La surprenante intervention de la marine américaine au large des côtes vénézuéliennes

Capture d'écran NBC News
Capture d'écran NBC News

Dans le cadre des opérations de lutte contre le trafic de drogue et les cartels latino-américains, plusieurs navires de guerre américains, dont un sous-marin à propulsion nucléaire, avec à leur bord plus de 4.000 marines, accompagnés d’un Boeing P-8 Poseidon (un avion de patrouille maritime), sont depuis une semaine en cours de déploiement dans le sud de la mer des Caraïbes, aux abords des eaux territoriales vénézuéliennes. Donald Trump en a fait une priorité, accusant le président vénézuélien Nicolás Maduro et plusieurs dignitaires du régime d’être à la tête du Cartel de los Soles (« Cartel des soleils »), qu’il a qualifié par ailleurs d’organisation terroriste. Il y a un mois, il portait à la somme de 50 millions de dollars (25 millions de dollars sous l’administration Biden) la prime de récompense à toute personne ou organisation qui permettait l’arrestation de Maduro.

Mardi 2 septembre, le président américain annonçait, sur son réseau Truth Social, que les forces américaines avaient détruit dans les eaux territoriales internationales « une petite embarcation » transportant une grande quantité de la drogue à destination des États-Unis avec, à son bord, « 11 narcoterroristes » membres du cartel vénézuélien Tren de Aragua (« Train d'Aragua »). Sur la vidéo publiée par le président américain, on voit effectivement une petite embarcation touchée par une forte explosion... Le lendemain, le secrétaire à la Défense, Pete Brian Hegseth, déclarait sur Fox News que ce type d’attaque « de précision » allait se poursuivre sans pour autant fournir d’autres informations, car classifiées « secret-défense ».

Un sérieux avertissement au régime de Maduro

Cette intervention pose un certain nombre de questions. La réalité de cette attaque, tout d’abord : les autorités vénézuéliennes, tout en prenant au sérieux l’arrivée des navires de guerre américains à proximité de leurs côtes, évoquent une vidéo travaillée par l’intelligence artificielle...

Sans pouvoir à ce jour confirmer cette info (infirmée par Washington), il n’en reste pas moins qu'on peut être surpris par une telle intervention : pourquoi ne pas avoir arraisonné cette embarcation, saisi la drogue, interrogé les occupants sur leurs filières, la destination (les côtes américaines les plus proches sont à 2.000 km), etc.

Quoi qu’il en soit, cette intervention « musclée » peut être considérée comme un sérieux avertissement au régime de Maduro et traduit bien la détermination de Donald Trump.

Ce déploiement de la marine américaine (qui n’est pas cependant calibrée pour une intervention de grande ampleur) se double également, à notre sens, d’une autre action préventive : celle de protéger le petit État de Guyana (850.000 habitants) devant les menaces de Caracas, qui voudrait en effet s’approprier l'Essequibo, une zone de 159.500 km2 (les sept dixièmes du Guyana et un sixième de sa population) – voir à ce sujet, ici, l'article du 3 décembre 2023 -, une zone au sous-sol riche en matières premières précieuses mais, de plus (et surtout), se révèle être un véritable eldorado pétrolier depuis la découverte, en 2015, dans les eaux territoriales, d’un important gisement par la compagnie américaine Exxon Mobil Corporation (plus de 6 milliards de barils de réserve).

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Jean-Marie Beuzelin
Écrivain et journaliste

Vos commentaires

31 commentaires

  1. La drogue n’est que prétexte comme nos banlieues que les politiques n’osent investir parce que ça fait parti du PIB la question est « A qui profitent la manne « 

  2. BRAVO à Trump, évidemment !…
    Cependant j’ apprécie le bémol apporté par la lucidité du commentaire de ‘Charly frog’ à 8h 24….

  3. Dans l’éventualité où cette opération serait véridique (je suis plus enclin à croire Trump plutôt que Maduro) « pourquoi ne pas avoir arraisonné cette embarcation, saisi la drogue, interrogé les occupants sur leurs filières, la destination, etc. ». La réponse paraît simple. Les trafiquants s’en sortant souvent (fuite ou justice) il est plus dissuasif de les éliminer. Si ce genre d’acte se répète, et malgré l’appât du gain compréhensif, cela en dissuadera certains.

  4. Quand il y a du pétrole dans le coin les US ne sont jamais loin pour débusquer tout organisme ayant des vues sur ces ressources potentielles.
    Maintenant que Maduro prenne une raclée nous ne pouvons que nous en réjouir.

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