[SANTÉ] L’intelligence artificielle en médecine : promesses et dangers
Peu d'entre nous, sans doute, ont entendu parler d’une organisation nommée HealthAI. C’est une organisation indépendante, dont le siège est à Genève et qui a pour objectif de promouvoir un accès équitable aux innovations basées sur l'intelligence artificielle en matière de santé. Cette organisation soutenue par la Fondation Botnar, qui aide financièrement des œuvres philanthropiques, collabore avec les gouvernements et les leaders mondiaux de la santé pour créer une réglementation de l'intelligence artificielle afin de garantir qu’elle puisse transformer les soins de santé pour le bien de tous.
HealthAI, l'organisation qui veut réglementer l'IA en matière de santé pour tous
L'intelligence artificielle est déjà bien employée en médecine, en particulier dans le domaine de l'imagerie médicale ainsi que dans la robotique chirurgicale ou la biologie. Cependant, cet usage a un coût, loin d'être négligeable, et si l’on veut, comme le souligne le docteur Ricardo Baptista Leite, P.-D.G. de HealthAI, dans une interview récente, que ces techniques soient accessibles à tous et non réservées à une poignée de privilégiés, le système de santé et les assurances devront se mobiliser pour garantir un financement pérenne à ces technologies. Ce soutien est indispensable pour assurer leur efficacité, permettre leur déploiement à grande échelle et mettre en place des mécanismes garantissant à la fois leur sécurité et leur conformité à des critères éthiques encore largement à définir.
Ainsi, HealthAI propose d’établir un réseau mondial, capable de centraliser les résultats des mécanismes réglementaires nationaux, créant ainsi une source de solutions de santé basée sur l'intelligence artificielle. Cette organisation veut aussi mettre en place un mécanisme réglementaire pour procéder aux autorisations de mise sur le marché et de remboursement. C’est ainsi toute une logistique administrative et économique destinée à s'emparer de ce nouveau marché qui se dessine à l’horizon, que HealthAI souhaiterait promouvoir.
Si on peut s'accorder sur le fait que l'intelligence artificielle deviendra vite indispensable dans de nombreux domaines de la médecine, comme dans le domaine de l'imagerie médicale, où elle est déjà supérieure à l'interprétation humaine, il faudra, pour le médecin, savoir la maintenir dans un processus d'aide au diagnostic et ne pas lui accorder une autorité décisionnelle .
IA et santé : les limites
L'intelligence artificielle raisonne en termes de statistiques et de probabilités, à partir d’échantillons de malades sélectionnés pour constituer un panel homogène. Mais qu’en est-il des variations individuelles et des caractéristiques propres à chaque individu qui peuvent le faire sortir de la norme, soit en raison de sa propre physiologie, soit en raison de facteurs environnementaux, sociaux, ou même familiaux ? L’IA sait-elle gérer ces variations ?
De plus, la guérison due à la thérapeutique tient souvent aussi, pour une grande part, à la confiance que le patient accorde à son soignant et à la relation privilégiée qui s’établit entre eux par un dialogue inter-humain. L’IA en médecine sera sans doute très utile, mais sûrement pas suffisante pour assurer des soins de qualité et humanistes.
S'il apparaît nécessaire de réfléchir à la part que peut prendre l’IA dans la médecine, afin qu’elle puisse bénéficier de budgets suffisants pour assurer son développement, et que tous puissent y avoir accès, il sera impératif de savoir en limiter le champ d’action afin de ne pas laisser aux seuls décideurs économiques et politiques le choix des décisions.
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