Le contrôle aux frontières renforcé pour les non-Européens ? Pas sûr !

Un nouveau système biométrique nommé EES est en phase d’expérimentation depuis hier, mais...
@Wikimedia commons
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Ne rentre pas en Europe qui veut… Depuis le dimanche 12 octobre, le contrôle à l’entrée de l’espace Schengen a été renforcé pour les citoyens non-européens. Le tampon apposé par la police aux frontières sur les passeports ne suffit plus. Les voyageurs extra-européens doivent désormais se soumettre à des contrôles biométriques poussés. Photographie, enregistrement des empreintes digitales et réponse à un questionnaire seront dorénavant systématiques dans les aéroports, les ports et à la gare du Nord.

Systématiques ? Pas tout à fait, en réalité. Ces nouvelles directives européennes, qui visent à identifier plus formellement les citoyens se rendant en Europe et à s’assurer qu’ils ne dépassent pas la durée de séjour autorisée de trois mois, vont être mises en place progressivement. En France, seule une poignée de contrôles de ce type devrait être réalisée, deux heures par jour dans un premier temps, avant un déploiement total du système d’ici avril 2026.

Un pas en avant

Les journées portes ouvertes seraient-elles terminées ? Pas vraiment, car le système EES (pour Entry/Exit System) n’est pas du goût de la France. Sa mise en application a déjà été repoussée à plusieurs reprises pour cause de Coupe du monde de rugby en 2023 et de Jeux olympiques en 2024. Les compagnies aériennes comme la police aux frontières n’y sont pas favorables. Ils craignent une grande perte de temps et des retards en série. Même chose du côté du ministère de l’Intérieur, qui a d’ores et déjà annoncé que si ce nouveau système s’accompagnait de temps d’attente trop importants, il serait suspendu.

Les postes-frontières des aéroports, des ports et de la gare du Nord vont être équipés de bornes ou de tablettes de contrôle, peut-être pour rien… Outre l’argent public jeté par les fenêtres, il faut aussi comprendre que, pour Beauvau, le confort des voyageurs est plus important que la protection des frontières.

Les Américains n’ont pas eu les mêmes considérations lorsqu’ils ont renforcé leur système de contrôle aux frontières, après le 11 septembre 2001, et, malgré des temps d’attente parfois très longs, les touristes affluent toujours outre-Atlantique. Alors que 77 % des Français sont pour le rétablissement des contrôles aux frontières de l'Hexagone, encore une fois, l’exécutif semble vouloir privilégier l’autre plutôt que les siens.

Un pas en arrière

Preuve que le problème est plus idéologique que technique ? Pour Nicolas Bay, député européen IDL, cela ne fait pas de doute. Il confie à BV : « Le système Entrée/Sortie devrait exister depuis une quinzaine d'années. Cette entrée en vigueur tardive montre que la politique migratoire de l'UE n'est pas à la hauteur des enjeux. » Il rappelle que « Bruxelles n'est pas seule fautive : les dispositions légales existent au niveau européen depuis 2016 » mais « ce sont les États qui n'ont pas mis le système en œuvre jusqu'à présent, arguant de difficultés techniques, alors qu'un système similaire existe au Japon depuis 2007 ». Nicolas Bay précise : « Cette collecte d'informations biométriques est indispensable pour mieux protéger les Français et les Européens, en croisant les résultats avec des bases de données criminelles ou pour détecter les clandestins lors de contrôles ultérieurs. » Le système EES doit, en effet, permettre aux États membres de partager leurs données afin de lutter plus efficacement contre l’immigration illégale, mais pour cela, il faut que tout le monde joue le jeu. La France en sera-t-elle capable ?

Vos commentaires

21 commentaires

  1. On met un grain de riz dans une soupe à l’eau pour dire que c’est consistant, voilà ce qu’est cette nouvelle mesure!

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