La fermeté danoise : « Vous qui commettez des crimes… vous n’avez rien à faire ici… »

À Copenhague, un Premier ministre assume fermeté et expulsions. À Paris, Macron évite même le mot immigration.
Capture d'écran
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À Copenhague, des vœux qui claquent. À Paris, un grand silence

Lors de ses vœux, le Premier ministre danois Mette Frederiksen, chef des Sociaux-démocrates danois, n’a laissé aucune place au flou : « À vous qui êtes venus ici et qui commettez des crimes : vous n’avez rien à faire ici. Nous ne voulons pas de votre culture autoritaire. »

Un discours frontal, assumé, prononcé par une responsable de gauche qui ne s’excuse ni de protéger son pays ni de nommer les problèmes.

En France, le contraste est saisissant. Dans ses derniers vœux, Emmanuel Macron a parlé de climat, de guerre, de jeunesse, de cohésion nationale, d'euthanasie (sans prononcer le mot)… sans jamais évoquer la question de l'immigration. Pas une fois. Comme si le sujet le plus inflammable du pays pouvait être dissous dans quelques formules vagues sur l’ordre et le vivre ensemble. Là où Copenhague nomme, Paris contourne.

Des chiffres bruts : la maîtrise danoise face au laisser-faire français

Cette différence de ton se retrouve immédiatement dans les faits. En 2024, le Danemark a délivré environ 100.000 autorisations de séjour, un chiffre largement gonflé par la libre circulation européenne. Hors ressortissants de l’UE, la politique est drastique : moins de 900 titres d’asile accordés sur l’année et un peu plus de 4.000 regroupements familiaux, tous sévèrement conditionnés.

En France, sur la même période, plus de 340.000 premiers titres de séjour ont été délivrés. Les demandes d’asile, plus de 150.000, restent élevées, tandis que l’immigration familiale et étudiante progresse mécaniquement, sans plafonnement clair ni stratégie de réduction des flux.

Même contraste, du côté des expulsions. Le Danemark a procédé à environ 1.000 retours vers des pays tiers, un chiffre modeste en valeur absolue mais significatif rapporté à la population (moins de 6 millions d'habitants) et surtout pleinement assumé politiquement. La France affiche 21.600 éloignements effectifs, un volume qui, rapporté aux entrées annuelles, illustre surtout une incapacité chronique à faire respecter les décisions prises.

Une législation danoise faite pour produire ces résultats

Ces écarts ne relèvent pas du hasard. Au Danemark, la fermeté est inscrite dans la loi. Le regroupement familial est strictement conditionné par les ressources, le logement et la durée de séjour. Le titre de séjour peut être retiré en cas de délinquance. L’expulsion des étrangers condamnés pénalement est facilitée et assumée comme une mesure normale de protection collective. L’asile, enfin, est volontairement limité selon une logique dissuasive clairement affichée.

En France, la loi avance à reculons. Chaque réforme censée durcir la politique migratoire est aussitôt neutralisée par des exceptions, des recours ou des renoncements politiques, quand le Conseil constitutionnel ne censure pas les articles de loi. Le séjour tend à devenir quasi automatique, l’éloignement juridiquement fragile et la sanction systématiquement suspecte. Là où la législation danoise organise la maîtrise des flux, la législation française en organise l’impuissance.

Deux gauches, et un Président qui regarde ailleurs

Le plus dérangeant, pour Paris, est que cette fermeté est portée par une gauche de gouvernement. Pendant que les Sociaux-démocrates danois expulsent sans trembler les étrangers délinquants et assument une politique de fermeté, la gauche française, dominée par La France insoumise et suivie par une partie du Parti socialiste, réclame régularisations massives, remise en cause des expulsions et dénonciation systématique de toute politique de contrôle.

Pris entre cette gauche idéologique et une droite sans ligne claire, Emmanuel Macron a choisi le confort du silence. Ne pas dire « immigration » n’est pas un oubli. C’est déjà une politique. Une politique de l’évitement.

Au Danemark, la gauche gouverne et tranche. En France, le Président fait des vœux… et laisse le réel sans réponse.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire I Le réél finit toujours par s'imposer I Suivez-moi sur X : @YannMontero

Vos commentaires

69 commentaires

  1. L’expulsion de criminels ne va strictement rien changer au problème de fond mais ça rassure quelque part l’asservi volontaire européen.

  2. Ils vont tout faire ou tenter pour éviter l’élection d’un Président, comment dire, heu, viril et courageux qui prouverait l’inaction mortifère du pantin actuel. Je précise qu’une femme ferait également l’affaire si elle est courageuse. C’est la seule chose à faire si on veut essayer de réparer le mal fait par l’actuel locataire à titre gracieux de l’Élysée

  3. Il ne faut pas oublier que macron est un europeiste convaincu et qu’à ce titre il est pour une immigration sans fin , conformément aux directives de Soros.
    De LFI au RN, ils font partie du système et donc obéissent à Bruxelles.

  4. On peut dire que le O de OQTF n’est qu’une fausse vitrine.
    En France, les OQTF sont décidées in fine par la justice du fait que la loi prévoit des voies de recours et même une assistance juridique et peut prendre énormément de temps.
    Même si le juge ne donne pas suite à un recours, il y a encore des possibilité de recours.
    Ainsi la même loi qui impose un délai de 30 jours pour quitter le territoire, prévoit concernant la justice un délai de … 3 ans pour rendre sa décision..
    Et en cas de non décision on repart sur une nouvelle OQTF.

  5. Le réveil de notre jeunesse insouciante va etre tres difficile car ils ne rendent pas compte de ce qui arrivent. Dans 30 ans, a ce rythme, nos traditions et nos cultures auront disparus. Merci macron d’avoir fait fortement avancé le schmilblic

  6. Apres avoir pris place en italie en mai 2025.
    Le prochain congrès européen sur la remigration aura lieu cette année au Portugal fin mai a Porto .

  7. Il est impossible de faire comparaison entre une sociale démocratie éveillée et un régime basé sur la destruction générale de la famille, des racines, une creolisation organisée, un encouragement pour les racailles, un laxisme totale, une société liquide, un retour à la préhistoire industrielle..

    • le socialisme , le cancer de la France qui s’est métastasé , la France agonise … les élections ? .. un petit 3% pour les socialistes , la page Miterrand et les 40 voleurs est donc tournée ? = absolument pas, les socialistes sont le preneur d’un bail emphytéotique renouvelable sur les leviers essentiels du fonctionnement du pays , sur l’Etat profond et la haute fonction publique ,sur l’éducation nationale de la maternelle jusqu’aux universités et grandes écoles , sur la justice , sur les diverses instances formant l’état de droit ( CE, Conscons, Cour de cassation , CEDH, CJUE ) , sur les médias, sur le service audio visuel public, sur la police de l’information ARCOM, …. etc… les socialistes n’ont plus besoins de remporter les élections , ils sont titulaires de privilèges à vie , comme au temps des rois et des reines ….

  8. Pire, en France, la gauche des socialistes et de Lfi tirent toutes les ficelles, squattent les postes de pouvoir et d’influences, des postes non élus pour la plupart, et ils représentent qui? Pas grand monde au vu de leurs résultats electoraux. C’est leur démocratie quoi.

    • Le réveil de notre jeunesse insouciante va etre tres difficile car ils ne rendent pas compte de ce qui arrivent. Dans 30 ans, a ce rythme, nos traditions et nos cultures auront disparus. Merci macron d’avoir fait fortement avancé le schmilblic

  9. La majorité des pays normaux applique cette politique.
    Les étrangers délinquants dehors et définitivement.
    Allez a Singapour, pays du golfe , Corée et même des pays plus totalitaire..
    L’étape supérieur devrait être , la dechéance de nationalité française pour les binationaux délinquants.

    Le Portugal envisage pour les naturalisés condamnés a 5 ans ferme de leur retirer la nationalité portugaise

    • Mais le sieur macron pense à sa réelection en 2032, tous ces délinquants qui profitent de notre système voteront pour lui ( peut être ??? ); mais sinon pourquoi ne pas faire la remigration, puisque c’est ce que veulent les français, mais il est vrai qu’il fait ce qu’il veut, sans SE SOUCIER de ce veut le peuple.

  10. C’est la différence entre les politiques qui servent leur pays et ceux qui se servent sur le pays (je ne citerai personne)

  11. « Un discours frontal, assumé, prononcé par une responsable de gauche qui ne s’excuse ni de protéger son pays ni de nommer les problèmes » …
    C’est un discourt ! … Les actes seront LA PREUVE de la volonté affichée lors de ses vœux POUR protéger le DANEMARK et les danois ! …

    • Ça fait déjà un moment que les lois ont été votées, les mesures prises, et surtout SONT appliquées. Leur point de départ a été un constat, lucide : une majorité des nouveaux venus, ne travaillent pas, ne cotisent pas, ne participe pas au modèle social mais pèse un poids tel que son effondrement était en vue. Le choix était donc soit continuer à accueillir et renoncer à leur protection sociale, soit prendre des mesures drastiques. Ce qu’ils ont fait.

    • On en est où de la révision de l’accord de 68 avec l’algerie.? Il me semble qu’il y a eu un vote a l’assemblée ? Rien, on attend quoi ? Le dégel

      • Ou le réchauffement ? Mais il y a peut être entre macron et le président algérien, des accords que nous ne connaissons pas ?? et qui paralysent les décisions qui s’imposent… va savoir

  12. Mette Frederiksen devrait venir donner des cours particuliers à notre Macronie et ses satellites pour leur montrer qu’on peut être à la fois de gauche ET réaliste.

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