Leasing social pour voitures électriques : 50.000 cadeaux financés par Nicolas

Quelques milliers de chanceux, mais des dégâts collatéraux, avec cette opération de propagande verte.
@chuttersnap/unsplash
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Depuis le 30 septembre, un « leasing social » est, à nouveau, proposé pour la location longue durée d’un véhicule électrique. C’est en janvier 2024 qu’était apparue pour la première fois cette aide, très avantageuse pour quelques milliers de bénéficiaires, mais qui interroge cependant autant sur sa finalité que sur son financement.

50.000 voitures électriques à loyer cassé

Mais en quoi consiste donc cette offre, proposée par le ministère de l’Écologie, dirigée par le ministre démissionnaire Agnès Pannier-Runacher, paravent écologiste de gauche d’Emmanuel Macron, lequel s’est chargé d’en assurer la promotion sur X ? Le principe du leasing social repose sur une aide, d’un montant pouvant atteindre au maximum 7.000 euros, pour la location longue durée d’un modèle électrique.

Soumis à une obligation de domiciliation en France et à un besoin de mobilité pour se rendre au travail (à une distance de 15 kilomètres minimum) ou pour des déplacement professionnels (plus de 8.000 kilomètres par an), ce contrat est par ailleurs accordé sous condition de ressources : un maximum de 16.300 euros de revenu fiscal annuel par part. Un simulateur a été mis en ligne pour que les candidats puissent vérifier leur éligibilité au dispositif.

Limité à un choix de voitures de type urbain ou populaire, le dispositif réduit le loyer mensuel proposé d’ordinaire par les constructeurs concernés, lequel commence légèrement en dessous des 140 euros, pour plafonner à 200 euros, selon la valeur du modèle choisi. Le site du ministère précise que « chaque loueur devra proposer au moins 20 % des véhicules mis en location à moins de 140 euros par mois parmi sa sélection initiale de véhicules ». Cette offre est « hors prestations optionnelles » et n’inclut pas les frais complémentaires comme l’entretien, les accessoires et prestations optionnelles ou encore l’assurance.

D’une durée d’au moins trois ans, avec ou sans option d’achat, le contrat peut être résilié sans frais par le candidat en cas de non-livraison du véhicule dans les 14 jours ou « en cas de décès, d’invalidité, de perte d’emploi ou tout autre cas de force majeure ».

Un dispositif bien « survendu »

Ce que ne précise pas l’explicatif proposé sur son site par Agnès Pannier-Runacher, c’est le risque économique inhérent à une location longue durée, en cas de renoncement à l’option d’achat. Le véhicule n’appartenant pas à celui qui l’a loué, il fait lors de sa restitution l’objet d’une inspection minutieuse, sur le même principe que l'état des lieux de sortie d’un logement en fin de contrat. « Attention aux mauvaises surprises, alerte utilement BFM TV/RMC, puisque quand on rend la voiture au bout de trois-quatre ans, il peut y avoir des frais de restitution s’il y a des rayures, par exemple, un siège taché, un sol abîmé… Ça peut chiffrer vite et c’est la personne qui a pris le leasing qui va payer. »

L’argumentaire du ministère de l’Écologie survend, de fait, certains avantages présumés de son leasing social 2025. Dire « je limite mes imprévus de budget automobile » est pour le moins optimiste, quand on sait que les cas de surcoût pour frais de remise en état à la restitution sont très fréquents. Tellement fréquents et coûteux que de nombreuses sociétés se sont spécialisées dans la remise en état préalable au contrôle de fin de contrat, et dont le principe est que ce sera toujours moins cher que la note que présentera, sinon, le loueur. Visiblement d’un tempérament joueur, le rédacteur de l’argumentaire le promet : « Je ne consomme plus de carburant. » Façon de parler, bien évidemment, puisque le véhicule va, en revanche, se montrer gourmand en kilowattheures. Notre rédacteur évite aussi de gâcher la fête avec des détails qui fâchent. « Je participe à la transition écologique », lâche-t-il ainsi, afin de conforter le candidat dans l’idée qu’il fait du bien à la planète. Allez, on oublie les petits Africains qui s’abîment la santé à extraire du cobalt pour un malheureux dollar quotidien, dans des conditions épouvantables…

Enfin, le leasing social, c’est le paradis du risque zéro ! Pensez donc, « je n’ai pas à m’occuper de la revente de ma voiture ni à m’inquiéter de la décote ». Non, en effet, pour la bonne raison que tout est déjà compris dans le loyer, lequel est payé en majeure partie par l’heureux candidat. Et pour le reste, eh bien, « c’est Nicolas qui paie ! » Évidemment, parce que ce leasing social est une aide financée par les impôts de tous ceux qui en payent.

Petits mensonges et gros oublis

Petit rappel, utile, à tous ceux qui pensent qu’en location automobile comme sur Internet, « tout est gratuit ». Sauf qu’ici, aussi, le scribe du ministère de l’Écologie se garde bien de préciser que « quand c’est gratuit, c’est toi, le produit ». Car ce leasing social, les 50.000 bénéficiaires qui vont se l’arracher sont autant de figurants publicitaires, de jolies danseuses que s’offrent Emmanuel Macron et Agnès Pannier-Runacher, aux frais du contribuable Nicolas, pour la modique somme de 370 millions d’euros. En ces temps de disette budgétaire, il n’y a pas de petits plaisirs.

Belle opération de propagande, en tout cas, mais qui omet aussi de divulguer quelques autres détails : les loyers sont plus chers que l’an passé, car l’aide est passée de 13.000 à 7.000 euros. Par ailleurs, 5.000 véhicules sont réservés en priorité aux habitants ou travailleurs des zones à faibles émissions (ZFE). Vous savez, ces ZFE qui ont été abolies il y a quelques mois, mais qui existent tout de même encore avant l’achèvement du parcours parlementaire…

Enfin, les 50.000 voitures du leasing social ne suffiront pas à sauver l’usine Stellantis de Poissy (Yvelines) du chômage partiel prévu en octobre et novembre prochains. Le leasing social 2025, comme celui de 2024, ne manquera pas de relancer les ventes de voitures électriques. Mais comme l’an passé, ce ne devrait être que temporaire, sur un marché de l’électrique en recul de 6,4 % des livraisons au premier semestre 2025. La propagande idéologique est une chose, la réalité économique en est une autre.

Vos commentaires

29 commentaires

  1. La vente de voitures électriques en France repose sur un vol étatique . Les rares acheteurs de ces véhicules sont aidés par des citoyens Nicolas qui , contre leur plein gré voient l’argent de leurs impôts soutenir la fable élyséenne du c’est bon pour le pouvoir d’achat , pour nos usines et nos 6 millions de chômeurs .

  2. A part quelques bobos parisiens qui n’ont pas de voiture, les Français ne veulent pas entendre parler de ces voitures électriques qui sont une vaste arnaque, coulent tout notre secteur automobile, et ne profitent qu’aux Chinois avec leurs BYD que personne ne sait réparer en cas de panne !

    • Et le plus scandaleux c’est que tous les constructeurs européens sont complices de cette arnaque. Tous, sans exceptions, ont modifié leurs modèles pour qu’ils tombent en pannes « avant l’âge » et de proposer des tarifs de réparations prohibitifs pour pousser les propriétaires à changer leurs véhicules vers l’électrique si possible. Des diesels avec 300 000 km au compteur ça existe et ça dérange beaucoup de monde. Les constructeurs, malgré leurs cris d’orfraie, sont complices des gouvernements, car l’arnaque est européenne, et Bruxelles en est le chef d’orchestre : quand les peuple vont ils enfin comprendre?

  3. Depuis la maîtrise du feu, l’Histoire est pleine de transitions réussies. Pourquoi s’acharne-t-on aujourd’hui à inventer des transitions ratées ? Serait-ce dû à un état mental de notre société, cherchant l’échec à tout prix ?

    • Le fric et rien d’autre. Quand les politiques se mêlent d’économie, vous pouvez être certain d’une chose : d’une façon ou d’une autre, ça rapporte.

  4. Il faut en finir avec cette gabegie de subventions à l’éolien, au solaire et aux véhicules électriques. Cela ne signifie pas qu’il faut interdire ces technologies, mais que leurs promoteurs se débrouillent pour les rendre concurrentielles sans être gavées d’argent public.

  5. Alors que tout est fait pour nous dégouter de la bagnole avec les radars, déviations, travaux interminables, taxes en tous genres, prix du permis, de l’achat, de la circulation, etc, nous avons eu Gilles Bouleau affolé qui nous expliquait il y a quelques jours la diminution du nombre d’achat de voitures. Je mes suis dit que moins il y a de voiture, mieux c’est pour la planète, mais je me trompais, il va y avoir une prime pour acheter un engin électrique. Gilles avait parlé de marque française, de batterie française et puis je vois dans l’infox de hier toutes sortes de marques européennes et autres. Et puis l’arnaque, avec l’intox, genre gars qui a acheté et roule bien meilleur marché qu’avec son ancienne thermique. Il oublie de dire qu’il va casquer en fin de contrat pour le rachat du véhicule et on ne parle pas batterie, dont je me doute qu’un remplacement à prix bonbon se fera dans quelques mois, genre lot 3+1 gratuit en grande surface quand il y a un mauvais brassin ou une vendange pas très nette. Je ne vise personne, je dis qu’il faut se méfier et donc, méfiance avec les batteries.
    Quant aux voitures électriques, elles vont encombrer les rues autant que les thermiques et la pollution sera là d’une autre façon.

  6. Nicolas, mais aussi, comme l’a si justement remarqué Gabrielle Cluzel, Bernard et Chantal : nous payons nous aussi les gabegies aberrantes de l’Etat.
    Oui, une escroquerie à nos dépens.

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