chrétienne.
    Elle parle beaucoup, et beaucoup trop pour me donner confiance.

    Mais bon, que les commentateurs ne s’inquiètent pas, je ne vote pas à Paris.

    • Sarah Knafo est la seule personnalité politique actuelle qui synthétise dans ses idées, à la fois, les notions d’ordre mais également une compréhension fine de ce qu’est l’économie. C’est la seule, parmi tous les politiques, qui sait ce qu’est la courbe de Laffer et ce que celle-ci implique.
      C’est pour cela que je voterai pour elle lorsqu’elle se présentera à l’Elysée, ce qui ne saurait tarder, car je suis sûr et certain qu’Eric Zemmour aura la sagesse de céder la place à sa remarquable compagne.

  2. Nous verrons bien les résultats….en attendant il se vérifie que les faschos véritables ne sont pas du tout où Mélenchon et Cies les voient, si l’on en juge par les méthodes et les discouirs employés par ces derniers.

  3. « Un projet raciste »
    Ah Ah Ah !
    Rien que ça !
    « vous traitez de fasciste tout ce qui ne vous est pas soumis »
    Bravo Sarah Knafo.
    Les grincheux et les haineux malheureusement c’est pas nouveau.
    Quand on n’ a pas d’arguments sur le fond…
    Vous avez raison, Sarah Knafo représente :
    « la droite, le patriotisme, l’amour de l’identité française et occidentale »
    Un article avait comparé Knako à Aubry et c’était pas glorieux pour Aubry.
    Et ni les Chikirou, ni les Castets n’arrivent à la cheville
    – ouvrière – de Sarah Knafo.
    On peut continuer les comparaisons, sans problème..

      • Absolument pas ! Elle est sortie dans la botte de l’ENA. C’est la condition sine qua non pour accéder directement à un poste de magistrat à la cour des comptes. On ne devient pas non plus maitre de conférence à Sciences Po sans un viatique minimum.
        Alors le procès que vous lui faite « en IA » n’a strictement aucun sens !

  4. Némésis a raison : ils ne nous tuent pas parce que nous sommes nazis, mais ils nous nazifient pour nous tuer. LFI applique la tactique perverse de STALINE qui disait : lorsque qq’un n’est pas d’accord avec vous …. traitez-le de «  »fasciste » » il se défendra et ….. vous aurez gagné, mais,
    les Français ont compris la manœuvre perverse, ça ne marche plus !
    Les parisiens ont pu constater le travail sérieux, la compétence de SARAH

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