Macron repousse dissolution et démission. Pour le moment…

Mais alors, qui, pour Matignon ? Darmanin ou le PS pour un « tournant social » ? La dette peut grossir tranquille...
Capture d'écran YT Présidence de la République
Capture d'écran YT Présidence de la République

Parlant de sa dissolution, Emmanuel Macron avait déclaré, bravache : « Je leur ai balancé une grenade dégoupillée dans les jambes. » Cette fois-ci, il a laissé son « ami » Bayrou lancer la grenade, avec cette session extraordinaire et ce vote de confiance tout aussi hasardeux. Ce vendredi soir - preuve que l'onde de choc d'une nouvelle crise institutionnelle remonte jusqu'à lui -, il a déclaré, depuis Toulon, en plein sommet avec le chancelier allemand, qu’il entend « exercer jusqu’à son terme » le « mandat qui [lui] a été confié par les Français ». Comme si cela n'allait plus vraiment de soi... Il a également écarté l'hypothèse d'une nouvelle dissolution, la qualifiant de « politique-fiction ». C'est de bonne guerre, comme avant toute élection, de laisser se dérouler la fin de campagne. Car c'en est une, que mène François Bayrou, avant ce vote du 8 septembre, se démultipliant dans les foires, comme à Châlons-en-Champagne, ce vendredi, ou dans les médias, où il monopolisera les quatre chaînes d'info continue dimanche. Du jamais-vu. Mais voilà, pour tous les observateurs qui évoquent le 8 septembre, il n'est plus question que de « l'après-Bayrou »...

Le défi de Bayrou ? « Pas insurmontable »

Emmanuel Macron a estimé, ce vendredi à Toulon, que son Premier ministre affrontait « un défi qui n'est pas insurmontable ». Il devait parler autant du vote de confiance que du budget. Mais voilà, l'arithmétique est têtue : l'addition des voix de la gauche, du RN et de son allié UDR, qui ont dit qu'ils ne voteraient pas la confiance a déjà scellé le sort de Bayrou. Son impopularité abyssale, ses accusations maladroites contre les boomers et sa coresponsabilité dans cette montagne de la dette, en tant que boomer au pouvoir, ou tout du moins en soutien très souvent du pouvoir durant ces quarante dernières années, interdisent tout miracle. Et même s'il avait lieu, un vote de confiance ne garantirait pas le vote du budget et n'exclurait pas la censure dans quelques semaines.

Qui, pour sauver les derniers mois de Macron ? Darmanin et le PS !

La question de l'après-Bayrou se pose donc sérieusement. Et, d'abord, pour ce Président qui se refuse à envisager la dissolution et sa démission. Sa recherche d'un nouveau fusible avait d'ailleurs déjà commencé bien avant le coup du vote de confiance, dès cet été, à Brégançon, avec l'hypothèse Darmanin. Elle commence à prendre quelque consistance dans les médias : Darmanin incarnerait un « tournant social » susceptible de rallier le PS, croit savoir Guillaume Tabard, du Figaro. Quant au PS, qui a claironné par la voix d'Olivier Faure « Nous sommes la solution ! », il serait prêt à se rallier au « socle commun » : « Pour l’après-Bayrou, le bloc de gauche, hors LFI, doit nouer un accord de non-censure avec le socle commun », selon l'ambitieux maire PS de Saint-Ouen Karim Bouamrane. On voit le calcul : Macron reviendrait à ses premières amours, et le PS au centre du jeu. Et la dette ? Envolée ! Et avec quelle majorité ? On voit mal Retailleau soutenir ces docteurs Folamour en roue libre vers la faillite. Et d'ailleurs, l'opération Darmanin avait pour objectif de l'évincer. Et puis, il y a toujours l'arithmétique : j'ajoute 66 PS et je retranche 49 LR, cela ne fait toujours pas cette majorité introuvable. Même si le rêve de Macron, exprimé à Toulon, est de réaliser une coalition à l'allemande.

Dissolution et démission sont dans l'air. Et ce n'est que le début

L'hypothèse d'une dissolution n'est donc pas de la politique-fiction, comme l'affirme Macron, mais une nécessité qui pourrait bien s'imposer à lui. De plus, elle est souhaitée par deux Français sur trois, selon un sondage IFOP. Et enfin, elle se fraie un chemin jusque chez les caciques macronistes : elle est jugée « assez inéluctable » par Édouard Philippe en cas de « blocage persistant ». Et même Gérald Darmanin l'a évoquée cette semaine. Macron sera contraint d'agir vite : plus de trêve olympique, plus d'interminables consultations, plus de joker à la Barnier-Bayrou. Bayrou l'a dit : il y a urgence... Le temps joue contre Macron. Et les Français aussi. La dissolution s'est imposée dans les esprits et sa propre démission, déjà évoquée par des personnalités comme Hervé Morin, en juin, et Jean-François Copé, cette semaine, fait aussi son chemin. À décider la première trop tard, il s'expose à ce que la seconde soit perçue comme la seule issue possible.

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

92 commentaires

  1. La république socialiste française, l’état providence qui fabrique de l’assistanat planétaire, était depuis un moment à bout de souffle, et Macron , qui rate tout ce qu’il entreprend, cette fois a réussi à effondrer le système ; le socialisme, ça ne fonctionne pas …

  2. Un de ces jours nous connaitrons les nouvelles notations de Moody’s et de leus confrères. Il serait très étonnant que la catastrophe française ne soit pas sévèrement sanctionnée. Si cela se confirmait comment Monsieur Macron pourrait-il se maintenir comme si rien ne se passait ? Patience, c’est pour bientôt.

  3. « Ce Président qui se refuse à envisager la dissolution et sa démission » est un menteur patenté, donc on n’y échappera pas.

  4. Sauf son départ, aucun changement, notre pays continue sa chute dans l’abime à son plus grand plaisir. Trop de pouvoir ont été octroyés au Président.

    • Je fais rien pour mon pays, je dis aux hôpitaux de se préparer à recevoir les blessés de la prochaine guerre mondiale pour laquelle je fais le maximum pour qu’elle se déclare, de façon a enfin avoir tout seul les pleins pouvoirs !! et en plus on me laisse faire !!! personne pour m’incriminer dans les 1300 milliards de dette que j’ai négéreusement distribués,sans aucun contrôle, pour faire plaisir à mes copains LFI et leurs électeurs !!!Vous savez les benêts qui se sont désistés au 2ième tour des législatives pour que j’ai plus de députés !!!

  5. Il ne démissionnera jamais , qu’on se le dise !!!
    Pour la dissolution je ne sais pas, c’est sur qu’il serait perdant mais bon …..
    On connait ses prozets pour après , à moins qu’il ne déclenche l’article 16 vu qu’il tient à SA guerre avec enfin contre Poutine, et vous savez pourquoi ?
    Des avoirs russes furent bloqués au début de la guerre et bizarrement pas mal de milliards ont disparus, et donc si guerre finie avec l’Ukraine il faudrait rendre une quarantaine de milliards , donc on comprend mieux sans compter son humiliation à Moscou

  6. Le président Macron est un Grand Homme. L’histoire mondiale a amplement démontré l’existence de ces « Grands Hommes » dont l’égo démesuré a été une catastrophe pour les populations.
    Il devient urgent, démocratiquement parlant, de réduire les pouvoirs du Président de la République Française. Aucun engagement militaire en terres étrangères, direct ou indirect, ne doit être possible sans un référendum. Pas seulement un vote aux Assemblées. Il semble que le Danemark ait une telle disposition dans sa constitution.
    La Suisse a résolu ce problème en se proclamant neutre.
    Neutre la France ? L’Ogre Macron en mourrait d’ennui ; il partirait se faire « élire » en Russie.

    • La solution idéale pour la France serait que ce président fantoche termine sa carrière comme un président américain dans les années 1960…

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