[POINT DE VUE] L’Amérique latine sort peu à peu de l’enfer socialiste…

En Bolivie, deux candidats de droite s'affronteront à la présidentielle après presque 20 ans de pouvoir socialiste.
Evo Morales

Dimanche 17 août avait lieu le premier tour de l'élection présidentielle en Bolivie. Ce pays vient de passer une vingtaine d’années sous un pouvoir socialiste - plus précisément, celui d’Evo Morales (de 2006 à 2019), jadis encensé par la gauche radicale occidentale, notamment (bien sûr !) par Jean-Luc Mélenchon, puis sous la férule de Luis Arce, ancien allié de Morales et homme de gauche lui aussi. Les électeurs semblent s’être lassés du paradis gauchiste, puisque les deux candidats qui s’affronteront pour le second tour sont un sénateur de centre droit, Rodrigo Paz, et un ancien (et éphémère) président de droite, Jorge « Tuto » Quiroga. La troisième place est occupée par un millionnaire, de droite lui aussi. Les candidats de gauche sont aux fraises et Arce lui-même avait renoncé à se présenter pour un second mandat, tant sa popularité était désastreuse. Ça ne vous rappelle rien ?

Des programmes pragmatiques

Evo Morales, premier président d’origine indigène, avait été empêché de se présenter à cause de son inculpation dans une sordide affaire de traite de mineure. Retiré sur ses terres, dans le centre de la Bolivie, il avait prédit la victoire du vote nul, qu’il avait appelé de ses vœux. Avec un sens de la prophétie caractéristique de sa famille politique, il s’est planté dans les grandes largeurs. Rodrigo Paz, lui, malgré son étiquette modérée, doit une bonne partie de son succès à son colistier, Edman Lara, un ancien officier de police qui s’est fait un nom dans la lutte contre la corruption et qui serait donc, dans l’hypothèse de la victoire, un vice-président de choc. Il fait porter son effort sur les classes moyennes et la fiscalité. Quiroga, son adversaire, a commencé comme fidèle de l’ancien dictateur Hugo Banzer Suárez et propose un programme plutôt pragmatique, axé sur des accords de libre-échange et la privatisation des entreprises publiques qui ne fonctionnent pas. Une nouvelle fois, comment ne pas faire le lien avec notre situation : se débarrasser de services publics gloutons et nuisibles, aider les classes moyennes à sortir la tête de l’eau, lutter contre la république des copains et les passe-droits éhontés…

Quand LFI encensait la Bolivie

Il est intéressant de constater que la Bolivie a longtemps eu les faveurs de la gauche française. En 2021, par exemple, Paris Match consacrait un reportage de bonne facture au périple sud-américain de Jean-Luc Mélenchon. Entre l’Équateur et la Bolivie, et entre deux randonnées le long du lac Titicaca, l’éternel candidat de la gauche radicale faisait relayer par ses proches des messages pleins d’espoir. « Cela fait vingt ans que ce continent est un laboratoire de mouvements politiques populaires, plus que proprement "socialistes" ou "communistes" », disait alors Raquel Garrido, fille d’immigrés politiques chiliens, réfugiés en France pour échapper à la répression. Cinq ans ont passé : Raquel Garrido s’est fait virer sans ménagement, ainsi que son mari, pour avoir osé critiquer le leadership de Mélenchon dans l’affaire du 7 octobre ; Evo Morales, puis Luis Arce, ont endetté la Bolivie, qui en a aujourd’hui ras le bol de ce « laboratoire », lequel, comme tous les labos de gauche, sert surtout à torturer les souris.

Bon courage aux deux candidats boliviens ! Ils ne sont sans doute pas parfaits, mais ils ont l’immense qualité de vouloir se retrousser les manches pour sauver un pays perclus par les bêtises de la gauche. Pendant ce temps, LFI rêve encore de 2027 : dans ses fantasmes les plus audacieux, Jean-Luc Mélenchon serait enfin président d’une République d’extrême gauche. À ce propos, on se penchera avec intérêt (mais à petites doses) sur le dernier livre collectif de l’Institut La Boétie, le think tank de LFI : Nouveau peuple, nouvelle gauche. Tout est dit, et ça a le mérite d’être honnête. Evo Morales était le premier président indigène de son pays. Jean-Luc Mélenchon, dans le nôtre, ambitionne d’être le dernier.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

45 commentaires

  1. Entre le national socialisme et la république sociale italienne, on peut voir que les fachos ne sont pas les patriotes mais ces gentils socialistes!

  2. Les boliviens ont de la chance, une lueur d’espoir … contrairement à nous qui insistons dans l’erreur depuis 1981.

  3. Les Démocrates américains durant leurs années au pouvoir , auraient-ils fait d’une parie de l’Amérique du sud un fief socialiste à leur profit ?

  4. Partout où les gauchistes sont élus c’est le bazar et l’économie qui s’effondre ça a commencé chez nous en 1981 ………

    • Les événements de 68 annonçaient déjà les effondrements qui effectivement, n’ont fait que s’amonceler depuis 1981, avec la Socialie mitterrandienne mâtinée de communisme,suivie par des cohortes de guignols que des électeurs avaient placés aux commandes.Le troupeau a les responsables qu’il se choisit et dont la médiocrité n’a d’égale que le sien.

      • C’est vrai mais j’étais trop petite en 68, pas trop compris après ce qui se préparait
        Mais c’est vrai que nos malheurs ont commencé en 68 avec des petits bourges gauchistes qui s’ennuyaient , on connait la suite

    • Il est vrai que le grand bazar, (décrit en 1975) de Daniel Cohn Bendit était le début d’une longue époque qui nous fort coutât, cher.
      Et nous coute encore très cher….!

    • Etant franc maçon,mélanchon porte sur les choses du Monde et sur la France en particulier,un regard universaliste qui dépasse nos frontières et donc,se porte vers l’Autre,surtout s’il vient de loin et nous crache au visage.Ce n’est plus du positionnement politique,c’est du masochisme.

  5. 20 ans de pouvoir socialiste en Bolivie ! En France nous en sommes à 44 ans, ouvertement ou diffusément, avec une tendance certaine au socialo-communisme, et nous ne voyons toujours pas le bout du tunnel ! Il est vrai que c’est une voie de type démocrature, et donc verrouillée aux aiguillages !

  6. Les peuples finissent toujours par regretter d’avoir cru la démagogie des gauchistes qui promettent toujours un paradis qui n’existe nulle part et qui vire plutôt au cauchemar. Pourquoi? Parce que la gauche s’appuie sur une idéologie dont les présupposés sont erronés. L’homme n’est pas bon par nature, ce n’est par la société qui le corrompt, l’égalité universelle n’existe pas, l’impunité n’est pas le moyen de ramener les délinquants dans le droit chemin car la dignité de l’homme exige qu’il soit responsable de ses actes et qu’il en répondre, les civilisations très différents sont non miscibles…etc. Et comme le réel s’impose d’évidence, ils refusent de le voir, musellent les média, interdisent, réglementent, imposent à tour de bras en massacrant les libertés individuelles et collectives. Bref, ça finit en dictature et le couvercle saute lorsque leur incompétence en économie a réussi à paupériser toute la société.

  7. Sans effort supplémentaire notre che Guevara de pacotilles en 2027 serat président de la ripoublique bananière de France ….. bienvenue en France

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