[LIVRE] Une République « pas très catholique »
Inspecteur des finances ayant fréquenté les couloirs ministériels, Jérôme Fehrenbach n’en a pas tiré un jugement très positif. L’état des lieux qu’il nous livre dans La République épuisée (Éditions l’Artilleur) est celle d’un amant déçu. D’un amant tout de même sans doute, puisqu’il prend soin, à plusieurs reprises, de nous rappeler qu’il n’est pas antirépublicain. Parfois, pourtant, au fil de pages souvent assassines à l’endroit de l’institution, on comprend qu'il ait pu être déçu, après avoir été séduit par les promesses d’un triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité » dont il nous explique qu’il ne reste que de vagues élans mystiques et quelques promesses jamais vraiment tenues.
Ces mythes qui sonnent creux
L’auteur a vécu dans le sérail. Il a vu fonctionner (de plus en plus mal, à le lire) la machinerie républicaine. Et son livre montre qu’à la différence de bien d’autres serviteurs du système, il a su prendre la distance nécessaire pour constater le décalage chaque jour grandissant entre ses promesses et la réalité.
Il s’attaque à ces grands mythes qui sonnent creux dès qu’on les ausculte sérieusement. Celui d’une République apportant les lumières démocratiques à un peuple trop longtemps condamné à errer dans la nuit monarchique. Celui, aussi, d’une République qui aurait inventé l’instruction publique, fable risible aux yeux de tout historien honnête. Et cet autre, encore, d’une République « pacifiante », ne sachant pourtant que régler dans des bains de sang les divisions qu’elle a elle-même suscitées. Sans parler de la « République résistante », mythe bien utile mais ne « résistant » justement pas longtemps à l’examen du parcours de ses élites dans les années 1940…
Jérôme Fehrenbach est un chrétien revendiqué et il a pris soin d’ajouter au titre de son ouvrage la mention « Le retour nécessaire des vertus chrétiennes » en sous-titre. Nécessaire, en effet, au vu du bilan républicain qu’il nous propose. Crise morale, sphère publique dysfonctionnelle, pacte social dévasté, vide de l’idée républicaine… Dans ce triste cimetière dont il nous livre la longue liste des cadavres ne subsisterait, pour seul acquis, que « la sécularisation de la société et des esprits ».
Étonnamment, la laïcité serait, selon lui, « l’unique valeur républicaine admise sans équivoque ». Admise ? Par une partie sans doute, mais le « sans équivoque » paraît tout de même bien optimiste. Il reste un gouffre entre la conception originelle de la laïcité, invention chrétienne, et le laïcisme républicain, machine de guerre idéologique dirigée contre le catholicisme.
Une République catholique ?
Et que dire de la montée en puissance - immigration massive oblige - d’un islam aux yeux duquel la laïcité chrétienne ou le laïcisme révolutionnaire n’ont par principe aucun sens ? Immigration et islam sur lesquels Jérôme Fehrenbach ne s’étend guère, et c’est bien dommage. Car le succès de l’islam chez nous aujourd’hui – les enquêtes d’opinion s’accordent à le dire - est en grande partie dû aux valeurs et principes forts que l’islam véhicule, auprès de populations en quête de repères, qu’ils soient nouveaux arrivants ou descendants d’immigrés. Valeurs et principes dont l’auteur montre pourtant bien, justement, qu’elles sont factices quand elles ne sont pas totalement inexistantes dans notre République.
Et sur ce point, la volonté chez Jérôme Fehrenbach de voir le christianisme influencer à nouveau la politique française est en effet un réflexe bienvenu, et même salvateur. Encore faut-il éviter toute naïveté, autant sur la persévérante malveillance des divers milieux anticatholiques, souvent très bien implantés au sein de l’appareil républicain, que sur la voie laissée libre à la frange conquérante de l’islam (le frérisme, notamment) ainsi qu’à ses idiots utiles.
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18 commentaires
Est-il permis de considérer qu’il est difficile d’avoir un avenir commun avec un peuple dont trop de personnes ne partagent pas le passé commun (les immigrés non européens) sans pour autant consédérer l’Immigré en tatn que tel comme l’Ennemi, ce dernier n’étant pas en général plus malhonnête ou diabolique que l’autochtone, et que notre pire ennemi, avant l’Immigré musulman c’est le responsable dit « républicain » qui incite l’immigra à mal se conduire par ses lois perverses, ses juges aux ordres, ses militants de gauche payés d’argent public pour subordonner le contribuable qui le nourrit ?
Avant l’Islam, notre pire ennemi c’est la gauche ….qui s’auto décoirt comme la République et prétend que la France ce serait l’extrême droite.
Jérôme F ne cache pas ses options chrétiennes et d’ailleur le sous-titre de son livre dit tout de lui !
L’adversaire, pour lui, c’est bien sûr l’Islam, puisque c’est une religion concurrente à la sienne … Ceci dit, il se méfie de la République, ce n’est pas son régime préféré et il en critique la devise, un peu bêtement quand on sait fort bien que Liberté, Egalité, Fraternité sont des idéaux suggérés mais inaténiables, disons que ce
sont des phares, sans plus. Et quand je lis : la laïcité, invention chrétienne, les bras m’en tombent !
Rectificatif : inatteints (inatteiniable n’existe pas)
C’est quand même dommage d’avoir deux princes prétendants et de ne pas songer à une restauration monarchique… Après tout, de Gaulle le disait: »je suis monarchiste, la république n’est pas le régime qu’il faut pour la France, mais les Français y sont tellement attachés… »
SVP, pouvez-vous dire dans quel texte vous avez trouvé cet extrait que vous citez ? Merci !
« Succès de l’Islam…grâce aux principes qu’il véhicule ». Vraiment ? De la crédibilité des sondages…Avec un panel de musulmans « radicalisés » bien évidemment. Mais cela reflète t il le sentiment de la majorité des musulmans qui ont immigré en France ? Qu’ils soient musulmans ne veut pas dire qu’ils sont pour la charia, le voile etc…
Les cathos on en a aussi un peu ras le bol. Ils récoltent ce qu’ils ont semé. Le pardon ça va un temps. Moi je suis pour la loi du talion.
Et si l’on parlait de la connivence tolerante d’une bonne partie des ouailles catholiques envers tout ce qui peut la detruire ? Un sondage paru dans La Croix revelait il y a 20 ans que 47 % de ses lecteurs ou abonnes ne croyaient pas a une vie apres la mort …! Un tel resultat aurait du entrainer la demission collective de sa bande de plumitifs si ces gens avaient le sens de l’honneur ou du ridicule ( au choix ) .
Ce livre prouve que l’elite catholique est incapable de s’extraire du discours de son pire ennemi . Ne pas comprendre quel fut le but ultime des franc-macons en creant cette structure politique est affligeant . Nos drnieres municipales devraient meme nous inciter a revoir toutes les regles de fonctionnement de la democratie .
Oui
La Croix ce n’est pas parole d’Evangile. Sa diffusion parmi les « Cathos » est très limitée.
Je ne pense pas que La Croix soit un journal complètement,réellement catho . Dommage pour ceux qui ne croient pas à une vie différente après la mort ,physique , morale . En revanche croire à la réincarnation semble de plus en plus évident ,en effet il n’est pas possible pour nombre de dirigeants et décideurs de devenir aussi c..s , idiots ou débiles en une seule vie
Alain Proviste
La réincarnation partielle et aléatoire? Pour ma part, sans doute après une crémation, les atomes présumés immortels me composant vont s’éparpiller vers diverses formes de vie, et, certains feront des rencontres avec des semblables qui leur raconteront avoir vécu jadis dans les corps de Jules César ou de Napoléon; pour les croyants par contre, une fois arrivés aux portes du Paradis en étant rassurés d’avoir échappé au pire, vont se retrouver dans une ambiance calme, claire, sans bruit, sans dispute, sans guerre, sans éclats, tout rose tout bleu, bref, sans passion aucune, ennuyeuse quoi; et l’ennui éternel ce doit être un enfer.
A qui veut régénérer une société en décadence on prescript avec raison de la ramener à ses origines !
(Pape Léon XIII)
Excellent ! Merci pour cette belle citation .. Ce Leon visiblement n’etait pas un anti-pape.
La République n’est pas épuisée, mais muselée, entravée, trahie.
Déjà, si elle n’était pas anti-catho, ce serait pas mal !
La République n’a pas à être ni pro, ni anti catho, elle n’a pas à se prononcer sur une croyance
qui est une option personnelle et non officielle … Domaine privé !
anecdotique : je lisais « la Révolution », par Mgr De Ségur ! il y a des points qui se rejoignent ….