Europe : LFI crie au fascisme mais perd la bataille

Face à l’union des droites, la gauche française multiplie les outrances sans peser.
Capture écran CNews
Capture écran CNews

Le contexte est clair : jeudi, le Parlement européen a adopté le règlement retour grâce à une union des droites qui a permis de faire basculer une majorité sur la question migratoire. C’est dans ce cadre précis que les réactions de la gauche française ont fusé, sur X. Timing impeccable. À peine revenue d’un séjour remarqué à Cuba, Emma Fourreau a dégainé la première : « alliance des fascistes », « violation systématique des droits humains », « déportation »… Une charge sans nuance.

Même registre chez Manon Aubry, qui dénonce une « alliance de la honte », évoque un « profilage racial » et la « destruction du droit d’asile », allant jusqu’à parler du « dernier clou du cercueil des droits fondamentaux ». À ce niveau d’emphase, le débat disparaît derrière l’invective. Cette surenchère verbale a au moins un mérite : elle évite de regarder le rapport de force. Car derrière les cris, une réalité s’impose : la gauche française n’a pas pesé. Là où certains socialistes européens ont soutenu le texte, les élus LFI et leurs alliés hexagonaux ont voté contre… sans influer sur l’issue du scrutin.

Dans ce concert d’indignation, une absence intrigue : celle de Rima Hassan. Très active sur Gaza et la Palestine, l’eurodéputée n’a pas jugé utile de commenter ce vote pourtant central sur l’immigration en Europe.

Et pendant que les tweets s’enchaînent, ou pas, François-Xavier Bellamy, eurodéputé LR, tranche le débat auprès de BV : selon lui, une partie de la gauche « défend un État de non-droit ».

Du verbe aux actes : quand la tension déborde

De la parole aux actes, il n’y a parfois qu’un pas, et La France insoumise semble ne jamais hésiter à le franchir. Pendant que certains dénoncent des « fascistes » à Strasbourg, la campagne des municipales a donné lieu à des scènes autrement plus concrètes. À Clichy, la candidate socialiste Julie Martinez, battue, a promis devant ses soutiens de « faire mourir Rémi Muzeau en prison ». Une déclaration d’une gravité rare. Dans le même temps, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a recensé « plus de 120 faits judiciarisés » durant la campagne, un chiffre « beaucoup plus élevé » que lors des précédents scrutins, évoquant des injures et invectives « inacceptables ».

À Mantes-la-Jolie, le maire sortant Raphaël Cognet raconte à Europe 1 avoir dû « se frayer un chemin » sous les insultes, avec une pression physique immédiate et des opposants à quelques centimètres de lui. Des scènes similaires ont été observées à Vaulx-en-Velin, Creil ou encore au Blanc-Mesnil, où des élus ont été conspués, pris à partie ou expulsés sous les huées.

Dans ce climat, une constante se dessine : la présence, directe ou indirecte, de militants ou de figures issues de la gauche radicale, souvent liées à la sphère LFI. Une mouvance qui, par ailleurs, n’a jamais réellement condamné les actions violentes de groupuscules comme la Jeune Garde ni les agissements de figures comme Raphaël Arnault, régulièrement au cœur de polémiques. Comme si la radicalité du discours finissait, mécaniquement, par contaminer les comportements.

La gauche mise face à ses contradictions

Au fond, cette séquence dit tout d’un double mouvement. D’un côté, une gauche radicale qui multiplie les outrances verbales à Strasbourg, parlant de « fascisme » ou de « déportation » à propos d’un vote démocratique. De l’autre, un climat politique sur le terrain où les tensions franchissent un cap, entre menaces, intimidations et pressions physiques. Ce glissement n’est pas anodin. À force d’exagérer, de caricaturer, de diaboliser systématiquement l’adversaire, le débat public se déforme… jusqu’à légitimer, chez certains, des comportements plus violents.

La France insoumise, en refusant de condamner clairement certaines dérives et en entretenant une conflictualité permanente, semble ainsi nourrir un climat où la frontière entre violence verbale et violence physique devient de plus en plus poreuse.

À Strasbourg, les mots claquent. Dans certaines villes, ils finissent par frapper.

Picture of Yann Montero
Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire I Le réél finit toujours par s'imposer I Suivez-moi sur X : @YannMontero

Vos commentaires

49 commentaires

  1. L’immigration massive est la condition essentielle de la victoire finale de cette ultra-gauche ultra-violente. Il est normal que Mme Aubry et ses semblables hurlent frénétiquement contre toute mesure visant à sauver ce qui peut encore l’être.

  2. On notera que certains socialistes européens ne se sont pas comportés pas comme les socialistes français et ont refusé l’alliance à LFI.
    Par ailleurs, qualifier de « déportation » le retour au pays d’origine d’individus illégaux, afin de retrouver leur terre natale, leur famille et leurs proches, c’est tout de même surprenant. Le vocabulaire de ces gens reste étrangement bloqué sur une période précise de notre histoire. C’est à croire qu’ils ont quelque chose à se reprocher …

    • Oui la gauche à déjà gagné : la disposition adoptée par le parlement européen n’aura qu’un effet sur quelques centaines de migrants et ne changera rien sur le fond et encore, faut-il qu’elle soit appliquée. Et oui les entrées ne seront pas taries. C’est de la simple communication. La migration s’arrêtera d’elle-même avec l’effondrement économique de l’UE qui vient doucement mais surement.

      • En effet, quand la France sera exsangue économiquement, sa classe moyenne ravagée et ruinée, qu’il n’y aura plus rien à gratter, l’immigration aide sociale s’arrêtera d’elle-même.

  3. 1/ Oui vert100.
    Et sans vouloir faire de décompte macabre, car la mort d’un être humain est toujours dramatique, l’ICE a malheureusement tué de nombreuses personnes sous Biden et beaucoup sous Obama aussi.
    Silence radio de Aubry.
    2/ si l’ AFD était un parti néo-nazi il aurait été interdit, ce qui n’a pas été le cas.
    La justice a tranché.
    3/ c’est l’union qui a permis ce vote retour : Reconquête/LR/RN/IDL (pour la France)

  4. À Mantes-la-Jolie, le maire sortant Raphaël Cognet. Etait LR pendant 15 ans . Et passa chez horizon 6 mois avant les élections municipales. Pour être plus présententable.
    C’est a dire moins a droite vis a vis de ses électeurs.

Laisser un commentaire

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Mazarine Pingeot entend punir les manants de La Flèche qui n’ont pas bien voté

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois