« Principe de non-régression sociétale » : Attal le chantre du macronisme

L'ancien Premier ministre veut prendre ses distances avec un héritage poisseux dont il adopte pourtant tous les codes.
Capture d'écran YT
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Étrange Gabriel Attal. Au milieu du gué, alors que le macronisme vit son crépuscule, lui veut se démarquer, imprimer sa marque. Pourtant, à souffler le chaud et le froid, le disciple n’a jamais autant ressemblé à son mentor.

On ne sait pas vraiment où va l’ancien Premier ministre. Mais le sait-il lui-même ? À 36 ans, celui qui s’est brûlé les ailes au contact d’un président de la République dont l’impopularité bat des records cherche à continuer d’exister pour devenir la figure majeure du bloc central.

Du macronisme, après l'homme qui a donné son nom à ce « courant » politique, il est la figure emblématique. Alors, pour sortir de l’impasse créée par le désamour des Français pour celui qu’ils ont conduit deux fois à l’Élysée, Gabriel Attal joue l’équilibriste. Comme un héritier qui refuserait un héritage. « Les Français attendent 2027 pour tourner une page, celle du chaos, des vieilles recettes du passé, des vieux schémas, des vieux réflexes. » Voilà ce que le secrétaire général du parti Renaissance a affirmé, lors de sa rentrée politique à Arras (Pas-de-Calais), ce dimanche 21 septembre. Une tentative de se détacher d’un bilan présidentiel calamiteux. « La politique, c'est d’abord des actes, ce sont des paroles qui doivent toujours être suivies d’effets. […] et pourtant, depuis un an, la politique a montré le pire des spectacles, on ne parle plus que des calculs et plus jamais des problèmes des Français. » L’ancien Premier ministre veut rejouer la même partition qu'Emmanuel Macron lorsque, ministre de l’Économie, ce dernier ne fit qu’une bouchée de François Hollande.

Le jeune-vieux

Brutus se voit en homme nouveau alors que, comme César, il adopte tous les codes qui valent à ce dernier un désaveu profond dans l’opinion. Ce fameux « en même temps » qui sied parfaitement au député des Hauts-de-Seine qui souhaite incarner, dans une cymbale qui sonne creux, une voie de l’autorité régalienne et du progressisme ringard.

De l’autorité il était question à Arras, lorsque Gabriel Attal a expliqué à son auditoire qu’« un mineur en 2025 n’est pas un mineur de 1945 ». « J’assume qu’un mineur, âgé de 16 ans et plus, récidiviste et pour les délits les plus graves, puisse être jugé comme un majeur. Face à une violence de plus en plus débridée, de plus en plus jeune, nos règles doivent changer », a-t-il défendu. Déjà prenait-il sa grosse voix lorsqu’en mai 2025, il proposait d’interdire le voile pour les moins de 15 ans et de créer un délit de contrainte au port du voile contre les parents qui forceraient leurs filles mineures à se voiler.

Deux années auparavant, alors tout juste ministre de l’Éducation nationale, il annonçait l’interdiction à l’école du port de l'abaya, cette longue robe traditionnelle qui couvre tout le corps portée par certaines élèves musulmanes. Alors qu’il déballait ses bagages à Matignon, pour n’y rester que huit mois, le jeune chef du gouvernement lançait à la tribune de l’Assemblée nationale le fameux « Tu casses, tu répares. Tu salis, tu nettoies. Tu défies l’autorité, on t’apprend à la respecter ». Les promesses de l’aube ?

Les vieilles ficelles

Gabriel Attal veut faire peau neuve. Pourtant, il est avant tout l’homme des vieilles recettes. Il l’a encore démontré ce dimanche, quand il affirme que « face aux conservateurs et aux réactionnaires dont les offensives n’ont jamais été aussi nombreuses », il propose d’inscrire dans la Constitution un « principe de non-régression sociétale, pour qu’aucune loi ne puisse revenir sur les droits, les progrès, les conquêtes obtenues de haute lutte ». Ce fameux progressisme sociétal, voile dont la gauche se drape pour mieux dissimuler ses échecs. Ce même Gabriel Attal qui disait, cet été, vouloir ouvrir une réflexion sur la légalisation de la gestation pour autrui (GPA) grâce à une « convention thématique ».

Malgré sa jeunesse, l’homme fait aussi partie de ceux qui incarnent le mieux le monde d'hier en étant spécialiste reconnu dans l'art du front républicain quand, à la tête de la majorité présidentielle, comme Premier ministre, il était le fervent artisan du barrage contre le RN dans l’entre-deux-tours des élections législatives, il y a un an : 81 candidats Ensemble pour la République, dont 60 Renaissance, arrivés en troisième position se désistaient. Les triangulaires, dans ce scrutin passèrent de 306 à environ 90.

« Ce qui nous distingue de la NUPES et de l'extrême droite, c'est un attachement viscéral à la République », affirmait-il pendant la campagne. On cherche encore ce qui le distingue d’Emmanuel Macron.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

59 commentaires

  1. « Ce qui nous distingue de la NUPES et de l’extrême droite, c’est un attachement viscéral à la République » encore faudrait-il être dans une démocratie avant de parler de République …

  2. Aucun premier ministre des huit ans passés ne devraient se présenter en 2027 !! Ils ont tous contribué à la situation actuelle. Après Macron vous voudriez mettre en place un pareil personnage ? de plus c’est un socialiste, cela ne vous a pas suffit ? d’avoir des jeunots imberbes , mal dans leur peau et qui n’ont trouvé que la politique pour s’exhiber ?Qu’il aille donner un coup de main à son père !!

  3. ATTAL est le grand chancelier de la gamelle. Il brasse du vent avec sa voix de crécelle, d’adolescent qui joue au matamore. On a vu son action de premier ministre d’operette. Les agriculteurs en ont fait les frais. Le peuple français ne veut plus de ces apprentis politiques gamellards. Il faut un vrai chef en France assorti d’un gouvernement digne de ce nom. La pantomime a assez duré. Le Macroncircus c’est terminé la France est en danger de mort elle doit être sauvée. Macron va faire l’intéressant à l’Onu pendant que son pays s’écroule.

  4. Il est de ceux qui croient à l’amnésie des français. Mais non M. Attal, vous êtes le copié mal collé et déjà vu et revu d’un président dont on ne veut plus. Votre heure est passée et vous n’avez pas tiré profit de vos leçons. Vous êtes déjà vieux et déplacé dans vos annonces.

  5. En s’asseyant sur une botte de paille il a sauvé l’agriculture (rieurs s’abstenir). En s’asseyant maintenant sur une bouée de sauvetage il va certainement sauver du naufrage le navire France (rieurs s’abstenir). Ce n’est pas donné à tout le monde d’être clown !

    • ….enfin vue l’Etat du pays après 7 ans de macronisme (et il y a bien participé ) Attal peut aussi bien s’asseoir sur un tas de fumier.

  6. Attal joue une pièce de théâtre , il fait semblant d’être opposé à son mentor mais en fait tout est combine pour qu’il soit son successeur sans le paraître, comme lui, ce n’est que du vent, je le vois encore assis sur une botte de paille face aux agriculteurs distillant ses promesses non suivies d’effet bien entendu, non le bonhomme n’ est pas crédible du tout.

    • Qui peut encore écouter le baratin démagogique de ce prétentieux qui n’a rien prouvé, mais fait de la sémantique l’art d’enfumer le peuple.
      Après l’oxymore de la  » GPA éthique », maintenant le  » principe de non régression sociétale « …
      L’avortement inscrit dans la Constitution, le principe de l’euthanasie voté par la macronie, et demain la GPA qui  » avance masquée « , sont pour moi des principes de régression sociétale.

    • Vous avez trouvé le mot juste, Stroumphette. Oui, tourner le dos c’ est semble-t-il la seule chose qu’ il sache faire…

  7. NB : complément au propos ci-dessous. M. Attal veut conjointement mettre dans la Constitution l’empêchement d’un retour concernant « l’environnemental  » ( soit : ce qui pollue le plus actuellement, avec tous les traités signés par l’U.E _ traffics très intenses aériens et sur les mers ! ). Vouloir des circuits courts deviendrait donc une atteinte à la Constitution ! ?

  8. Sauf respect dû, M. Attal me fait penser à T. Le Luron ( à la différence du débit ultra rapide de certains jeunes comme lui ). C’est ainsi. La Constitution toujours et encore, et à tous propos ( nous n’avons plus aucune confiance en nos lois ? ). En l’espèce, je trouve infantile ce qu’il veut mettre dans la Constitution ( très gadget_ et sociétal, naturellement ). Si « demain » un conflit venait à se déclencher, le sociétal n’en serait pas impacté du tout ? Et les circuits commerciaux longs, très polluants ( traités signés par l’U.E ) _ au détriment des circuits courts, ne sont-il pas une atteinte à l’environnement ? ( tout cela figurerait dans la Constitution sans possibilités de changer ces circuits ultra polluants ? ) etc Incroyable !

  9. Ce freluquet restera petit comme tous les macronistes
    les macronistes c’est « p’tête bien qu’oui, p’tete bein qu’non »…Et en attendant…ils nous balladent…et depuis 2017 !
    on voit où on en est !

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