Quand les Français découvrent qu’ils paient des APL… aux étudiants étrangers

Endetté jusqu’au cou, notre État sait néanmoins se montrer très généreux envers les étrangers.
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C’est ce que l’on appelle une découverte fortuite. Il aura fallu la publication du projet de budget 2026 pour que beaucoup de Français apprennent une vérité qu’ils ignoraient : loin d’être réservées aux contribuables, les aides personnelles au logement (APL) sont également versées aux étudiants étrangers. Une mesure sur laquelle le gouvernement Lecornu II souhaiterait revenir. L’article 67 de son projet de loi de finances prévoit ainsi de restreindre ces aides, bloquer leur augmentation et les retirer aux étudiants extra-communautaires (hors Union européenne) non boursiers. Pas moins de 300.000 personnes seraient concernées. « TERRIBLE. Dans le budget que Lecornu compte défendre, on trouve la suppression des APL pour les étudiants étrangers extra-européens ! Une mesure raciste », s’est offusqué le député LFI Thomas Portes. Un emballement pour la galerie, car rien ne dit que cette mesure, qui peut paraître comme un petit clin d'œil du gouvernement à la droite, ne sera pas évacuée dans la discussion budgétaire qui démarre dans les prochains jours, voire ne sera pas censurée, si elle va au bout du processus parlementaire, par le Conseil constitutionnel, particulièrement vigilant sur l'égalité devant la loi, surtout lorsqu'elle concerne les étrangers...

Mais beaucoup ne partagent pas cet alarmisme et s’indignent moins de la suppression de cette aide que de son existence. « Les Français apprennent ainsi que les étudiants étrangers bénéficiaient des APL, a ainsi réagi Sarah Knafo. Il faut soulever tous les capots. » De très nombreux autres Français sont sur la même longueur d’onde : « Les étudiants étrangers ont des APL ? », « Comment peut-on décemment penser que les APL et les aides étudiantes pour les étrangers doivent être financées par le contribuable français ? », « On devrait combler la dette et continuer à payer pour loger les étudiants étrangers en parallèle ? », « Nicolas, il en a marre de payer pour les autres ! »,…

Des aides à foison

Mais les APL ne sont que l’une des très nombreuses largesses octroyées aux étudiants étrangers. C’est peu dire que ces derniers sont gâtés par l’État français, c'est-à-dire par le contribuable. Notamment en matière de logement. « Pour vous aider à payer votre loyer, demandez une aide à la CAF », invitent ainsi nos institutions, sur un site officiel dédié. Les aides au logement pour les étudiants étrangers concernent plusieurs types d’habitations. Cela inclut les chambres en résidence universitaire, les colocations ou les appartements. Si l’étudiant étranger en question convoite non pas un HLM mais un logement non conventionné, il pourra, selon sa situation familiale, bénéficier de l’allocation de logement sociale (ALS) ou de l’allocation de logement familiale (ALF). Que demande le peuple ? Résultat : un tiers des places dans les résidences CROUS est actuellement occupé par des étudiants étrangers.

Toujours dans l’idée de venir en aide à des jeunes gens qu’on dit « dans des situations de précarité extrême », plusieurs bourses d’études leur sont proposées : les bourses gouvernementales financées par le ministère des Affaires étrangères et les ambassades de France à l’étranger, la bourse « Eiffel » pour les études niveau doctorat ou master, la bourse du programme Major pour les meilleurs bacheliers étrangers des lycées français de l’étranger, les bourses d’institutions d’enseignement supérieur, les bourses de recherche, les bourses masters Erasmus Mundus, les bourses du CROUS, etc.

« Le ministère français des Affaires étrangères attribue de nombreuses bourses aux étudiants étrangers, indique l’État, aux candidats. Renseignez-vous directement auprès de l’Espace Campus France de votre pays pour connaître les programmes de bourses qui vous concernent. » À noter qu’une « aide ponctuelle d'urgence » est également disponible, en cas de coup dur, et que les étudiants ayant le statut de réfugié ou bénéficiaires de la protection subsidiaire ou temporaire sont exonérés de la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), dont le montant est de 105 euros. C’est toujours ça de pris.

Côté santé, enfin, la générosité est également de mise. Tout comme les Français, les étudiants étrangers ont accès à des consultations gratuites au service de santé étudiante des universités ainsi qu’aux bureaux d'aide psychologique universitaires. Les étudiants non originaires d’un pays de l’Union européenne ont également la possibilité de s’affilier à la Sécurité sociale étudiante. Le remboursement des actes médicaux et des consultations ira alors de 30 à 70 % du montant total. Ils peuvent, enfin, se rendre dans les centres de santé où ils bénéficieront de « tarifs réduits, voire gratuits ».

La filière d’immigration numéro 1

Au vu de tous ces avantages, qui s’étonnera de l’attractivité de la France auprès des « étudiants » étrangers ? Les études sont devenues, en 2022, le principal motif d’octroi des premiers titres de séjour dans notre pays, détrônant le droit d’asile. Ces étrangers sont désormais plus de 400.000 sur le territoire, dont 53 % sont originaires du continent africain, du Maghreb ou du Moyen-Orient. Précisions s’il s’agit là du résultat de la stratégie « Bienvenue en France », annoncée en grande pompe par Édouard Philippe, fin 2018. « En accueillant les étudiants les plus brillants et les plus méritants, qu’ils viennent de Pékin ou de Kinshasa, qu’ils étudient l’intelligence artificielle ou la linguistique médiévale, nous serons nous-mêmes beaucoup plus forts », s’enthousiasmait le Premier ministre. L’exécutif se fixait alors l’objectif de « 500.000 étudiants étrangers en 2027 ». De ce point de vue, la décennie Macron aura été une belle réussite.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

90 commentaires

  1. L’attractivité de la France auprès des z’étrangers de tout poil est inversement proportionnelle à celle auprès des entrepreneurs.

  2. Le plus insupportable c’est que pour ça, on prive des étudiants français méritants d’un soutien plus important ou de logement, et d’autres citoyens français, dans des situations dramatiques, de l’assistance dont ils auraient besoin ( je pense par exemple aux enfants atteints de certaines maladies ou handicaps ).

  3. Il faut supprimer les APL à tout le monde.
    L’assistanat a un coût faramineux qui plombe notre budget.
    La solution consiste à créer une économie florissante permettant aux gens de gagner leur vie, et donc de se loger.

  4. J’en ai plus que marre de payer pour le regroupement familial,pour l’AME, la CMU, pour l’aide française au développement,pour les »mineurs » étrangers, pour l’APL aux étudiants étrangers, pour ces gens qui disent nous gouverner, pour ces fainéants de sénateurs repus de notre argent leur permettant de se gaver à table ,à ces fonctionnaires technocrates ne vivant que grâce à nos impôts et certainement pas à travailler vraiment,et bien sûr de payer encore et encore pour des immigrés qui ne font rien, vivent des aides et augmentent l’insécurité dans nos rues. La coupe est vraiment pleine et je peux plus voir en peinture ces politiciens minables et corrompus jusqu’à l’os qui ont volontairement mis notre pays dans cet état et je ne supporte plus non-plus les français qui ont voté pour eux et qui pleurnichent comme des gosses maintenant. Tout devient insupportable et la question est: quand cela va-t-il cesser ? Ils veulent quoi les dirigeants de ce pays,que tout s’embrase ? Mais ça en prend le chemin.

    • @Boxer : comme je vous approuve, j’en ai aussi marre de toutes ces gabegies , je trouve encore les Français bien dociles
      Quant à E. Philippe, paraît qu’il est la personnalité « préférée » des français d’après certains medias (sic)
      Il y a de quoi désespérer

  5. Le pire est que tous n’ étudient même pas réellement … Je doute que les présences effectives en cours fassent l’objet de beaucoup de contrôles.

  6. L’un de mes petits fils a entrepris des études post bac dans un établissement privé. Coût: près de 10000€ par an. Les parents peinent à joindre les deux bouts. Il n’a pas obtenu de bourse, car enseignement privé, mais doit payer la CVEC.
    Enfin heureusement que les boomers sont là. Les souchiens sont plus que maltraités. Quelle folie!

  7. Un étudiant coûte minimum 15000€ par an à l’éducation nationale (uniquement la première année après ça augmente), chiffre officiel de 2012 et je pense que ça a augmenté depuis. L’état aussi sert de caution pour leur logement en cas de non paiement ou sinon c’est fait par des associations largement financés par l’état. Si à cela on rajoute les bons alimentaires, les apl, les transports gratuits, les bourses… On atteint des sommes faramineuses par étudiant et je ne parle même pas de la concurrence supplémentaire et inutile sur le marché de l’emploi après, sur un marché déjà en forte tension si ils restent en France. Ils n’ont même pas besoin de justifier des revenus de leurs parents quand ils arrivent en France, ils fournissent des faux incontrôlables par nos administrations. C’est une hérésie financière cet accueil d’étudiant étranger, surtout quand elle est supporté par une Europe qui est en pleine faillite.

  8. Que croient les français quand on leur dit que les taxes étouffent le Pays.
    C’est bien eux qui votent indéfiniment pour des incapables!
    Portes n’est pas content? Qu’il se taille à Gaza, c’est tellement mieux et ça nous ferait tellement de vacances.
    Ils sont si nombreux comme lui…

  9. Non seulement ils ont droit à toutes les aides possibles et inimaginables, ça pleut comme à Gravelotte…. Mais il faut savoir que beaucoup ne viennent que pour ça et qu’une fois que tout est obtenu et bien … ils ne viennent plus en cours et il n’y a aucun contrôle…. C’est comme ça qu’on peut se retrouver avec des étudiants qui ont fondé une famille et qui traînent de fac en fac pour continuer à percevoir les divers avantages mais chuuuuut ne le dites pas : les gauchistes vont vous traiter de fachos racistes …. Et Nicolas continuera de payer mais il se débrouillera pour financer les études de ses gosses ….

  10. Il est temps de faire payer aux étudiants étrangers hors UE .
    Le vrai prix des études, comme en GB ou USA.
    Attendez un rapport sur le coût de l’immigration algérienne vient de sortir .
    2 milliards d’euros au minimum.

    • le « rapport » en question était présenté ce midi par un député …
      Il atténue l’impact financier et surtout ne dit pas qu’il faut EN FINIR avec cette gabegie ! …
      Il les comparent aux autres « étudiants » hors UE ! …
      Je suis quasi certain qu’il ne lui faudrait pas beaucoup d’encouragement pour qu’il veuille « donner les mêmes droits » qu’ont les algériens aux autres « étudiants » ! …

  11. Depuis très longtemps les étudiants étrangers ont plus de droits que les Francais . Quand j’étais étudiant en 1975 , ils avaient priorité sur moi pour une chambre en cité universitaire. Mais a l’époque il ne fallait pas en parler, c’était du racisme . Maintenant que les Français commencent a voir clair, alors on commence a en parler ! !

  12. Non ! Nous le savons. Qu’on soit pris pour des clowns de contribution, cela ne fait aucun doute. Voilà pourquoi la politique de la France doit être revue de A à Z. Les prochaines élections montreront si nous sommes toujours les dindons de la farce. Sinon, c’est à se pendre.

  13. Ce qui était une politique de solidarité pertinente au sortir de la Guerre est devenue une corne d’abondance pour tous ceux qui n’ont jamais au grand jamais contribué à cette solidarité.
    Et cela, au détriment des Français, ceux qui par leurs salaires, leurs retraites, leur travail quotidien, alimentent encore et toujours ce guichet social.
    Assez d’impôts, assez de prélèvements, assez de ce matraquage que nous subissons !
    Quand on voit où ça part… Et pour quel retour ?

  14. suppression des APL pour les étudiants étrangers extra-européens ! Une mesure raciste »,
    ##
    Extra-européen, c’est une race?

  15. Ce n’est pas une découverte, j’ai rempli des formulaires ALS (Allocation logement social) pour de nombreux étudiants étrangers (Marocains, chinois …) de 1998 à 2017.
    Par contre quand mes enfants ont étudié à l’étranger, (Angleterre, Pays bas appartenant pourtant à la communauté européenne à l’époque) les démarches n’ont jamais abouti. Il y avait comme un blocage.

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