« Les commerçants grenoblois se révoltent contre un maire qui les asphyxie »
Depuis plusieurs jours, le maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle, fait face à une véritable révolte des commerçants de sa ville, qui estiment que sa politique urbaine les ruine. En cause, notamment, les difficultés de stationnement évoquées par BV, récemment. L'ancien ministre et ancien maire de Grenoble Alain Carignon, aujourd'hui chef de file de l'opposition au sein du conseil municipal, nous livre sa réaction sur cette affaire.
Étienne Lombard. Quelles sont les motifs de la révolte des commerçants grenoblois contre le maire de la ville ?
Alain Carignon. Depuis une dizaine d'années, il y a un cumul de mesures de la ville qui a abouti à l'asphyxie de la métropole en termes de déplacement, d'attractivité, de propriété et de sécurité, qui font que les commerces baissent leur rideau. Nous sommes a minima à un taux 12 % de vacance commerciale, dans Grenoble, c'est-à-dire le chiffre le plus élevé de toutes les grandes villes de France. Et il y a donc une révolte parce que la municipalité est totalement dogmatique et refuse d'adapter, de corriger, de faire des compromis qui permettraient de prendre en compte l'activité commerciale et les attentes des professions libérales et artisanales.
Comme vous le voyez, à Grenoble, les derniers habitants, les derniers commerçants, ceux qui n’ont pas encore fui ou fermé boutique, tentent le tout pour le tout pour stopper la folie rouge-verte. Ce mélange toxique de socialisme idéologique et d’écologie dogmatique détruit… pic.twitter.com/0zFvbLwhSC
— ChienSurpris (@ChienSurpris) May 21, 2025
É. L. Et parmi les mesures que demandent les commerçants, quelles sont celles qui ressortent particulièrement ?
A. C. En fait, c'est de faire en sorte qu’il puisse y avoir une cohabitation entre les modes de déplacement, c'est-à-dire que ça ne doit pas être exclusivement le vélo, par exemple. Ils veulent que cesse la suppression systématique du stationnement. On est à 1.600 places supprimées et le stationnement est devenu un calvaire. Or, il y a des personnes qui sont dépendantes de la voiture, des habitants à mobilité réduite ou âgées qui ne peuvent plus accéder à leur domicile, ou dans des conditions très difficiles. Et il y a aussi des consommateurs qui ne peuvent plus se garer pour accéder aux commerces.
Les commerçants grenoblois réclament donc des compromis sur ces sujets. Ils comprennent très bien la situation, et ne demandent pas que l’on permette à la voiture de s’approprier tout l’espace, mais que l’on reconnaisse qu’elle est un moyen d'accès et de mobilité qui doit être pris en compte.
É. L. Avez-vous pris des initiatives sur ces sujets, en conseil municipal ?
A. C. Bien sûr. La municipalité a décidé de supprimer un parking relais de 400 places, à l'entrée de la ville. Au départ, sa contenance était de 1.100 places. Par la suite, elle a été réduite à 600 puis à 400 places. Et la municipalité décide maintenant de passer à zéro. Pourtant, construit à l'entrée nord de la ville, ce parking permet de déposer sa voiture puis d’accéder au centre-ville via les transports en commun grâce aux arrêts de trams situés à proximité. La suppression de ce parking aboutit au fait que de nombreux travailleurs et consommateurs, qui se garaient là jusqu’à présent pour ensuite pénétrer dans la ville, ne le pourront plus. Nous avons donc déposé un amendement, ce lundi 19 mai, qui disait : « Si vous réaménagez ce secteur, introduisez la présence d'un parking silo végétalisé, qui permettrait de sauvegarder cet outil utile au service des Grenoblois. » Notre amendement a évidemment été rejeté, comme la totalité des amendements que nous avons déposés depuis cinq ans.
É. L. Dans la perspective des élections municipales de l'an prochain, comptez-vous présenter des mesures concernant les commerçants, et si oui, quelles en sont les grandes lignes ?
A. C. Ce que nous proposerons, c'est de rétablir une cohabitation entre les modes de déplacement qui soit respectueuse de chacun avec, pour objectif, une ville apaisée, protectrice de la qualité de l'air, mais qui permette de prendre en compte le rôle du centre de la métropole de la ville de Grenoble, parce qu'en vérité, on est en train de supprimer ce centre. Et j’ajoute que le président du collectif des commerçants, Olivier Curto, qui conduit la lutte actuelle, a rejoint mon équipe et travaille officiellement avec moi sur ce dossier.
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44 commentaires
Alors.sau plus simple fermons grenoble
J’ai déjà entendu ce discours des commerçants mécontents, avant les municipales de 2020. Piolle a été réélu avec près de 60 % d’abstention. Ce n’est pas le tout, de manifester, il faut aller voter, et pas aller randonner en montagne, en ce beau dimanche électoral. Sinon, on se retrouve avec le maire que l’on mérite.
Les écolos ne sont pas du tout écolos, ils font venir des tas de choses de Chine et polluent toute la planète au lieu de sauvegarder ce qui est francais et de laisser vivre les gens normalement.
70% des communes françaises sont concernées par cette guerre menée par les écolos , contre l’automobile. Même des communes de moins de 3000 hab suppriment les places de stationnement au profit d’espaces piétonniers , qui sont déserts . Les Verts sont vraiment nuls en gestion commerciale.
Mais non, ils ne sont pas nuls, ils sont prisonniers de leur idéologie!
S’installer dans une ville gauchiste c’est s’exposer au pire , après quand on est déjà installé et qu’un maire gauchiste est élu , c’est la cata ! Après ils vont voté pour qui ces braves commerçants ? Dans toutes villes « vertes » c’est le même scénario
ces commercants avaient pourtant glisses mine de rien leurs votes verts