[LIVRE] Plongez dans le grand livre de la littérature de plage !

Une anthologie insolite des écrits balnéaires, à dévorer cet été sous un parasol rayé...
@Labreigne-Unsplash
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De la côte d’Azur à la côte d’Opale, au bord de l’Atlantique ou sur les rives ensoleillées de la Méditerranée, il est un point commun à ces écrits balnéaires : savourer le plaisir d'un moment au bord de mer. Cette anthologie, sélectionnée pour la cinquième édition du Prix du livre de plage des Sables-d'Olonne, vous fera voyager de Cabourg à Étretat, Marseille à Saint-Tropez, Arcachon, Biarritz, Noirmoutier ou Ars-en-Ré, sans oublier Lège-Cap Ferret, Quimper, Royan, mais aussi Saint-Gilles-Croix-de-Vie ou Calvi...

Au fil des pages, appréciez la diversité des saisons et des paysages. Souvenirs d’enfance, réminiscences, carnets de voyage, ce Grand Livre de la littérature de plage fait cohabiter des auteurs célèbres (Maupassant, Flaubert, Duras, Proust, etc.) et des illustres inconnus. Romans et nouvelles côtoient des cartes postales, lettres, poèmes ou chroniques journalistiques. L’auteur de cette anthologie balnéaire, Jean-Christophe Napias, décrit son œuvre comme un ensemble « un rien disparate » qui présente « de faux airs de cabinet de curiosités ». Mais, abonde-t-il en avant-propos, « si l’on prend un peu de recul, on distingue une mosaïque, une grande fresque pointilliste qui, l’air de rien, raconte une histoire : celle des plages - dans notre société, dans la littérature et dans nos imaginaires ».

Cabines de plage, méduses et serviettes mouillées

Si la mer ressource et vivifie incontestablement le résident comme le passant, la grande bleue offre aussi, parfois, son lot de méduses au corps gélatineux et de rochers dangereux. Rivages périlleux, corsaires mystérieux, elle ne cesse d’inspirer les auteurs qui nous conduisent dans leur chasse au trésor, par-delà les angoisses mortelles ou les flots éternels. Pas de souvenirs à la mer sans expérience culinaire : goûtez au barbecue de Michel Houellebecq et à la bouillabaisse d’Émile Zola. Parcourez les côtes en char à voile ou entrez dans l’eau en riant, affrontez la furie des vagues et répondez à la grande salutation des lames.

Ce livre vous plongera dans ces heures d’éternité, entre une cabine de plage et un parasol rayé, celles que l'on attend toute l'année impatiemment comme une invitation à laisser des traces sur le sable mouillé, respirer un grand bol d'air iodé ou goûter du bout des lèvres quelques gouttes d'eau salée.

Souriez avec Philippe Delerm rappelant, de sa plume délicieuse, combien ce n’est « pas si facile, de lire sur la plage. Allongé sur le dos, c’est presque impossible. Le soleil éblouit, il faut tenir à bout de bras le livre au-dessus de son visage. C’est bon quelques minutes, et puis on se retourne. » Partez au bout du monde avec Clemenceau, dont la marche tout droit du Tigre est arrêtée par l’océan, ce « grand flot vert, frangé de mousse blanche, que le courant chaud nous envoie des Antilles pour se pâmer tout en écumant de plaisir sur le sable d’or d’une grève sans fin ». Séjournez avec Hugo à « l’hôtel du Lavandou [qui] s’ouvrait sur une vaste baie dont l’eau bleue au large, tournait au vert en s’approchant du rivage ». Relisez cet arrêté municipal de 1932 qui défend formellement « de se baigner et de stationner sur toutes les plages de la commune de Noirmoutier sans un maillot de bain complet, en étoffe non transparente et ne présentant sur la poitrine et dans le dos que des échancrures modérées ». Observez, avec Queneau, ceux qui « n'ont plus leur raison [qui] se rôtissent ainsi comme animaux à la broche. C'est un vrai enfer, ici : rouges comme des démons et noirs comme du charbon. Et encore ils se mettent de l'huile tout partout : pourquoi pas du sel et du poivre et un peu de vinaigre, pendant qu'ils y sont ? »

Un recueil de textes qu’à la manière d’un amateur de beaux coquillages, Napias a cherchés, rassemblés, collectionnés jusqu’à nous présenter ces lignes, qui se dévorent dans le hamac d'un jardin ombragé ou en plein soleil, assis ou allongé - tant bien que mal- sur l'épais tissu éponge d'une serviette un peu mouillée, avec quelques grains de sable qui viennent vous chatouiller les pieds.

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Iris Bridier
Journaliste

Vos commentaires

2 commentaires

  1. Votre description, Iris, rend le livre fort tentant.
    Et je suis de ceux qui « résistent à tout sauf à la tentation ».
    Alors…

Commentaires fermés.

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