Même en Suisse, les mouvements pro-palestiniens se radicalisent

Une nouvelle manifestation violente et non autorisée s'est tenue samedi dans les rues de Berne.
Capture d'écran X
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Près de 2.000 personnes - 3.000, selon les organisateurs - se sont réunies à Berne, ce samedi 24 mai 2025, lors d'une manifestation pro-palestinienne qui a dégénéré. Avec des slogans comme « Libérez la Palestine » et « Suisse, tu ne peux pas te cacher », les manifestants ont défilé dans la capitale fédérale, lançant des engins pyrotechniques et divers projectiles contre les forces de l'ordre.

Avec ce mot d'ordre : « Il est temps de mettre notre État complice face à ses responsabilités », les organisateurs de ces émeutes s'en prennent directement au gouvernement suisse et dénoncent la « fausse » neutralité du pays dans le conflit israélo-palestinien. Quelle est donc la position officielle de la Suisse, dans cette guerre ? La Confédération suisse annonce que « la Suisse est convaincue que seule une solution à deux États, négociée par les deux parties, conformément au droit international et aux paramètres convenus au niveau international, y compris les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, peut conduire à une paix durable entre Israéliens et Palestiniens ».

Il semblerait que la manifestation se dirigeait dangereusement vers une synagogue qui se trouvait sur leur circuit. Cette dernière information a été démentie par un manifestant qui affirme à BV que la synagogue se trouvait par hasard sur leur chemin, qui comprenait également le palais fédéral, la gare et l’ambassade des États-Unis.

Ni la première manifestation, ni la dernière

Cette manifestation n’est pas isolée. Ce mois-ci, une première mobilisation, organisée par BDS Genève (Boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël jusqu'à la fin de l'apartheid), avait ouvert le bal le 17 mai 2025, à Genève, en faveur du peuple palestinien. Elle avait réuni plus de 2.500 personnes et marquait les 77 ans de la Nakba (la « Catastrophe », en arabe), c’est-à-dire l'exode des Palestiniens en 1948, lors de la création de l'État d'Israël. Les manifestants avaient entonné ce rap engagé : « Nakba, j'aimerais parler de toi, comme si c'était passé, comme si on n'avait plus besoin de résister. »

« La Suisse ressemble actuellement à une zone de guerre », alerte Jean Messiha, sur X. Le haut fonctionnaire compare cet épisode, qui a beaucoup marqué les esprits suisses, à une Nuit de cristal qui serait « aussi improvisée que violente ». Pour mémoire, survenue dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, la Nuit de cristal fut un pogrom massif organisé par le régime nazi contre les Juifs en Allemagne et en Autriche. Une réelle inquiétude, également, pour l’avocat et président de la communauté de Lausanne Élie Elkaim qui constatait, sur i24NEWS Français, que « les mouvements pro-palestiniens se sont radicalisés, même en Suisse. C’est le point culminant d’une situation qu’on connaît depuis le 7 octobre. »

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Marie Vallette
Etudiante en philosophie, stagiaire à la rédaction

Vos commentaires

32 commentaires

  1. On ne peut nier le danger de cette évolution mais elle a pris cette ampleur à cause de la politique génocidaire de Netanyahou et de ses complices. Les réservistes de l’armée israélienne commencent eux-mêmes à se révolter.

  2.  » Manifestation NON AUTORISEE » dit le compte rendu …
    Quelle fut donc la réaction des pouvoirs publics ?????

  3. Nakba en arabe, c’est l’équivalent de Shoah en hébreu, curieux, nous n’avons pas d’équivalent en français, « terreur », par exemple, pour caractériser les massacres de 1793 ? Ça n’a quand même pas la même charge émotionnelle et sidérante !
    Quoi qu’il en soit qui peut nier qu’il y ait massacre systématique des habitants à Gaza ?

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