La « DJette » Barbara Butch faite chevalier des Arts et Lettres. À quel titre ?

Barbara Butch était le Christ auréolé dans la Cène des JO, distribuant la musique à ses apôtres drag-queens.
@Anna KURTH / AFP
@Anna KURTH / AFP

Rachida Dati l’a promue chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres. Pour récompenser quoi, au juste ?

On a commencé par nous dire qu’on avait la berlue. Que tout cela n’était que fantasmes de cathos moisis, de complotistes d’extrême droite et d’homophobes. Puis il a bien fallu le reconnaître et l’assumer : après la Conciergerie ensanglantée et la décapitation de Marie-Antoinette, Thomas Jolly avait inscrit dans son spectacle d’ouverture des Jeux olympiques une parodie de la Cène. Au centre de la « sainte Table », la dénommée Barbara Butch – DJette qui porte inscrit sur le corps ce qu’elle revendique comme sa marque : « grosse et gouine » – et, devant elle, le défilé des drag-queens et la fine fleur des nuits parisiennes. Cela jusqu’à l’apothéose : un Philippe Katerine en Bacchus à poil et peint en bleu.

L’icône du « body-positivisme »

Avant ces JO parisiens, il fallait appartenir au clan des happy few, particulièrement au monde de la nuit LGBTQIA+++ pour connaître Barbara Butch. Le long article que lui consacrait Le Parisien, l’été dernier, nous renseigne : issue d’un milieu modeste, née d’un père d’origine marocaine et d’une mère juive ashkénaze, elle a démarré sa carrière dans les bars de Montpellier avant de venir faire le bonheur des nuits parisiennes. Longtemps moquée pour son physique, nous dit-on, elle a fini par en faire « une arme », et même, à poil elle aussi, la une de Télérama le 5 février 2020 « avec une question : Mais pourquoi rejette-t-on les gros ? »

Ce fut, paraît-il, le coup d’envoi de sa carrière en tant qu’« icône du body-positivisme ». Choisie par Jean-Paul Gaultier comme « ambassadrice de son parfum La Belle Intense », se revendiquant donc « grosse et gouine », ce dont elle a fait « un pouvoir », dit-elle, elle devient porte-drapeau de la cause LGBT.

Il est ici intéressant de se pencher sur son nom de scène, Barbara Butch. À en croire sa fiche Wikipédia, elle aurait pris ce prénom « en référence à Barbara Bush et au concept de butch dans le lesbianisme ». Renseignement pris, « une lesbienne butch est une lesbienne utilisant des codes masculins, en particulier dans son attitude et son habillement ». Apparu aux États-Unis dans les années 1940, ce terme « permet aux lesbiennes qui l'utilisent de ne pas se définir avec des termes connotés négativement, comme peuvent l'être camionneuse ou bûcheronne, ni par rapport à la masculinité ». On en déduira hâtivement que, chez les lesbiennes au moins, on distingue entre les hommes et les femmes… Tout cela devient bien compliqué.

Bref, forte de cette notoriété, Barbara Butch a été promue vedette du spectacle d’ouverture des JO de Paris et, par voie de conséquence, martyre de la cause.

Martyre de la cause...

La scène de la Cène n’ayant pas eu l’heur de plaire à tout le monde et l’amour universel régnant sur les réseaux sociaux, la DJette Barbara Butch déposait plainte, quelques jours plus tard, pour cyber-harcèlement aggravé, menaces de mort et injures publiques aggravées. Son avocat publiait alors un communiqué, dénonçant : « Ceux qui s’en prennent à Barbara Butch le font car ils ne supportent pas qu’elle puisse représenter la France, parce que c’est une femme, lesbienne, grosse, juive... » Et d’ajouter : « En s’attaquant à elle, ils s’en prennent aux valeurs, aux droits et aux libertés de la France. »

Hors la cérémonie des JO décriée par les chrétiens du monde entier, la notoriété de Barbra Butch a-t-elle franchi le périphérique parisien ? Est-elle connue et reconnue des banlieues et de la France rurale ? Pas qu’on sache.

Dès lors se pose donc la question : pourquoi Rachida Dati l’a-t-elle promue chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres ? Une décoration destinée à récompenser « les personnes qui se sont distinguées par leurs créations dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde ».

Heureuse de cette promotion, Barbara Butch a tourné une vidéo pour France Info sur la passerelle de son triomphe. « Il y a un an, le 28 juillet 2024, j’étais ici pour faire danser tout le monde pendant la cérémonie des JO […] C’était vraiment un cadeau d’être avec des personnes de la communauté LGBT. On n’avait plus de barrières sociales, de genre, d’origines sociale. On était tous là, tous unis, et je pense que c’est vraiment ce qui représentait le plus la France. »

Ben non, chère Barbara ! Désolée, mais je ne me suis pas du tout sentie représentée par ce « spectacle ». J'ai le droit, non ? Une fois de plus, le gouvernement, par l’action de Rachida Dati, a choisi d’honorer l’icône d’une minorité agissante au détriment de la majorité des Français. Plutôt que décorer Barbara Butch, on aurait pu élever directement Boualem Sansal au grade de commandeur. Cela aurait eu plus de panache, mais il aurait fallu un peu de courage +++.

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

66 commentaires

  1. L’Ordre des Arts et des Lettres, géré par le ministère de la Culture, récompense « les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu’elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde. »
    Ça pour rayonner, elle a rayonné. Quant on pense que dans l’ordre de préséance cette décoration est supérieure à  » la médaille des évadés ».
    Que Dati et son héroïne ne soient pas inquiètes, le ridicule ne tue pas.
    Pauvre France.

  2. Ceci est dans la lignée de la fête de la musique à l’Élysée, des chasubles portées par le haut clergé pour l’inauguration de Notre Dame. Sans oublier, bien sûr, les vitraux commandés par notre expert en psedo culture de gauche.

  3. Rester calme rester calme, je sens ma tension MONTER là !!!
    Que dire sans être encore censurée ? On décore n’importe qui pour n’importe quoi
    Après le T Joly qui avait pondu cette cérémonie olympique, on n’est plus à ça près

  4. Lorsque les faiseurs de décoration sont aussi nuls que ces futurs décorés !! et je crois que celui qui a organisé le spectacle complet a eu la légion d’honneur, quel monde !!

  5. Rachida Dati n’a qu’un objectif : la mairie de Paris. Elle fait donc le maximum pour draguer l’électorat bobo-gauchiste qui votait Hidalgo.

  6. Petit entre-soi convenu, comme à l’habitude et…somme toute…assez éloigné de Mozart…sauf, peut-être…de celui de la finance !

  7. Tout ce qui faisait la grandeur de notre nation est foulé aux pieds. Ce gouvernement, malgré ses poncifs droitiers, démontre tous les jours sa complicité avec le « Macronisme ». Souhaitons seulement que les électeurs ouvrent enfin les yeux et comprennent bien que la France ne pourra se redresser qu’en écartant du pouvoir tous ceux qui parlent mais n’agissent jamais.

  8. Elle n’aura jamais la notoriété d’un Jean-Michel Jarre ou d’un David Guetta ;
    Quand a Dati elle essaye de récupère la communauté gay parisienne en vue des prochaines élections municipale a Paris en coupant l’herbe a la gauche ; juste une manœuvre politicienne.

  9. Grosse et gouine, cette marque qu’elle s’est donnée méritait bien une petite faveur, pas la Légion d’Honneur, faut pas toujours déconner, mais un petit ruban vert pour sa pitoyable prestation lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris. Les titulaires de cette distinction et qui l’ont amplement méritée apprécieront.

    • Et Aya Nakamura, qui a ridiculisé la Garde républicaine, elle n’a droit à rien ? À sa place, je réclamerais, non mais !

  10. Napoléon doit se retourner dans sa tombe de voir que toutes les médailles sont distribuées comme des bonbons

  11. C’est la fable de la grenouille et du bœuf ! J’ai l’impression que l’effet Jack Lang continue à faire des dégâts dans notre pays et que ce n’est pas fini. Cela me fait penser aux paroles de Brassens : « Que la vie serait belle en toutes circonstances, si vous n’aviez tiré du néant ces jobards. »

  12. « Pourquoi Rachida Dati l’a-t-elle promue chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres ? » Parce que, en bonne LR Macron compatible qui se respecte, elle va à la soupe et veut ratisser large. Elle imagine, par ce hochet, récupérer des voix de gauche. Elle devrait se rappeler de cet apophtegme émis par un sage, Arabe : « celui qui veut acheter [des voix] par des dons n’est jamais assez riche »… Je l’entends autour de moi : si elle savait le nombre d’électeurs qu’elle a fait fuir en se commettant dans ce gouvernement… Je ne sais pas si elle a gagné beaucoup de voix à gauche, mais il est sûr qu’elle en perdu à droite. Elle le découvrira lors des prochaines élections à Paris…

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