Incivilités : deux villes, deux façons originales de procéder

Du parfum à la fraise aux affiches humoristiques, ces maires qui rivalisent d'ingéniosité pour combattre les nuisances.
WhatsApp Image 2025-07-23 à 12.22.17_d3ecaf25

Depuis quelques jours, dans cette commune du Val-de-Marne dirigée par Kristell Niasme (LR), les agents de la ville s’adonnent à une mission bien particulière : vaporiser les rues… d’un parfum à la fraise ! À Villeneuve-Saint-Georges, Alban Gallet, responsable des espaces verts, confiait ainsi, à CNews : « C'est un désodorisant et un désinfectant, qui permet ainsi d'éliminer toutes les odeurs nauséabondes. » En cause, les nombreuses personnes alcoolisées qui urinent sur la voie publique. Les températures estivales aidant, on imagine aisément le désagrément. Pour lutter contre ces incivilités, la police municipale est également mobilisée et a déjà dressé une quarantaine de procès-verbaux, au cours des trois derniers mois. Alors, cautère sur une jambe de bois ou amélioration de la qualité de vie ? À défaut d’endiguer ce fléau, les Villeneuvois pourront apprécier ce parfum au fruit de saison qui ne manquera pas d’agrémenter leurs sorties, cet été…

Un peu de tenue

Aux Sables-d’Olonne aussi, le maire (divers droite) Yannick Moreau, dont la ville balnéaire voit sa fréquentation passer de 45.000 à 280.000 habitants en haute saison, prend des mesures pour lutter contre le manque d’éducation de certains de nos compatriotes. Si sa police municipale veille particulièrement au grain (sans compter l’arrivée de CRS, chaque été, pour préserver la sécurité des Sablais d'un jour ou de toujours), c’est avec élégance que la ville de Vendée a choisi de communiquer. Comme pour rappeler que face aux incivilités, certes, il faut sanctionner et réparer, mais aussi rappeler quelques règles d'éducation de base que, las, certains n'ont plus reçues. Du latin educare, qui signifie instruire ou tirer vers le haut, Yannick Moreau invitent donc les estivants à s’élever à un autre niveau : « 200 ans d’élégance sablaise, ce n’est pas pour finir en slip dans nos ruelles. »

Une jolie façon de rappeler les vacanciers à avoir « un peu de tenue » et que la ville offre quand même onze kilomètres de plages pour s’adonner librement au bronzage. Une mesure saluée par les internautes, en témoignent les nombreux commentaires allant dans ce sens : « Tout à fait d'accord, nous n'avons pas envie de regarder de la viande grasse de produits solaires, de sueur malodorante, et poilu en tout genre, maigres ou gros, jeunes ou vieux, merci d'avoir un minimum de respect et d'éducation » ; « Merci Monsieur le Maire. Je trouve ça juste intolérable. Mais il faut verbaliser vraiment » ; « Merci pour ce rappel essentiel […] » ; « Mes parents sont commerçants, ils demandent parfois aux gens de se rhabiller ». « Le monde à l’envers », commente une autre personne dressant le parallèle avec celles qui se baignent « habillées des pieds à la tête », déplorant que l’océan et la mer ne sont pas « une machine à laver »

Après Robert Poilodeau

Ce n’est pas la première fois que la ville communique à l’adresse des estivants par des affiches humoristiques. En 2019 et 2020, elle avait déjà confié au dessinateur Polpino le soin de rappeler que les incivilités ne prennent pas de vacances. Sous son trait de crayon étaient nés les personnages emblématiques (avec des noms en « eau », pour faire plus Vendéen !) : Robert Poilodeau (torse nu en ville) ; Fernand Boipadeau (urine sur la voie publique) ; Gisèle Caniveau (déjections canines) ; Norbert Toxiqueau (mégots de cigarette jetés par terre) et, peut-être moins évidente pour ceux qui n’ont pas la chance de vivre au bord de la mer : Chloé Corneteau, celle qui nourrit les goélands avec son cornet de churros, risquant, en plus d’une amende, de se faire assiéger en quelques secondes par une armée de volatiles appâtés… Cette année, la ville fait référence aux tenues traditionnelles des gens de mer et à l’élégance des toilettes de la fin du XIXe siècle et du début XXe, lorsque l’engouement pour les bains iodés s’est développé et, avec lui, cette villégiature balnéaire. Depuis, sur le remblai, d’élégantes villas contemplent, face à la mer, le passage des nombreux vacanciers plus ou moins bien habillés.

Picture of Iris Bridier
Iris Bridier
Journaliste à BV

Vos commentaires

29 commentaires

  1. Aux USA ça fait très longtemps qu’il y a des affichettes à l’entrée de beaucoup de restaurants et de commerces qui disent : « No shirt, no shoes, no service ». Pas de chemise, pas de chaussures, pas de service.

  2. Autrefois, il y avait des « vespasiennes » partout. Ceci prenait en compte le fait que le besoin d’uriner, naturel et plus fréquent à partir d’un certain âge, doit être satisfait proprement.
    C’est une hypocrisie que d’avoir supprimé ces vespasiennes, ou de n’en pas équiper les lieux à forte fréquentation. Il ne faut pas s’étonner des conséquences. Le manque d’éducation n’est qu’une partie du problème.

    • Certes ça n’a pas aidé mais ce n’est qu’une infime partie du problème comme vous dites
      Pour les hommes qui peuvent faire partout où ils veulent même si c’est crade par contre nous les femmes c’est plus compliqué, sinon il y a les cafés quand on peut mais il faut consommer

  3. Ces « incivilités » sont surtout dues à un problème d’éducation
    Enfants , mes frères et moi avions appris ce qu’on appelle les bonnes manières, la politesse déjà, quand nous allions en pique nique, sac poubelle pour mettre les détritus, sac dans le coffre puis poubelle de la maison et j’en passe , maintenant on laisse tout faire voilà le résultat
    Il y a aussi des incivilités dans les piscines, ceux qui urinent dedans pour ne dire que ça, sur les plages, des couches culottes , des mégots et j’en passe je ne comprend vraiment pas ce comportement !

  4. J’ai lu aussi les noms proposés pour illustrer les inciviques, Robert, Fernand, Gisèle,Norbert, Chloé…des noms qui sentent la vielle France liés à l’incivisme. On est quasi aux mêmes noms que pour le rodéo urbain ! Que dire ou faire ? On ignore la présence des clandestins…en fait c’est ce qu’ils veulent. On avance que les inciviques sont les migrants…en fait on reconnait leur présence. On donne des noms en eau ( comme Moreau…Retailleau…) pour faire couleur locale…Donc on estime que les inciviques sont les Sabloneau, Olonneau, et ce n’est pas sympa pour eux, cela pourrait inspirer madame Borneau, ou le président Macroneau. La feinte est amusante et les noms aussi, mais elle prête à discussion et doit faire rire les inciviques de tous bords qui, en plus ne se sentent certainement pas concernés.

  5. Le pays a ce qu’il mérite, une populasse mal éduquée, mal habillée et ce qui est le plus grave avec un pois chiche dans le crâne.

  6. Il n’y a que des Blancs sur les affiches… il n’y a donc pas de personnes « racisées » aux Sables d’Olonne ? Ou alors seuls les Blancs ne respectent pas les lois ?

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Maires sortants exfiltrés : il s’agit là des prémices d’une guerre civile

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois