« La mairie a mis un veto » : le film Sacré-Cœur boycotté par Benoît Payan à Marseille

Le maire de la deuxième ville de France est un grand défenseur de la laïcité. Pour certaines religions, en tout cas.
Affiche du film Sacré Cœur
Affiche du film Sacré Cœur

Le film Sacré-Cœur, de Sabrina et Steven Gunnell, a été déprogrammé, une heure avant sa diffusion au château de La Buzine, à Marseille. Les spectateurs qui avaient pris leurs billets pour cette première diffusion en ce lieu en ont été pour leurs frais.

Le château de La Buzine explique pourquoi à BV : « La mairie a mis un veto, on ne peut pas le diffuser. Par rapport à la loi sur la laïcité. On est vraiment désolé. » La consigne est donc municipale, bien que le maire se soit défendu de toute volonté de censure, sur CNews.

Censure

Chose d’autant plus étonnante que dans le cadre de son cycle « L’Asie fantasmée », en 2024, le château de ma mère de Marcel Pagnol a diffusé le film Kundun, de Martin Scorsese. Or, ce long-métrage sorti en 1997 retrace l'histoire du quatorzième dalaï-lama, de sa jeunesse à son exil en Inde, en 1959. Là, dans cette mise à l’honneur du bouddhisme, Benoît Payan n’a vu aucune atteinte à la laïcité.

Il faut croire que le maire de la deuxième ville de France accorde un régime de faveur aux catholiques. Pourquoi ? Difficile à dire. Il justifie cette interdiction en ces termes : « Les services de la ville sont strictement tenus d’appliquer la loi de 1905 : un équipement public ne peut accueillir des projections qui, par leur caractère ou leur contenu, soient de nature confessionnelle. » Venant d'une mairie qui met à disposition des terrains municipaux pour la fête de l'aïd, l'argument a de quoi faire sourire. Pour les uns, « laïcité » rime avec « bonté » pour les autres, avec « retrait ».

Du côté des réalisateurs, l’incompréhension se mêle à la colère. Sur le plateau de Jean-Marc Morandini, sur CNews, Steven Gunnell n’a pas mâché ses mots : « Je ne supporte plus qu’on censure le christianisme en France. Ce n’est plus possible. Je ne supporte plus qu’on soit boycotté. Il y a des catholiques en France, il va falloir faire avec. On ne parle que d’amour et sous prétexte qu'on parle de Jésus, on n’en veut pas. » Sabrina Gunnell s’est, elle, interrogée : « Le maire de Marseille n’a que ça à faire ? Il n’y a pas d’autres problèmes, à Marseille ? »

Contactée par BV, Valérie Boyer, sénatrice LR des Bouches-du-Rhône, fait également part de son étonnement face à cette décision : « C’est absolument fou et totalement incompréhensible. Le maire de Marseille servait presque la messe à la place du pape quand il était à Marseille, il n’a pas raté une seule photo avec lui, il s'est précipité en Corse pour le voir. Qu’il supprime un documentaire sur le Sacré-Cœur alors que Marseille est la première ville consacrée au Sacré-Cœur est incompréhensible. »

Deux poids deux mesures

Suite à cette polémique, l’élue dit « s’inquiéter pour le marché aux santons » et se demande si « ça veut dire qu’on va enlever des bibliothèques municipales les livres qui évoquent Jésus ». Elle insiste : « C’est effrayant de bêtise et de sectarisme si les lieux de culture doivent passer par une censure wokiste et de gauche qui rejette nos racines chrétiennes. »

Pour elle, cette prise de position oscille « entre l’instrumentalisation et le mépris » et rejette toute « volonté de rassembler » ou, simplement, de « respecter les chrétiens ». Une nouvelle fois, Benoît Payan donne dans le deux poids deux mesures. Il défend corps et âme les musulmans et censure la culture judéo-chrétienne.

Électoralisme, coup de communication, peut-être les deux ? Il n’en reste pas moins que Benoît Payan, par ses réactions à géométrie variable en fonction de la religion dont il est question, contribue à ce que Marseille soit de plus en plus fracturée et polarisée.

Vos commentaires

67 commentaires

  1. Une messe donnée par le pape François, le 23 septembre 2023, dans le stade vélodrome qui est la propriété de la ville de Marseille, n’avait pas ému plus que ça le maire de la cité phocéenne. Il est vrai que nous étions encore loin des élections municipales et du soucis de flatter l’électorat musulman…..

  2. Il n’y a pas mieux que les gauchos pour faire la promotion d’un film. Mais qu’ils sont idiots mais aussi très dangereux.

  3. Faudrait-il rappeler à ces incultes que l’égalité religieuse de la France est déjà de la christianophobie dans la mesure ou c’est sur cette base que s’est organisée la France. Si ça ne plaît pas c’est pareil ! on ne refait pas l’histoire on la respecte et ceux à qui ça ne convient pas…qu’ils dégagent !

  4. Payan, le maire socaliste, non élu, qui n’hésite pas à assister au prêche de rupture du jeûne à la mosquée de Frais Vallon, dans un souci de laïcité sans doute (article BV du 03/04/2024), qui remet ça en mars 2025 avec Samia Ghali au vélodrome en présence de Rachid Zeroual.
    Payan qui veut donner des leçons de laïcité en connait-il la définition ?

    • son élection tronquer et magouille avec Gali ne sera pas la même chose pour l’élection de 2026 plus de copains dans les arrondissements comme tout le monde et c’est une bonne chose donc sa réélection risque d’être compromise !

  5. Pour programmer un film dans une salle municipale ou privé cela se fait au moins 2 semaines avant la projection. Et personne ne s’étonne qu’il a fallut donc 2 semaines à ce maire pour interdire ge film.. si vraiment c était une atteinte à la laïcité c était au moment de la programmation qu’il fallait le bloquer. Avant la programmation, la publicité et tout le reste.. payan se réveille 1 avant avant le film.. qui donc est venu le troubler dans son sommeil.. qu’elle honte..

  6. un peu d histoire ;;;tout les poilus ayant cousu le sacre coeur sur leur uniformes on fini la grande guerre vivant ;; bizare?

  7. Benoît payant, élu par qui déjà ? Maire de Marseille par combine électorale, les Marseillais seront ils suffisamment c… Pour le garder.

    • Les vrais marseillais peuvent être fiers d’un maire élu par une certaine catégorie d’électeurs dont il aime s’entourer. Cette interdiction est bien un aveugle de sa tendance religieuse. Or, Marseille est encore une ville française sur le papier où la laïcité et la liberté sont de mises. Le christianisme est la religion de la France depuis l’empereur C Constantin , France fille aînée de l’église catholique.

      • Marseille reste une ville où vivent de nombreux chrétiens.. aucune religion ne doit prendre le pas..et c’est très bien ainsi..nous n’emm….pas les musulmans lorsque de leurs fêtes pas plus que les juifs..aucun  » politique mediocre » ne devrait pouvoir imposer ses préférences quelqu’en soit le but ,y compris electoral…apres a ceux qui dénigrent systématiquement ma ville, er se disent chretiens,je propose de venir aux nombreuses processions et a la messe de minuit à la major..a Marseille personne ne vient les troubler…contrairement a d’autres villes..

    • L’ideologiedese maire l’emporte suffit jout le reste. Comment peut il dire qu’au nom de la laïcité il peut pas autoriser cette projection…et qu’il fait cadeau a la comm musulmane un terrain de 7000 m2 pour construire une mosquée, ou aller a la fin du ramadan dans la communauté musulmane. Il est temps qu’il se convertisse et quitte son poste. Si entre lui et Delogu aux prochaines elections,je jette les 2 . Marseille est perdue depuis longtemps

  8. Par contre, aucun problème de laïcité dans les médiathèques et bibliothèques de notre pays concernant la secte LGBT qui envoie des drag-queens porter leur bonne parole aux enfants de maternelle…

  9. Cette décision inique est a contester devant le tribunal administratif….l’electoralisme a toujours règne a Marseille depuis deferre et quelques soient les bords..mais la ca va trop loin…!

  10. C’est la gauche leur laïcité ressemble furieusement à de la Christianophobie, cette gauche devrait se souvenir de l’histoire de leurs collègues Iraniens qui ont aidés les mollah à prendre le pouvoir, un an après ‘l’arrivée de khomeny, les cadres de gauche avaient disparus

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