[MUNICIPALES] À Toulon, les électeurs LR font tomber Laure Lavalette

« Il ne faudrait pas que le cordon sanitaire soit le tremplin de demain de Jean-Luc Mélenchon », avertit la candidate.
Laure Lavalette à son QG, le soir du 22 mars 2026
Laure Lavalette à son QG, le soir du 22 mars 2026

Au QG de Laure Lavalette, la déception est immense. Avec 47 %, la candidate du Rassemblement national échoue à faire de la ville le trophée tant espéré. Douze points d’avance au premier tour devant Josée Massi avaient créé une grande espérance. D’autant que le faible score de la liste de gauche faisait espérer un réservoir de voix limité pour le maire sortant. C’était sans compter les électeurs LR qui se sont massivement reportés sur la candidate affichée divers droite mais qui, en réalité, était une incarnation du macronisme, une candidate centriste par excellence. Josée Massi ne fut-elle pas la première adjointe d’Hubert Falco, maire condamné à l’inéligibilité, soutien fervent d’Emmanuel Macron ? N’avait-elle pas, sur sa liste, Geneviève Levy, ancienne députée LR, devenue suppléante du député Yannick Chenevard, qui siège dans le groupe EPR que préside Gabriel Attal à l’Assemblée ? « Je n’ai pas réussi à vaincre le front du rejet qui s’est levé de LR à LFI pour faire barrage au projet de proximité et d’avenir que nous avons porté pour tous les Toulonnais », regrette Laure Lavalette.

La droite LR fait barrage

La défaite est amère, pour Laure Lavalette, qui, dans sa courte prise de parole, prend soin de dénoncer « les pudeurs de gazelle des Retailleau et le mépris des Wauquiez ». Et de souligner, a contrario, la victoire d’Éric Ciotti à Nice, « symbole éclatant de cette droite intelligente, fidèle, courageuse et sans peur, une droite qui gagne parce qu’elle tend la main aux patriotes de tous les horizons » - une droite qui lui a tant fait défaut à Toulon. Avec cet avertissement fatidique : « Il ne faudrait pas que le cordon sanitaire soit le tremplin qui mènerait demain Jean-Luc Mélenchon à la présidence de la République. » Signe que l’enjeu à Toulon était symbolique, Renaud Labaye, bras droit de Marine Le Pen, était descendu soutenir la porte-parole du RN « par amitié ». Dans les rangs militants, « la déception » règne. « On aura tout donné », nous explique l’un. « Ce n’est pas normal, qu’il y ait deux tours, c’est toujours pareil », constate un autre, lassé de ces victoires au premier tour et qui tournent trop souvent en défaites au second. À Toulon, le constat est cinglant pour les patriotes : les électeurs LR se sont reportés très majoritairement sur le maire sortant. « Les bourgeois ne veulent pas de vagues », se lamente, découragé, un supporter de Laure Lavalette. Autour de la candidate défaite, des mines déconfites et des soupirs. « La droite nous a abandonnés », fustige, écœuré, un proche conseiller.

Des villes en cascade

« Le système se défend bien », analyse Frank Giletti, député du Var qui figurait sur la liste toulonnaise. Le parlementaire salue « un superbe vote d’adhésion » mais souligne l’éternel barrage « de LFI à la droite molle » qui a empêché la victoire de sa candidate. « C’est une belle soirée, néanmoins. » Si la défaite de Toulon ternit le tableau, le RN se réjouit de victoires significatives dans le Var, où il compte sept des huit députés du département. Victoire à La Seyne-sur-Mer (62.000 habitants), qui est la deuxième ville du département, à La Valette (23.000 habitants), où Julien Argento, patron de l’UDR du Var et suppléant de Laure Lavalette, l’emporte dans une triangulaire. Succès significatif à Six-Fours (36.000 habitants), où le député RN Frédéric Boccaletti, est élu dans un duel au coude-à-coude avec le maire sortant LR Jean-Sébastien Vialatte (31 ans de mandat). Victoire à Salernes et Signes (3.000 habitants) des candidats RN. Des villes qui viennent rejoindre le succès très net de David Rachline à Fréjus (60.000 habitants) ou du candidat UDR de Puget-sur-Argens (8.000 habitants), réélus dès le premier tour. Le député Philippe Schreck (RN) échoue, quant à lui, de quelques voix à Draguignan.

Au RN, on a désormais en ligne de mire les troisième et quatrième tours de ces élections municipales : la métropole toulonnaise et, en septembre, les sénatoriales.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

103 commentaires

  1. Comme à Nîmes !!!! Les français sont aveuglément cons et les LR ne sont pas de droite !!!!!!!!!!!!
    Ils sont potes avec le centre et le ps pour continuer à manger dans les bons restaurants depuis plus de 40 ans !!! J’ai de la peine pour mon pays de voir que ses habitants en train de se faire remplacer soient toujours aussi neuneus !!!

  2. On est quand même un peu désabusé en tant que simple citoyen à comprendre le mécanisme dans ces élections du 2eme tour , car quoique les partis appellent à voter pour l’un ou pour l’autre , ou bien à se désister en faveur d’un tel ou d’une telle , oui comment comprendre que des électeurs pour la plupart avisés puissent suivre béatement les appels de leur parti de coeur ou de raison , sachant bien souvent que leurs intérêts ne correspondent pas forcément à ces unions de circonstance ; en résumé si les caciques des partis exhortent à se désister pour un candidat mieux placé , alors pourquoi les électeurs sont invités à suivre ces directives. Il faudra que l’on m’explique cette attitude panurgique de l’électeur , ou bien les français sont des boeufs comme le soulignait le Général De Gaulle.

  3. Quel gâchis…. Laure Lavalette est une femme remarquable, avec des convictions fermes. Il y a bien longtemps que je ne fais plus confiance à cette droite dite républicaine (LR) toujours prête à s’allier avec la gauche.

  4. Toulon est un peu comme Marseille longtemps gérée par des voyous,se cooptant entre eux, un clientelisme important et une influence » maçonnique  » considérable…pas facile de s’y’introduire honnêtement sans etre du  » serail »

  5. Tout cela ne sent pas bon pour 2027, les LR comme d’habitude trahiront, et d’autres aussi; la gamelle avant tout.

  6. Que les élections municipales soient considérées comme démocratiques peut s’entendre, même si donner sa voix c’est la perdre.
    Mais je n’en dirai pas autant des tripatouillages d’entre deux tours que l’électeur ne maîtrise pas.

  7. En 2027 nous aurons Jean Luc Mélanchon aux portes de l’Elysée avec des Bertrand, Copé, Larcher, Retailleau, Wauquiez, Ils préfèreront le gourou « lfiste » à Marine Le Pen ou Jordan Bardella, n’en Doutez pas.

  8. Ils ont même réussi l’extraordinaire exploit de faire élire un communiste à Nîmes alors que la liste de Julien Sanchez disposait de 65 % des suffrages!!!!Ils sont trop forts les LR!
    Qu’en dites-vous Madame Vidal?Finalement,ils ont réussi à placer un homme de gauche à la place de Julien Sanchez,ce révolutionnaire trotkyste…MDR!!
    C’est du pareil au même pas vrai???Le grotesque arrive à émouvoir le chaland et inspirer les éplucheurs d’articles qui se contentent d’avaliser quelques phrases et les rendre crédibles,quand bien même elles ne sont pas véritablement compréhensibles dans un esprit idéologiquement organisé.
    Non Mesdames et Messieurs,le RN n’est pas un parti de gauche mais faire du social n’a rien de condamnable.
    Il vaut mieux prétendre que certaines idées de gauche ne sont pas répréhensibles que de d’ouvrir quelques portes de mairies à des communistes,des socialistes ou même des amis de Jean-Luc Mélenchon!
    Ai-je écrit des choses infâmes????C’est juste de la logique,rien que de la logique!!!

    • Vous aurez compris que les 65 % en question (maximum possible)concernaient le second tour si,bien sûr,les LR n’avaient pas donné les clés de la ville à un communiste.Merci.

  9. J’ai bien peur que le même scénario se joue pour l’élection en 2027. Les LR ne voulant pas de rassemblement des droites. Ils sont plus têtus que des mules.

  10. LAMENTABLE !! Attendons que la gauche et les socialistes associés aux morceaux de LR fassent ce qu’ils savent faire pour les présidentielles : rabaisser la france.

  11. Que cette grande ville ne tombe pas dans les mains de l’extrême droite et reste dans le giron de la droite républicaine est rassurant.
    Cela montre que les électeurs ne sont pas aussi idiots que beaucoup voulaient bien le croire.

    • Et selon vous, comment qualifier le fait de toujours recommencer la même chose, de la même manière, en espérant des résultats différents ? Aujourd’hui, les fachistes sont à gauche, LFI, écolos et consorts. Ouvrez les yeux !

      • A l’extrême gauche, vous avez des anarchistes révolutionnaires et à l’extrême droite des fascistes.
        Je suis d’accord avec vous que les deux sont tout aussi dangereux et qu’il nous faut les éviter.
        On se retrouve.

    • Rassurez-vous Kieslowski,il est possibe qu’en remplaçant les populations de cette ville aussi bien qu’une autre,dans peu de temps,la droite dont vous parlez n’aura plus besoin de se vendre pour installer la gauche,du PS à LFI.
      Il est crucial que vous sentiez rassuré.On parle souvent d’idiots utiles…La vraie question est de savoir pour qui?

      • Je ne parlais pas de la droite républicaine, que j’apprécie, mais bien de l’extrême droite …

      • Monsieur Kielowski,en dépit du fait que je suis votre adversaire,je vous prête une certaine intelligence.
        N’avez-vous pas compris que je faisais un peu d’ironie et que j’usais du second degré ?

    • Ou voyez vous une fasciste d’extrême droite en la personne de madame Lavalette?
      Quelle droit républicaine? moi je ne vois là que des « gamelards » qui vendraient père et mère pour garder leurs prèbendes, quitte à faire élire un stalinien comme à Nîmes. Non vraiment ce ne sont que des supplétifs des sociolo-communistes.

      • Vous êtes au courant qu’il existe des personnes de valeur entre l’extrême gauche et l’extrême droite, ou vous êtes toujours dans la caricature bipolaire ?

    • Non, on ne se retrouve pas. De l’extrême gauche à l’extrême centre, dont l’UMP, nous avons des euros-mondialistes et des traitres à la France, prêts à toutes les compromissions pour se maintenir.

    • Parlons en de la droite, vous oubliez Falco juste avant qui a été condamné pour abus bien sociaux etc . et vous estimez que Toulon est mieux dans les mains d une collègue de 75 ans de Falco et non dans les mains d une RN qui n a jamais eu un mandat. A choisir, il n y a pas photo entre une Biden et une Madona comme dirait L Lavalette.

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