[POINT DE VUE] Dans le Maine-et-Loire, faute de vocations, des moines « progressistes » passent la main à des « tradis »
Depuis plus de deux cents ans - 209, pour être exact -, il y avait des moines cisterciens dans l’abbaye de Bellefontaine, pas loin de Cholet, dans le Maine-et-Loire. Il n’en reste plus que 14, aujourd’hui, pour une moyenne d’âge de 80 ans. Or, comme le domaine de l’abbaye s’étend sur 120 hectares, qu’il y a, sur ce domaine, des cultures de fruits réputées (notamment les pommes et les kiwis) et que tout cela nécessite donc une main-d’œuvre jeune et nombreuse, le Père Samuel, supérieur de la communauté, a pris la décision de quitter l’abbaye et de passer la main. Au cours de dernières vêpres apparemment très émouvantes, France 3 Régions raconte que les fidèles, assez âgés eux aussi, semble-t-il, sont venus dire au revoir à leurs moines. On pourrait se dire que cette fermeture est à l’image de la déchristianisation plus générale de notre cher pays. Il suffirait de hausser les épaules et de se dire que, bon, c’est comme ça.
Les bénédictins du Barroux, « jugés plus traditionalistes », inquiètent certains fidèles
Or, il se trouve que les moines vont remettre les clés de leur abbaye à d’autres moines, et ce, dès le mois de juillet 2026. C’est une excellente nouvelle, non ? Pas vraiment, selon certains fidèles un peu chagrins. Figurez-vous que les moines qui vont succéder à nos cisterciens octogénaires viennent du Vaucluse, et plus précisément de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux. Alors que Bellefontaine était appréciée par les fidèles, nous apprennent les théologiens de France 3 Régions, « pour l’ouverture d’esprit des moines, considérés comme progressistes », les bénédictins du Barroux, « jugés plus traditionalistes », inquiètent certains fidèles, comme une dénommée « Monique ». Considérés comme progressistes par qui ? Les cisterciens ? Jugés plus traditionalistes par qui ? Les bénédictins ? On ne saura pas. Secret des sources, probablement. À moins que ce ne soit de la mauvaise foi pure et simple. Ou de l'ignorance.
Et alors, qu’est-ce qu’elle dit, Monique ? Elle répond par fragments, par haïkus, comme une sorte de pythie du catholicisme progressiste. « On est un peu interrogatifs » ; « On souhaite avoir une église ouverte, parce qu'on en a grand besoin, actuellement » ; « Cette dérive qui entraîne beaucoup de gens vers une dérive d'exclusion, une dérive identitaire, ici, c'était absolument l'inverse » ; « On espère, on est un peu inquiets ». Bon. Grand merci, Monique. On comprend qu’une église ouverte, ça ne désigne pas tant pour elle la position physique des portes du bâtiment que celle, politique, des frères qui prient à l’intérieur. On ne saura pas quelle « dérive d’exclusion » elle vise, puisque les frères du Barroux accueillent si fraternellement leur prochain qu’ils croulent, justement, sous les vocations.
Le père Samuel est d’ailleurs beaucoup plus ecclésial dans son approche, puisqu’il dit précisément : « Assez vite, j'ai été contacté par les frères bénédictins du Barroux, qui ont une communauté qui est assez florissante. Quand ils ont su qu'on allait laisser sans doute cette propriété, ils ont été intéressés pour reprendre ce lieu. Donc, ça a été une grâce. » Florissante, c’est le moins qu’on puisse dire : le cistercien note qu’il y a 65 moines dans cette abbaye du Vaucluse. Une rencontre est prévue le 11 décembre avec les premiers moines du Barroux, avant l’installation d’une partie de cette communauté à l’été prochain.
On juge l'arbre à ses fruits
Peut-être les bénédictins pourront-ils expliquer à Monique et ses amis que, si les communautés progressistes ferment et que les communautés traditionalistes essaiment, c’est peut-être parce qu’on juge l’arbre à ses fruits, et que les fidèles catholiques les plus jeunes ont très bien compris que la parenthèse conciliaire (« progressiste », dit-elle) était en train de se refermer. Nous en avons déjà dit un mot dans ces colonnes.
Merci à ces courageux cisterciens qui ont tenu leur cap jusqu’au bout de leurs forces, merci aux bénédictins du Barroux de reprendre le flambeau, et tant pis pour les fidèles les plus obtus qui, sous prétexte de progressisme, excluent paradoxalement ceux qui ne pensent pas comme eux.
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47 commentaires
Continuons à prier afin que la France ne soit pas islamisée dans un futur proche.
j’ai joué de l’orgue dans cette abbatiale dans les années 70… c’était une communauté vivante et priante , fidèle à la Règle de Saint Benoit … Leurs éditions des Pères du désert font références.. je suis heureux que ce monastère ne ferme pas…
Leur domaine est magnifique ! C est à visiter. Ils sont autonomes et vivent de leur production de vin bio, olives etc.. ils sont paisibles et beaucoup de fidèles préfèrent aller à leur messe. Il y a même une garderie pour les petits.
A côté vous avez les soeurs à notre Dame de l Annonciation . Elles chantent des chants grégoriens et ont gagné des prix. La région est très sympa !
Scandale pour scandale, le Vatican ouvre une salle pour le culte de l’amour et la paix, une solution, ouvrir cet établissement a ce culte, les bâtiments seront rapidement trop petits.
Tout comme en politique il existe des activistes de gauche dans l’église et c’est bien pour ça que es fidèles se raréfient. Heureusement que les traditionnalistes prennent le relai sinon ce serait la faillite complète.
Avec Vatican II, l’Église pensait ouvrir ses bras au monde.
Elle n’a fait que lui ouvrir ses cuisses…
Avec Vatican II, on a voulu enlever ce « faste ostentatoire » qui, selon les « progressistes », était contraire au message du Christ.
Abandonnant le rite Tridentin, on a fait de la Messe un brouet insipide. Disparition du Latin, on tutoie Dieu, le merveilleux qui est le terreau de la Foi a été éradiqué.
Résultat direct : les fidèles, et tout particulièrement les femmes, qui étaient le plus constant support de l’Église, ont déserté un office dans lequel ils ne se reconnaissaient plus. La communion avec Dieu était devenue une conversation de bistrot.
La France est en train de mourir d’avoir abandonné ce qui est la base de sa civilisation, rien d’étonnant à ce qu’une civilisation soutenu par un mysticisme pugnace soit en train de prendre la place du peuple de souche. Bienvenu dans le monde des Dhimmi, considérés par l’Oumma comme des sous-hommes…
Le choix est simple : ou bien nous revenons aux fondamentaux, ou bien nous disparaissons en tant que Peuple, que civilisation, que culture.
À nous de voir, mais il faut faire vite.
» A qui veut régénérer une société en décadence on prescrit avec raison de la ramener à ses origines ! »
(Pape Léon XIII)
Je reste très méfiant des curés : vivre en se coupant des femmes n’est pas possible. Luther avait raison.
Je pense qu ils ont bien évolués. Ils ne vivent plus reclus. Je prends l’exemple du barroux et d une abbaye du côté d Aix. Ils sont sympas. Les soeurs vendent leur produits avec un grand sourire et s intéressent aux autres. Tous ces gens ne vivent pas de la charité.
Les curés s’engagent au célibat , cela ne les « coupe » pas des femmes pour autant !
En quoi le progressisme est-il la panacée dans le domaine de la croyance ? D’abord à quel progrès faire référence ? celui de la pensée de l’instant, de cette imbécilité d’I.A. ? de la pensée fumeuse de ces scientifiques qui sera désavouée dans vingt ans ? Bref avec ce progressisme vous n’auriez plus la capacité de construire une cathédrale du XIIe siècle.
Brassens avait raison. « sans le latin, sans le latin, la messe nous emm….. ! »
Il faut se réveiller la plupart des catholiques en ont marre des églises ouvertes …
C’est une très bonne nouvelle !
Monique est probablement abonnée au journal » La Croix » …
Je le suis également (abonné à La Croix).
Pour autant, ayant fait des retraites à Bellefontaine, j’y ai davantage vu de l’austérité que du progressisme (la liturgie cistercienne est moins chaleureuse que la liturgie bénédictine telle qu’on peut l’entendre à Solesmes par exemple, même si bénédictins et cisterciens ont une histoire commune).
Je me réjouis de l’arrivée des moines du Barroux et ne doute pas que leur jeunesse apportera un nouvel élan à cet endroit magnifique où il me tarde de retourner.
Hélas
Bonne nouvelle, l’Eglise n’est pas une ONG « comme les autres ».
Monsieur Florac, vous avez tout résumé dans votre conclusion, merci. J’ai moi même redécouvert la messe dites « tradis » vers mes cinquante ans lorsque j’ai emménagé dans le Var, depuis je me suis ressourcé auprès d’une Communauté de Saint Martin et de leurs fidèles très dynamiques.
«Que la Bonne Nouvelle retentisse sur toute la Terre». Ce devrait être un soulagement pour tous les Maugeois, y compris Monique.
Abbaye de Bellefontaine qui a perdu trois de ses novices parmi les 7 moines décapités par des islamistes à Tibhirine en Algérie en 1996 et à l’origine du film «Des hommes et des dieux». En mémoire des Frères Michel Fleury, Bruno Lemarchand et Célestin Ringeard.
Requiescat in Pace !
Soyons pas mesquins : Requiescant in Pace !!
Les assassinats de Tibhrine ont été déclarés islamistes par le régime algérien. Mais il est de notoriété publique (téléphone arabe) qu’il s’agit en fait d’une bavure de l’armée algérienne (fauchés la nuit à la 12.7 à partir d’hélicos).
Le fait est que les plus jeunes sont très vivement impressionnés par le rite traditionnel. Rite qui nous a tant barbé . Même si le nouveau rite ne nous emballait pas : Il avait l’intérêt de nous libérer de pas mal de contraintes. Mais c’est cette absence de contraintes qui rebutent les plus jeunes ( les25 ans, ar exemple) . Ils trouvent qu’il y a plus de mystère ( ça veut dire de sérieux, pour eux) quand ils ne comprennent pas ce que fait le prêtre, le dos tourné au peuple .Si ça peut leur faire plaisir. Nous , on a connu les deux rites, tout laissé tomber, et avons été rattrapés par l’un , quelquefois par l’autre rite et après, dame, Dieu se débrouillera, Zut!
Bien sûr , avec la messe « tradi », on peut ne pas tout comprendre ce que fait le prêtre , dos tourné , mais avant , dans les églises du monde entier , les fidèles étaient dans le même cas , c’était bien un gage de cohésion et de fraternité entre les fidèles et l’Eglise
Archie 51 : Je serai tenté de croire qu’au fond, Dieu se fiche pas mal du rite « à la mode du jour ». Autrement dit, que celui-ci soit traditionnel ou progressiste (voire peut-être même absent !). Quand bien même prend-t’il tout son sens et son importance concernant l’expression de notre besoin de transcendance, notre relation intime avec le Sacré.
Ce qui importe à Dieu, par-dessus tout, est certainement la célébration du sentiment d’amour entre les hommes…au quotidien ! : « Aime ton prochain comme toi-même ! » (sous entendu : Sache que ton « prochain » n’est autre que le reflet d’un aspect de toi-même, refoulé et projeté dans le collectif )
Le reste, (le dogme, la liturgie, la théologie, etc ) n’est que prétexte à une pratique cérébrale (je reste poli…), à des interprétations ou des vues de l’esprit, (donc forcément subjectives), qui ne reflètent pas vraiment la foi mais plutôt, à mon humble avis, le miroir de la projection de notre division intérieure avec-nous-mêmes.
Ce n’est sûrement pas demain la veille, mais quand les hommes auront compris, pardonné et intégré le drame de la dualité humaine (qui n’est autre que l’expression de sa séparation avec le Divin qui est en eux), il n’y aura sans doute plus besoin de polémiques, de sermons, ni de batailles de clochers ou d’abbayes, pour Le célébrer.
Afin que la (vraie) Paix soit (d’abord) en nous…Amen !
la force de la Prière sublime tout.
Les jeunes ont à leur disposition des videos sur Youtube qui leur expliquent en quelques minutes la liturgie tridentine. Les videos de l’abbé Raffray par exemple.
Au lieu de dire « le prêtre ,le dos tourné aux fidèles » , il suffit de dire « le prêtre , tourné dans la même direction que les fidèles » , et on comprend mieux .
Celà dit , l’Eucharistie reste l’Eucharistie .