[SANTÉ] L’intelligence artificielle pour remplacer le médecin généraliste ?

L'intelligence artificielle connaît un essor considérable dans tous les domaines, et particulièrement en médecine.
robot IA
@gabriele Malaspina-Unsplash

L’intelligence artificielle pourra-t-elle remplacer le médecin généraliste ? Apparue dans les années 50, puis considérablement améliorée depuis, l'intelligence artificielle connaît un essor considérable dans tous les domaines, et particulièrement en médecine, où certains voient dans les applications médicales de l'IA la possibilité de remplacer le médecin, que ce soit pour pallier son absence dans les déserts médicaux ou pour l'aider dans le diagnostic et le choix d'un traitement.

Une machine capable de raisonner comme l'humain

L'INSERM a consacré à ce sujet de nombreux articles que l'on peut facilement consulter sur Internet. C'est ainsi qu'on apprend que lors de son développement, l'intelligence artificielle s'est divisée en deux courants : les tenants de « l'IA dite forte », qui vise à concevoir une machine capable de raisonner comme l'humain, et les tenants de « l'IA dite faible », destinée à concevoir des machines capables d'aider les humains dans leurs tâches. Si cette dernière définition de l'IA ne fait pas polémique, le développement d'une intelligence artificielle forte génère quelques angoisses, avec le risque de développer une machine supérieure à l'homme et dotée de sa propre conscience.

Dans les domaines médicaux très spécialisés comme la radiologie, le développement de « systèmes experts » qui s'appuient sur l'ensemble des connaissances médicales dans un domaine donné a permis de développer des systèmes d'aide à la décision et de gestion des connaissances de plus en plus sophistiqués, et de plus en plus précis, qui permettent au médecin qui les utilise d’être aidé dans un diagnostic fondé sur l'ensemble des connaissances médicales de sa spécialité. Peut se poser alors un problème de responsabilité professionnelle si une décision est prise avec l'aide d'un système décisionnel automatique, car le professionnel doit connaître le degré de fiabilité de l'IA dans ce domaine et prendre sa décision en fonction de ces critères.

L'IA, la solution miracle aux déserts médicaux ?

Les professionnels de ces spécialités médicales particulièrement concernées par l'intelligence artificielle estiment qu'il y a un besoin urgent de construire un cadre législatif, des normes et des règles éthiques pour encadrer l'utilisation de ces systèmes prédictifs.

En médecine générale, certains voient dans l'intelligence artificielle la solution miracle qui permettrait de pallier le manque de médecins dans de nombreuses zones géographiques. Il suffirait de décrire ses symptômes réels ou ressentis à un ordinateur pour qu'il décide d'un diagnostic et édite une ordonnance. Hélas, les choses ne sont pas aussi simples.

La médecine générale n'est pas une science exacte, elle se situe au carrefour de nombreuses disciplines médicales et fait le lien entre l'humain et le savoir scientifique. C'est ainsi que le médecin va chercher à savoir ce qui, dans le discours du malade, est véridique et ce qui ne l'est pas, ce qui semble important et ce qui semble accessoire, car les symptômes ressentis peuvent être très variables d'un individu à l'autre pour une même lésion ou altération pathologique. Pour l'instant, les machines ne sont pas capables de faire ce tri, ce qui limite l'utilisation de l'IA pour prendre des décisions médicales et confirme que le médecin doit être responsable d'une décision, que ce soit avec l'aide d'une intelligence artificielle ou avec d'autres outils.

Si, sous couvert de scientisme, nous décidons de confier notre santé à des automates, nous acceptons une relation qui exclut tout empathie ou chaleur humaine, cela même qui, en agrémentant les relations interindividuelles, permet souvent d'atténuer la douleur et la souffrance. Car là où la machine ne peut qu'apporter une réponse technique même très pertinente, le médecin peut apporter une réponse humanisée, parfaitement adaptée au cas du malade, prenant en compte non seulement son problème pathologique, mais aussi tout son environnement moral, familial, culturel et social, quitte à ce que cette réponse perde un peu de sa pertinence en osant s'éloigner du consensus thérapeutique. Il faut espérer qu'à l’avenir, le rôle du médecin ne se résumera pas à celui d'un technicien uniquement capable d'interpréter un arbre décisionnel, car cela, l'intelligence artificielle sait le faire mieux que lui...

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Dr. Jacques Michel Lacroix
Médecin - Médecin urgentiste et généraliste

Vos commentaires

39 commentaires

  1. Aujourd’hui, excusez-moi de le dire, cher Docteur, les médecins ne sont -comme vous le savez parfaitement- que des exécutants de l’ARS et de BIg Pharma : à telle série de symptômes correspond telle molécule. On l’a très bien vu ces dernières années avec une certaine injection que la raison la plus élémentaire aurait dû refuser. Or, l’ensemble de la profession s’est ruée comme un seul homme sur cette thérapie avec aucun recul.
    Dès lors, l’IA ne fera pas plus mal…

  2. Nous avons deja de faux médicaments et vaccins, nous pouvons donc avoir de faux médecins mais de vrais enterrement.

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