L’Allemagne fait plier l’UE sur « Chat Control » : victoire pour les libertés numériques

L’Allemagne torpille in extremis le projet « Chat Control » de l’UE, sauvant la vie privée des Européens.
Capture d'écran #merzrede
Capture d'écran #merzrede

Le 13 octobre 2025, l’Union européenne a dû ajourner le vote sur le règlement CSAR (« Child Sexual Abuse Regulation »), dit « Chat Control », grâce à l’opposition intransigeante de l’Allemagne. Ce projet, présenté en 2022 par la Commission européenne, visait à imposer aux messageries chiffrées comme WhatsApp ou Signal un scan automatique de tous les messages privés – photos, vidéos, liens – pour détecter des contenus pédopornographiques, intention a priori louable. Pour passer, ce texte requérait une double majorité qualifiée au Conseil : 15 États membres pour 65 % de la population. Or, seuls 12 pays soutiennent encore le texte, totalisant 38,82 % des Européens - la France en tête. L’Allemagne - qui représente 18,56 % de la population européenne - a posé un veto ferme, rendant impossible l’adoption lors de la réunion des ministres de l’Intérieur prévue le 14 octobre, repoussant les débats au 6 décembre prochain. 

Merz, rempart contre la dérive bruxelloise

Le ministre de la Justice allemand, Stefanie Hubig (SPD), nommé le 6 mai 2025, a joué un rôle capital contre « Chat Control » lors des délibérations internes du gouvernement fédéral. Soutenue par la coalition, elle a bloqué toute concession, malgré les pressions du Danemark, titulaire de la présidence du Conseil de l’UE. « Le contrôle des chats sans motif doit être tabou dans un État de droit. La communication privée ne peut jamais être placée sous suspicion générale. L’Allemagne ne souscrira pas à de telles propositions au niveau de l’UE. » Ainsi s’exprime Hubig, insistant sur le progrès dans la lutte contre la pédopornographie sans sacrifier les droits civils. 

Des associations comme le Deutscher Journalisten-Verband avertissent que « Chat Control » menacerait la presse, exposant les sources confidentielles. Signal, via sa chef Meredith Whittaker, menace même de quitter le marché européen : « Si nous devions choisir entre compromettre l’intégrité de notre chiffrement ou quitter l’Europe, nous quitterions le marché. »

La France, fer de lance d’un autoritarisme numérique à la chinoise ?

La France, avec le Portugal, l’Espagne, l’Irlande et d’autres, reste l’un des douze soutiens actifs de « Chat Control », totalisant à peine 38,82 % de la population européenne. Paris a été en pointe, sur ce projet, selon un communiqué de Telegram publié le jour même de l’ajournement. L’entreprise dénonce : « La France a été le moteur de ce projet autoritaire, avec le soutien des anciens et actuels ministres de l’Intérieur, Bruno Retailleau et Laurent Nuñez. En mars dernier, ils ont déclaré que la police devrait pouvoir consulter les messages privés des citoyens français. »

Telegram alerte ainsi sur une menace persistante pour les droits des Français et des Européens, malgré la « prise de position soudaine » de l’Allemagne qui a « préservé nos droits ». Cinq pays indécis (22,68 % de la population) pourraient basculer, mais le sondage YouGov montre un mur citoyen : 72 % d’opposition

Vos commentaires

41 commentaires

  1. L’Allemagne remonte dans mon estime. Après avoir inspiré une politique aberrante et ruineuse en matière d’énergie, elle vient de remettre en cause la décision d’arrêter la construction de voitures à moteur thermique en 1035, et maintenant elle s’élève contre une décision qui aurait fait une URSS bis. Pourvu que cela dure !

  2. Ce n’est qu’une ruse teutonne de reculer d’un pas , pour couper l’herbe sous les pieds des patriotes du parti ENS , qui malgré sa petite taille est une épine qui irrite passablemnt la nomenklatura bruxelloise .

  3. La Commission Européenne veut fliquer les citoyens sur leurs messageries mais refuse de diffuser les sms de Van Der Leyen avec Pfizer sur l’affaire du Covid. SMS qui sont légalement publics…
    Il y aurait pas comme un 2 poids 2 mesures….

  4. Merci l’Allemagne , sans retenue . Et on peut se demander quel est le crétin qui avait accouché d’une idée aussi bête .

  5. Cela commence par un ou deux réseaux sociaux et ensuite dérapage comme d’habitude flicage de toutes les communications téléphonique.

  6. Allez, le frère Merz remonte dans mon estime. Je n’ai pas oublié pour autant le coup fourré avec les socialistes pour garder le pouvoir, mais il faut être juste.

  7. Merz, rempart contre la dérive bruxelloise… on est pas le 1er avril, à ce que je sache!
    Sarah Knafo
    Députée française de Reconquête au Parlement européen
    Vice-Présidente du Groupe ENS est, sans doute pour beaucoup plus que le germain inféodé à l’idéologie Bruxelloise !

  8. L’idéologie conduit au totalitarisme, puis à la dictature ; c’est le cas de la France avec son idéologie de gauche qui imprègne son régime depuis la révolution.

  9. Les paiements électroniques et nos portables font déjà un travail remarquable, dans ce domaine, n’est-il pas ?

  10. La France s’est-elle déjà distinguée dans une opposition affirmée à l’encontre d’une contrainte quelconque ? La France avec Macron ? Une limace. Elle se soumet à toute dérive qui se présente, à partir du moment où elle déconstruit. Nous avons à la tête du pays un dirigeant progressiste dans la déconstruction. A se demander si là-haut, la mécanique cérébrale est en bon état ou si l’action menée l’est volontairement, auquel cas il y aurait trahison justiciable envers le peuple.

  11. Le plus difficile est qu’il va falloir dire merci aux germains !
    En même temps, il faut dire qu’il n’y a personne sur le pont en France, oh pardon, en Macronie !
    Le président est partout sauf en Macronie…
    Les gouvernements durent 12 heures…

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