Ne pas marier un OQTF : retour au bon sens

L'UDR, le parti d'Éric Ciotti, remporte trois victoires significatives à l'Assemblée.
Capture écran TF1
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La journée du lundi 16 juin fut positive, pour l’Union des droites pour la République, le parti que préside Éric Ciotti. Le groupe parlementaire UDR du député maralpin, composé de 17 députés, voyait quatre de ses propositions de lois examinées en commission des lois à l’Assemblée nationale. La nouvelle formation politique, issue de la volonté d’alliance d’Éric Ciotti avec le Rassemblement national, acquiert progressivement une belle crédibilité politique, dépassant la figure expérimentée et médiatique de son chef grâce à l’activité de ses élus.

Ainsi, les députés ont débattu en commission quatre propositions de lois portées par l’UDR. Et l’essai est presque transformé, puisque trois parmi elles ont été votées. La première vise principalement à interdire les mariages avec un étranger en situation irrégulière. « La philosophie de ce texte est simple indique à BV le député UDR de Saône-et-Loire, Éric Michoux, rapporteur du texte, il s’agit de ne pas autoriser les mariages de personnes qui sont en France de manière illégale ». Sont donc dans le viseur du dispositif les personnes qui séjournent en France « de manière irrégulière » ou font l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF).

Dilemme : respecter la loi ou célébrer des mariages blancs ?

L’actualité très récente a montré des situations ubuesques où un maire enfreignait la loi s’il refusait de marier des personnes en situation irrégulière. C’est le cas de Robert Ménard, qui est poursuivi en justice pour avoir refusé de célébrer, à Béziers, un mariage entre une Française et un Algérien sous OQTF. Marlène Mourier, maire LR de Bourg-lès-valence, refusait, en mai, de marier une Française et un Tunisien en situation irrégulière, elle dénonçait « un mariage de complaisance ». Interrogée par BV, la députée UDR Brigitte Barèges dénonce des mariages dont le but est de « régulariser des clandestins ». Ainsi, avec une telle proposition de loi, ce qui devrait tomber sous le sens redeviendrait la norme. « Nous voulons aider les maires, explique Éric Michoux, nous souhaitons empêcher les cas de conscience des élus. » En effet, écartèlement surréaliste : respecter la loi ou célébrer des mariages blancs ?

Autre proposition de loi validée : la contribution des détenus aux frais d’incarcération. Éric Michoux décrit une mesure qui vise à réintégrer les détenus qui ne se sentiront ainsi « plus à la charge de la société ». Une participation « proportionnelle aux ressources et au patrimoine des personnes détenues » serait ainsi demandée. « Certains de nos voisins européens le font, comme le Danemark », souligne le parlementaire ciottiste.

« Rétablir la peur du gendarme »

C’est aussi le retour des peines planchers pour ceux qui attaquent les forces de l’ordre et les pompiers. « Nous avons repris le texte d’origine quand les peines planchers ont été instaurées », explique Brigitte Barèges. L’élue du Tarn-et-Garonne veut « rétablir la peur du gendarme ». Si une telle mesure ne révolutionnera pas la situation, elle aura au moins un « effet symbolique : celui de montrer à nos forces de l’ordre qu’elles sont soutenues ». La parlementaire, rapporteur du texte, s’est appuyée sur une étude de l’Institut des politiques publiques notamment les travaux du professeur Arnaud Philippe, qui démontrent que les personnes ne sont condamnées en moyenne qu’à hauteur de 8 % du maximum de la peine légalement encourue.

Enfin, la proposition retoquée concerne la suppression de l’exécution immédiate des peines d’inéligibilité. Un texte à l’actualité politique brûlante, puisqu’il concerne au premier chef Marine Le Pen et sa condamnation dont elle a fait appel. « Tout est possible, dans l'Hémicycle », Brigitte Barèges et Éric Michoux sont optimistes. En effet, la proposition n’a pas été adoptée en commission à deux voix près seulement. Alors que ce mardi 17 juin, en fin d’après-midi, les députés ont voté le projet de loi sur « la simplification de la vie économique » confirmant la suppression des ZFE et infligeant ainsi un sévère camouflet à la Macronie. Le bloc central se fissure et vote certaines propositions de la droite. De bon augure pour les troupes d’Éric Ciotti.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

46 commentaires

  1. Marier un OQPF et en plus qui a eu des problèmes avec la police et/ou justice, c’est le cas qu’à subit Menard, bah non tu ne le maries pas, le bon sens, c’est pas donné à tout le monde !

  2. Enfin du bon boulot. Merci à Ciotti et merci de nous le signaler. On pense au petit rat jouant des dents pour délivrer le lion du filet. Mais à quoi assimiler les braillards sans scrupules de LFI ?

  3. Les « lois » françaises sont pour les citoyens français. Les autres, clandestins, Oqtf… sont « hors-la-loi ». DE-HORS

  4. On n’inflige pas de camouflet à la macronie, elle en a déjà les joues pleines. Quant au refus de marier des illégaux sous OQTF, c’est la plus mauvaise idée du monde. Nos édiles doivent au contraire les favoriser en mariant les OQTF aux OQTF. Faire d’une pierre deux coups en offrant un retour au pays aux illégaux, la France prenant à sa charge les frais de voyage des époux. Une lune de miel à ses frais. Une lune de fiel en moins pour un pays qui croule sous la submersion illégale, celle qui enfante les maux dont il souffre.

    • Hélas les OQTF n’ont pas d’atomes crochus entre eux ou elles. La peur de la consanguinité les parallise.

      • Et pourtant
        Quels sont les pays où il y a le plus de consanguinité ?
        Ville pourcentage de la consanguinité Référence
        Algérie 38,80 (Forem, 2007)
        Syrie 39,8 (Othman, Saadat, 2009)
        Arabie Saoudite 40,60 (El-Hazmi et al., 1995)
        Yemen (Sana’a) 44,7 (Gunaid et al., 2004)

  5. On a eu peur de comprendre pourquoi le gouvernement envisageait une nouvelle loi alors que nous l’avons déjà pour régler la question… L’exécutif aurait voulu gagner du temps pour permettre aux illégaux d’éviter l’expulsion qu’il n’aurait pas fait autrement ! On n’ose donc imaginer un tel scénario. On ne peut que rappeler que pour être en « capacité » de se marier la Mairie exige, préalablement à la célébration, plusieurs documents justificatifs de la situation des candidats : état-civil, identité, résidence, etc… Ainsi, seul celui ou celle qui est en situation régulière peut se marier. Une personne en situation irrégulière ne peut donc être comparée à celle qui est en situation régulière, c’est l’évidence même ! Un étranger en situation irrégulière n’a donc que le droit d’être expulsé. Et s’il est expulsé, il n’est évidemment plus là… et ne peut contracter mariage.

  6. Eric Ciotti, vous avez remarqué que les sondeurs ne sont pas intéressés par sa présence, ils préfèrent leur gens style Philippe qui caracole en tête, dans leurs résultats de sondages, étrangement et ils trouvent encore des gens pour voter macron !!! Et si c’était l’autre Eric, donc, qui serait l’espoir à la De Gaulle ?

    • Bien dit!!!ce serait enfin du nouveau,dans cette France a la dérive,la tâche ne sera pas aisée tellement certains se sont employés a détériorer ce pays!

  7. Les étrangers en prison sont payés par le contribuable. Un délictueux est logé gratos ! Pourquoi ne pas aussi payer les gens qui viennent en France faire du tourisme ? On paie bien des gens avec leurs vélos pour faire de la figuration sur une piste cyclable déserte…

  8. Et autre décision de bon sens: interdire tout autre drapeau que le drapeau Français sur tous les bâtiments publics.

    • En Bretagne, c’est le drapeau français qui est un peu l’étranger. Même en région Pays de Loire, beaucoup de mairies de Loire-Atlantique arborent le Gwenn ha du.

  9. Heureusement que le RN a M Ciotti comme allie pour revenir un peu à droite..Retailleau devrait s’en inspirer et en faire autant sinon il sera battu comme pecresse son alliee…a 4,5 %..Si le RN veut réellement gagner ( j’en doute toujours) il est grand temps de tendre la main aux autres partis à droite…

    • Les propositions de l’UDR étaient raisonnables, et non démagogiques comme (souvent) celles du R.N. Cela illustre que Ciotti reste d’essence « républicaine » (LR). N’en doutez pas : si jamais Retailleau s’installe durablement dans les sondages, Ciotti abandonnera Jordan (surtout si MLP est écartée de la course) pour se rapprocher de l’élu vendéen.

  10. Ciotti à tout compris, il a fait alliance avec le RN sans s’y intégrer. Il conserve son ADN LR et les trois lois que son pari a fait voter ne peuvent que ravir la majorité des Français. Il ne tacle personne, il avance. Bruno Retailleau ferait bien de s’en inspirer, car ceux qui l’ont élu à la tête de ce qui reste des LR attendent des ACTES, pas des « yaqu’a, fautqu’on » et petites phrases pour flinguer l’UDR ou le RN avec qui il a, à priori, plus de points commun qu’avec les Macronistes… Au moment le l’élection du Président du parti, les LR ont bondi de 40 000 à 120 000 adherents. Les 80 000 « nouveaux » sont ceux qui ont, en leur temps, préfèré voter pour MLP ou Ciotti. Ils ont surtout voulu faire barrage à Wauquier. Mais si Retailleau continue comme çà, ils retourneront d’où ils viennent et aux présidentielles il sera laminé. La majorité des Français veut l’union des droites, pas des magouilles entre des LR mous, des Macronistes à la ramasse, quelques residus de la gauche et LFI . Il est clair qu’entre un Bertrand ou un Lagarde, qui préfèrent voter communiste ou Melenchon, et un Ciotti ou un Bardella, le choix devient de plus en plus clair.

    • Votre analyse serait limpide,si à chaque élection interne les lr ne passaient pas, à chaque fois,de 40000 à 120000..bizarre.je ne pense pas que Retailleau arrive à s’affranchir d’être allé à la gamelle macroniste..Si il ne fait pas un grand virage à droite en adhérant à l’udr,il est cuit…

  11. Je ne comprends pas que la question puisse se poser. Il est tellement évident qu’il soit interdit de marier un OQTF ! D’ailleurs au lieu de les laisser libre dans la rue, lorsqu’un OQTF est prononcé l’individu doit être placé en centre de rétention en attendant sa reconduite et si possible à ses frais dans son pays d’origine.
    Cela éviterait bon nombre d’agressions pour vols, viols et meurtres sur notre sol !

    • En ce moment il y a une émission sur la douane en Australie. C’est édifiant ! Un exemple à suivre. (TV CStar « Douanes sous haute surveillance » 19h20).

    • Le « si possible » est ubuesque ! …
      Un OQTF nous coûte un pognon de dingue … Il serait temps que les coupables payent ce qu’ils doivent aux victimes et soient extradés immédiatement …
      Stop avec la cedh ! …

    • N’y a t’il pas des documents officiels à fournir pour un mariage? Quand je pense à toute cette paperasse que l’on doit fournir pour tout et rien…

    • Exact..si les oqtf étaient exécutées il n’y aurait pas besoin de lois pour éviter kes mariages blancs..

  12. Quelques bonnes nouvelles en cette période troublée, c’est bon à prendre. Le retour au bon sens (affaire des mariages) va-t-il ouvrir la voie à d’autres retournements de décisions ?

  13. « La parlementaire, rapporteur du texte, s’est appuyée sur une étude », écrivez-vous.
    Si un parlementaire devient une parlementaire car c’est une femme, dans ce cas on accorde « rapporteur » en écrivant « une rapportrice ».

    • Hummm… Le terme « parlementaire » étant identique au masculin et au féminin, on peut peut-être dire le ou la, pourquoi pas ? Mais « rapportrice » ça sonne mal, et puis le féminin existe déjà : « rapporteuse » ! Mais je préfère qu’on laisse tout au masculin et qu’on ne féminise pas les mots en « eur ». Il faut gardé nos racines !

      • J’ai souvent lu « le » député, ou « le » maire à propos de femmes.
        Le féminin « rapportrice » est
        correct mais il écorche les oreilles. « Rapporteuse » traîne une vilaine connotation.
        Me concernant, et bien que je sois de genre féminin, je trouve certaines féminisations très laides. La mairesse, l’écrivaine, par exemple !
        Bah ! Tout ça se discute… et c’est ce que nous faisons.

    • chanteur, chanteuse
      instituteur, institutrice
      docteur, doctoresse
      auteur, auteure
      Alors comment doit-on dire pour féminiser un mot avec « teur » en terminaison comme « rapporteur » : rapporteuse, rapportrice, rapportoresse, rapporteure ?
      Quelle imbécilité cette féminisation à outrance !

      • Tout à fait d’accord. Pour ma part je dis ‘auteuse’ parce que ça sonne mal, ou auteuresse si j’en ai envie ! Pendant qu’on y est, naguère on disait ‘se moquer de’ et non ‘moquer’, on disait ‘se marier avec’ et non ‘marier’. Qu’est-ce qu’on a gagné à adopter ces anglicismes paresseux ?

      • Médecin / Médecine ?
        @JLP
        Je ne supporte pas ce qui est advenu au verbe Se moquer.

        Idem pour Partager.
        Résistons…

    • J’ai appris a l’école il y a plus de 50 ans qu’en langue Française le masculin prime sur le féminin. J’aimerai juste que l’on ne tombe pas dans l’inclusif. Je ne suis en aucun cas misogyne j’aime les femme et donc le féminin.

      • Effectivement, par souci de faire simple et percutant, afin que les élèves enregistrent, c’est ce qu’on disait. En fait il s’agit d’une règle d’économie. Un mot ne peut être écrit en même temps au masculin et au féminin, sauf à rallonger ou utiliser l’impossible écriture inclusive. Le masculin pluriel étant plus court que le féminin pluriel, c’est lui qui est donc utilisé pour un pluriel incluant les deux sexes (ou les deux genres quand on parle d’objets).

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