Jordan Bardella répond à Jean-Michel Aphatie… et ça pique !

Lors d’une passe d’armes avec le patron du RN, Jean-Michel Aphatie s’est vu rappeler les mauvaises ventes de son livre.
BARDELLA APHATIE

L’image en a fait rire beaucoup. Postée anonymement le 29 décembre, une photo du livre de Jordan Bardella a fait le tour des réseaux d’extrême gauche. Le petit farceur à l’origine du cliché avait pris soin, au préalable, de coller sur la couverture de l’ouvrage une étiquette indiquant : « Navet long : 0,29 € ». De quoi bien amuser la galerie, et notamment Jean-Michel Aphatie, qui a relayé l’image dès le lendemain. « J’adore cette photo. Étonnant, non ? », a-t-il ajouté, moqueur. Moins de deux heures plus tard, Jordan Bardella a répondu au chroniqueur de Quotidien de la plus belle des manières. « J’adore cet article. Étonnant, non ? », a ainsi écrit le président du RN, partageant un article de nos confrères de Valeurs actuelles sur lequel était écrit : « Le livre de Jean-Michel Aphatie sur Cyril Hanouna fait un bide avec moins de 2.000 ventes. »

Sonné et pris à son propre jeu, M. Aphatie n’a soudainement plus été d’humeur à plaisanter. Il a vainement tenté de sauver la face en répondant que Jordan Bardella se comportait là comme « un petit garçon »« On est le 30 décembre, Jean-Michel, lâchez-ça et allez prendre l’air… », l’a alors gentiment rabroué la députée du RN Laure Lavalette.

Un « bide » retentissant

Comme l'indiquait notre confrère Étienne Lombard, ce 31 décembre, les chiffres de vente de Jean-Michel Aphatie ne sont effectivement pas bons. Paru le 18 septembre aux Éditions Robert Laffont, T’es une merde, frère. Signé Hanouna ne s’est en effet écoulé qu’à un peu plus de 2.000 exemplaires, deux mois après sa sortie. Et ce, malgré une promo XXL : l’ouvrage a été complaisamment mis en avant dans Libération, Télérama et Le Monde, sans parler de l’émission Quotidien dans laquelle l’auteur sexagénaire a son rond de serviette. Le jour de la sortie du livre, BV en avait publié une recension pour le moins mitigée.

Comment expliquer ce bide ? Le ton et le sujet du livre de Jean-Michel Aphatie semblaient pourtant vendeurs. Il faut croire que certaines figures médiatiques sont maintenues artificiellement sur le devant de la scène, en dépit de l’intérêt réel qu’elles suscitent auprès du grand public. À l’inverse, plusieurs personnalités honnies du système médiatique rencontrent, elles, un succès populaire éclatant. Il s’agit de Jordan Bardella, bien entendu, avec 90.000 exemplaires vendus de Ce que je cherche (Fayard), mais aussi d’Éric Zemmour - 70.000 exemplaires vendus de La messe n’est pas dite (Fayard) - ou encore Nicolas Sarkozy - 142.000 exemplaires vendus de son Journal d’un prisonnier (Fayard). De quoi faire pâlir bon nombre d’auteurs…

Quand Aphatie rime avec jalousie

Un autre succès populaire a le don d’énerver Jean-Michel Aphatie : celui de Philippe de Villiers. Le fondateur du Puy du Fou a en effet écoulé pas moins de 160.000 exemplaires de son dernier best-seller Populicide (Fayard). L’écart entre les deux auteurs (un rapport de 1 à 70) a de quoi agacer… Et comme si cela ne suffisait pas, Philippe de Villiers fait aussi un carton à la télé ! Son émission hebdomadaire sur CNews culmine à plus d’un million de téléspectateurs. En fin de rendez-vous, les « apologues » du Puyfolais font la joie de téléspectateurs en manque de récits épiques et enracinés. Des instants d’un patriotisme assumé qui ne pouvaient qu’horripiler celui qui souhaiterait raser le château de Versailles. « On ne se lasse pas de la ringardise de Philippe de Villiers qui s’écoute parler devant ses deux bedeaux ébahis Eliot Deval et Geoffroy Lejeune », s’est ainsi moqué Jean-Michel Aphatie, le 25 décembre dernier.

Derrière l’aigreur et les moqueries redondantes de Jean-Michel Aphatie, faut-il voir comme une sorte de jalousie ? Celle d’un homme qui a sans doute conscience d’être dépassé, en décalage avec son époque et ses concitoyens ? Alors que son bouquin prend désespérément la poussière sur les étals des libraires, ses pires ennemis idéologiques vendent les leurs comme des petits pains. Et ce, sans l’appui de la machine de propagande médiatique dont bénéficie les auteurs bien-pensants. Étonnant, non ?

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

79 commentaires

  1. Si Jordan Bardella passe pour un « petit » garçon » au yeux d’Apathie, ce dernier prend l’effet boomerang dans sa face de vieux …

  2. Quand on est stupide (je suis poli, j’ai d’autres mots) au point de prôner la destruction de Versailles, on peut effectivement tout se permettre.

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