Notre palmarès des dix meilleurs slows de l’été : deuxième tour de piste !

1977, ou l’année de la boule à facettes. L’air du temps est au disco...
Capture d'écran
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Suite de notre article d'hier.

How Deep Is Your Love, The Bee Gees

1977, ou l’année de la boule à facettes. L’air du temps est au disco, ce que flaire bien vite le roué producteur Robert Stigwood, qui a fait fortune avec Eric Clapton et l’un de ses premiers groupes, Cream. Et c’est avec l’argent ainsi amassé, un peu sur le dos du guitariste en question - à l’en croire - qu’il décide d’investir sur un groupe sur le déclin, les Bee Gees. Depuis leur tube, I Started a Joke, ces derniers peinent à se renouveler et leur pop à l’ancienne ne fait plus recette. Va donc pour le disco. Dans la foulée, Stigwood achète les droits d’un nouvelle de l’écrivain Nik Cohn, parue en 1975 dans le New York Magazine, sur les mœurs de la jeunesse urbaine, le samedi soir. Le tout est inventé de A à Z. Peu importe, le magnat du disque estime qu’il y a là matière à un film susceptible de porter la musique de ses nouveaux poulains. Résultat ? La Fièvre du samedi soir est un triomphe mondial, doublé d’un album qui s’écoule par dizaines de millions. Et How Deep Is Your Love ? Le morceau le moins dansant, mais qui devient un slow imparable pour ceux qui se prenaient alors pour John Travolta, lui aussi lancé par la machine infernale concoctée par ce vieux grigou de Robert Stigwood. Aujourd’hui, cette meringue joliment troussée fait encore des ravages sur le dance floor.

I’m Not in Love, 10cc

Sortie en 1975, la chanson I’m Not in Love est une pâtisserie à elle seule, tant cette scie sucrée colle aux dents. Fortuitement, ce sera le seul véritable succès du groupe anglais 10cc. Pourtant, cette véritable pièce montée n’est pas sans charme, même si flirtant parfois avec l’overdose de chantilly. Chœurs languissants n’ayant rien à envier aux soupirs orgasmiques du Je t’aime... moi non plus de Serge Gainsbourg. C’est à croire que ses deux auteurs, Eric Stewart et Graham Gouldman, s’étaient juré, en la composant, de redresser à eux seuls la courbe démographique de l’Angleterre. Quoi qu’il en soit, c’est un peu plus sensuel que du Hoshi ou du Jul. Sans compter que ça se danse encore très bien ; et pas que chez les nostalgiques des années 70.

Message personnel, Françoise Hardy

En 1973, Françoise Hardy célèbre un heureux événement avec la naissance du petit Thomas, fruit de cette union qu’elle tenait pour « peu commune » avec le très fantasque Jacques Dutronc. Ce Message personnel serait-il donc en partie autobiographique ? Il est à croire que oui. C’est d’ailleurs elle qui en signe le texte. Lequel est moitié parlé, moitié chanté, sur une musique de Michel Berger, alors au pic de sa forme créative. Comme souvent avec cette grande dame de la chanson française, les paroles sont énigmatiques : « Si tu crois un jour que tu m’aimes/N’attends pas un jour, pas une semaine/Car tu ne sais pas où la vie t’emmène/Viens me retrouver/Si le dégoût de la vie vient en toi/Si la paresse de la vie s’installe en toi/Pense à moi. » Emballé, c’est pesé ! Ce n’est pas de l’amour triste, mais de la passion inquiète, même si marquée au sceau de la tendresse. C’est beau. C’est du Françoise Hardy. Même les dames acceptant de danser à contrecœur y succombaient souvent. Juste pour voir si on pensait vraiment très fort à elles.

Wonderful Tonight, Eric Clapton

Nous sommes en 1977, dans le cottage anglais d’Eric Clapton. Pattie, son épouse – celle qu’il a piquée à son meilleur ami, le Beatle George Harrison –, est dans les étages, en train de se pomponner. Ils doivent sortir ce soir. Comme madame prend son temps, monsieur s’installe dans le canapé du salon, empoigne sa guitare et se met à chantonner. Une heure plus tard, sa donzelle est enfin prête ; la chanson aussi. Elle se nomme Wonderful Tonight, l’occasion de lui affirmer qu’elle est décidément la plus belle. Vu le temps qu’elle a pris à se préparer, elle peut. Depuis, cette langoureuse ballade est l’une des plus jouées lors des mariages américains comme anglais. Et n’a pas pris une ride depuis. La marque des classiques.

La Drague, Guy Bedos et Sophie Daumier

Comment ne pas conclure, comme dirait le Jean-Claude Dusse cité hier, sans cette drague en slow du duo Daumier/Bedos ? Il n’est pas sûr qu’une Mathilde Panot ou une Sandrine Rousseau apprécient aujourd’hui ce sketch à sa juste valeur. Dommage, pour un Guy Bedos depuis devenu l’humoriste officiel de la gauche bien comme il faut, celle qui ne boit pas l’eau des rince-doigts, tels ces gueux ne respectant même plus les consignes de vote du Monde, de Télérama et de Libération. Décidément, à en revoir cette pochade, grande est la tentation de se dire que la gauche, elle aussi, c'était mieux avant.

 

PS : L’Été indien de Joe Dassin n’a pas trouvé place en ce florilège. Logique : il en a été longuement question en ces colonnes il y a quelques jours. N.G.

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Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

17 commentaires

  1. Le Bedos d ‘alors m ‘était sympathique … le personnage ricanant et globaliste qu ‘il est devenu ensuite m’insupportait .

  2. Merci à BV, dix c’est bien pour nous donner envie d’aller rechercher tous ceux que nous avons adorer

  3. Il y a aussi Ben E. King avec Stand by me. Perso les slows français ne me procurent pas la même émotion ! Et tout plein d’autres sur lesquels j’ai dansé (années 60) mais dont les titres et les interprètes ne me reviennent pas. Alors, Nicolas Gauthier, au boulot !…. et remettez-nous tout ça en mémoire ! Merci d’avance…

  4. Ah « la drague », tout est programme
    Pas mal de grands slows oubliés ici mais pas dans mon coeur

  5. Pour moi l’emblème absolu du slow est « Hey Jude » des Beatles. Cette chanson est infernale dans la mesure ou la dernière phrase (nanananananana, nananana, hey Jude… » est répétée je crois 26 fois, ce qui en fait le slow le plus long que j’ai jamais dansé… Vous avez intérêt à être vraiment amoureux !

  6. Tout cela me va , mais il faut avouer que par pareille chaleur , ces slows enchainés les uns derrière les autres nous auraient rendus moites à l’époque ,filles comme garçons .
    Cela arrivait et c’est ce test qui nous permettait aussi de savoir si on avait le ticket .
    Parce que sinon , c’était un prétexte invoquée par la cavalière d’un jour ,pour abréger la danse .

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