Nantes : la cathédrale renaît, cinq ans après l’incendie provoqué par un OQTF

Coût de l'opération : 35 millions d'euros...
@Wikimedia commons
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La vie d'un prêtre et 35 millions d'euros. À l'heure de la réouverture de la cathédrale de Nantes, le week-end dernier, il est aussi l'heure de faire les comptes : voilà ce qu'aura coûté le geste de ce bénévole rwandais sous OQTF. Lorsque les portes de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul se sont refermées, le 18 juillet 2020, ce n’était pas seulement un lieu de culte meurtri par les flammes qui fermait ses portes, c’était également comme si une part de l’âme de la ville avait été arrachée à ses habitant. L’incendie, provoqué par un OQTF en colère, avait frappé au cœur l’un des symboles les plus forts du patrimoine nantais, une cathédrale gothique plusieurs fois restaurée au fil des siècles. Pour les Nantais, les fidèles et les amoureux de patrimoine, ce fut un choc brutal, mais aussi l’annonce d’un nouveau défi à relever. Pour y arriver, la route est encore longue et coûteuse, mais elle est aussi jalonnée de gestes d’experts et d’artisans qui, pierre après pierre, ont rendu la vie à ce vaisseau de pierre. La réouverture, célébrée le 27 septembre 2025, apparaît ainsi comme une victoire symbolique contre ceux qui veulent détruire notre patrimoine.

À l’origine du drame : un OQTF

Le 18 juillet 2020, en pleine nuit, la cathédrale de Nantes fut ravagée par un incendie criminel. Plusieurs départs de feu furent alors identifiés, notamment à la tribune de l’orgue et dans la nef. Après la maîtrise du brasier, l'heure était au bilan et il fut terrible : le grand orgue du XVIIe siècle était détruit, l’orgue du chœur était gravement endommagé, certains vitraux étaient pulvérisés, notamment ceux commandés par Anne de Bretagne au XVe siècle, et un tableau peint en 1836 par Hippolyte Flandrin avait été consumé par les flammes. Au-delà des œuvres, l’ensemble des installations électriques et techniques était également sévèrement touché.

L’enquête conduisit alors rapidement à un nom : Emmanuel Abayisenga, un ressortissant rwandais arrivé en France en 2012. Bénévole du diocèse, il possédait les clefs de la cathédrale et assurait parfois sa fermeture. Cependant, depuis 2019, il faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Interpellé par les forces de l'ordre, il reconnut sa responsabilité, expliquant son geste par une perte de contrôle et une colère liée à sa situation administrative.

Cependant, son parcours criminel ne s’arrête pas là. En août 2021, alors qu’il était dans l’attente de son procès et soumis à un simple contrôle judiciaire, Emmanuel Abayisenga fut hébergé à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée, par le père Olivier Maire, un prêtre missionnaire montfortain. Mais, le 9 août, il se présenta à la gendarmerie pour avouer qu’il venait de tuer l’ecclésiastique qui l’avait si charitablement accueilli. Le meurtre fut alors qualifié d’homicide volontaire et Abayisenga fut mis en examen. Condamné à quatre ans de prison ferme en 2023 pour l’incendie de la cathédrale de Nantes, son procès pour meurtre devrait se tenir au cours du premier semestre 2026, à La Roche-sur-Yon.

Le chantier de restauration

Dès l’annonce de l’incendie, le 18 juillet 2020, l’État et les autorités culturelles se sont tout de suite mobilisés. La cathédrale, propriété de l’État et classée monument historique, a été ainsi placée sous la responsabilité de la DRAC, qui a dirigé un projet de restauration d’une ampleur presque comparable à celui entrepris à Notre-Dame de Paris.

La première étape a consisté à dépolluer l’édifice. Les fumées avaient libéré des particules toxiques, notamment du plomb issu des tuyaux d’orgue et des vitraux. Chaque pierre, chaque surface ont dû être ainsi minutieusement nettoyées. Ensuite vinrent la consolidation des structures touchées, la réfection des réseaux électriques, la restauration des éléments décoratifs et des vitraux et, bien sûr, le remplacement de ce qui a été détruit. L’orgue, instrument majeur de la vie musicale de la cathédrale, a notamment fait l’objet d’une attention toute particulière, en particulier de la part de la Fondation du patrimoine. Le chantier devrait néanmoins s’achever vers 2028, avec un budget total de 35 millions d’euros. Pour l’instant, environ 21 millions d’euros ont déjà été engagés.

Un autre aspect du chantier marquant fut la réalisation de fouilles archéologiques. En effet, quitte à engager de tels travaux, autant les mener jusqu’au bout et, pourquoi pas, en profiter pour approfondir nos connaissances sur l’histoire de la cathédrale. Ainsi, sous le chœur et les fondations, les archéologues ont mis au jour des vestiges d’anciennes structures ainsi que plusieurs sépultures.

Au-delà de la joie suscitée par cette réouverture plane l’ombre d’un bilan tragique. L’Histoire retiendra qu’à la main tendue de la France et de l’Église, à leur hospitalité et à leur générosité, un homme a répondu par le feu et le sang, des conséquences qu’aucun chantier de restauration ni cérémonie d’inauguration ne pourront jamais effacer. Une fois de plus, ce sont les Français qui en paient le prix fort en raison de l’incapacité de nos politiques à faire appliquer la loi.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

32 commentaires

  1. Ceux qui définissent qu’une personne est jugée OQTF et qui ne font pas appliquer cette décision ne sont ils pas responsables ?? Ont ils la compétence ou c’est tout le système qu’il faut revoir ??

    • Absolument, c’est une faute professionnel grave et sanctionné,
      Dans une entreprise c’est la porte sans indemnisation possible.

  2. Le pyromane coule des jours heureux en prison à nos frais. À la suite de son procès, il ira faire un court séjour en psychiatrie avant d’être pris en mains par les services sociaux et entretenu avec nos impôts car tout ça c’est notre faute. Vous avez voté pour cette politique d’accueil tous azimuts.

  3. Cela apprendra aux chrétiens à accueillir n’importe parce qu’il se prétend chrétien !
    L’Eglise a aidé et hébergé cet homme, ce qu’elle n’aurait jamais dû faire, elle a été punie !

  4. Qui casse paye. Il n’a pas un rond alors prélevons le montant des ces travaux sur l’aide de la France au développement du Rwanda.

  5. J’ai regardé lundi soir en replay sur YouTube la messe de réouverture de la Cathédrale « Saint-Pierre-et-Saint-Paul » de Nantes, la clarté retrouvée est superbe, et on y sentait une grande émotion.
    Il y a pourtant un point qui aurait dû changer, où devrait changer : la qualité du chœur (chorale). Ce fut la partie la plus difficile à supporter.
    Évidemment, la Mairesse gauchiste Johanna Rolland n’était pas présente, elle s’est fait représenter. Les monuments historiques et traditions chrétiennes n’étant pas son fort, si non ça se saurait.

  6. Je reste persuadé que c’est un acte criminel. Il faudra un jour expliquer comment en si peu de temps une charpente de plus de 600 ans ait pu se consumer.

  7. C’est pas un problème. C’est les Français qui payent. Et je suis sûr que l’OQTF est toujours OQTF. S’il n’y en a pas assez, on peut aller en chercher d’autres.

  8. Dans le temps le condamné partait pour le bagne, travaillait pour rembourser une partie des dépenses qu’il avait occasionné. Finalement….

  9. Merci monsieur de Mascureau, vous l’écrivez, ne pas oublier le Père Olivier Maire et bien d’autres blessés dans leur chair, la main tendu des chrétiens est leur faiblesse et pourtant la volonté du Christ.

  10. Toute ces églises qui brûlent, toutes ces profanations m’interrogent. Et si Notre Dame de Paris n’était pas un banal accident ?

  11. c’est un accident, encore une bougie mal éteinte. par un oqtf, qui visitait cette église, sans penser à mal.? il est ou aujourdui ce oqtf ? en prison non, je crois qu’il est malade, alors on pardonne tout, pas de procés, pas de prison .. comme dab

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