Démission de Sébastien Lecornu : le chaos français vu de l’étranger

Après la démission de Sébastien Lecornu, la presse internationale prédit le pire à Emmanuel Macron... et à la France.
Capture d'écran X Gouvernement
Capture d'écran X Gouvernement

« Le chef de gouvernement le plus éphémère de l’histoire politique française moderne ». Si Sébastien Lecornu se cherchait une nouvelle bio pour son profil X, le quotidien britannique The Telegraph vient de lui en trouver une bonne. La démission express de l’ex-Premier ministre a fait les gros titres, outre-Manche, comme dans le reste de l’Europe, où la presse internationale reste sidérée par l’extraordinaire instabilité politique qui perdure dans l’Hexagone.

En Italie, le « chaos » français a notamment été critiqué par Il Fatto Quotidiano, qui n’a pas manqué de noter le triste « record » de Sébastien Lecornu, bombardé « Premier ministre le plus éphémère de la Ve République ». Une performance également soulignée sans pitié par le Corriere della Sera : « Le Premier ministre a été nommé il y a 27 jours, mais est resté seulement 13 heures à la tête du gouvernement. » En Russie, c’est le tabloïd pro-Kremlin MK qui en a remis une couche, qualifiant le malheureux démissionnaire de « coq autrefois vaillant mais pas à la hauteur »

Les erreurs de Lecornu

De l’avis général, Sébastien Lecornu porte une grande responsabilité dans la situation actuelle. Le magazine allemand Der Spiegel estime, ainsi, que le très éphémère Premier ministre a « aggravé » la crise politique en France. En Suisse, le média Blick note le « triple échec » de ce trentenaire « dont beaucoup louent le talent de négociateur » : l’impossible ouverture au centre gauche, l’absence d’un pacte budgétaire sérieux, l’aveu d’impuissance devant une possible censure du gouvernement.

Encore plus acerbe, Il Fatto Quotidiano reproche à Lecornu d’avoir osé faire appel à Bruno Le Maire. « Sa nomination a suscité le chaos pour des raisons évidentes : Le Maire a été ministre des Finances d’Emmanuel Macron pendant sept ans avant de devenir le "Monsieur Dette", le premier responsable, aux yeux des Français, de l’énorme dette publique qui pèse sur la France aujourd’hui et qui pousse des centaines de milliers de personnes à protester dans les rues », analyse le quotidien transalpin. Une opinion partagée par le Telegraph, perplexe devant le retour, au gouvernement de, « l’homme qui a ruiné la France ».

 

Si certains, en France, semblent s’amuser d’une actualité politique qui tourne parfois au vaudeville, ce n’est pas le cas de nos confrères étrangers. La presse internationale se montre en réalité très inquiète pour nous. « Peu d’investisseurs internationaux vont vouloir s’engager dans un pays en proie au chaos politique », redoute le quotidien suédois Svenska Dagbladet. « Le ratio dette/PIB de la France est désormais le troisième plus élevé de l’Union européenne, après la Grèce et l’Italie, et avoisine le double du seuil de 60 % autorisé par les règles européennes », rappelle le Telegraph, tandis que le média portugais Público diagnostique une « profonde crise de régime » en France. Tous notent, au passage, que la Bourse de Paris a chuté de près de 2 %, lundi vers 9 heures, juste après l'annonce de la démission de Sébastien Lecornu…

Emmanuel Macron sur la sellette

Enfin, la presse européenne semble unanime sur le cas d’Emmanuel Macron dont les jours à l’Élysée pourraient bien être comptés. « Le Président Macron est un canard boiteux à court d’options », tranche le Times. « Charles de Gaulle n’aurait pas imaginé que l’un de ses successeurs à l’Élysée ne serait plus capable de gouverner, même à moitié », ajoute le journal autrichien Der Standard. « Emmanuel Macron, plombé par son impopularité record (il n’a plus que 17 % d’opinions favorables), est devenu toxique », renchérit Blick. De son côté, le Telegraph avance que « la démission de Sébastien Lecornu pourrait mettre définitivement fin au calvaire politique du Président français »… Et au nôtre, aussi ?

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

98 commentaires

  1. La Vème République est bien faite sauf qu’elle est dirigée par des petits bonhommes, sans envergure, ni dignité, ni honneur , n’est pas de Gaulle qui veut ! La France est tombée bien bas.

  2. Ce pays est mort, encore un effort avec plus de gauche, plus de bordel, plus d’étrangers, plus de dette, plus d’impôts. Virage à gauche comme annoncé dès dizaines de fois. Qui pouvait croire à une inflexion du pays à droite. C’est la gauche qui pilote.

  3. « il n’a plus que 17 % d’opinions favorables… », 17% !!! Mais quel peut bien être le profil de ces gens pour être encore si nombreux à apprécier le personnage dont il est question ici ? Ca ne peut quand même pas être que ceux qui ont ont eu, ont ou espèrent avoir un poste dans un ministère ? Même si on y ajoute ceux qui ont été nommés ou attendent de l’être à des fonctions grassement rémunérées dans une de ces agences ou commissions dans lesquelles le pouvoir recase les copains aux frais du contribuable, le compte ne peut quand même pas y être. Non, si ces 17% ne sont pas que des gamellards de la politique, ils sont ou des charognards qui s’engraissent sur le dos d’une France moribonde ou plus tristement encore des imbéciles satisfaits de leur situation et persuadés qu’ils appartiennent à une classe qui ne sera jamais affectée par le déclassement ou la guerre.

  4. E.Macron, alias Jupiter le guerrier, saura toujours se sortir du guêpier où il s’est mis avec de grandes applications du « tout-et-son-contraire « dignes des meilleurs amateurs.

  5. Cela fait longtemps que Macron est devenu toxique. Il ne faut pas oublier qu’il n’a été élu que par des castors peureux. Il ne faut pas oublier que le jeu actuel est de se trouver avec le RN au 2e tour pour espérer être élu. Une carpe serait ainsi capable d’être élue devant le RN. Il est bien loin le temps de 2002 où les gens scandaient « plus jamais ça ».

  6. je rajoute à mon commentaire précédent
    Une question m’interpelle on parle d’un 1er ministre LR ou PS mais il me semble bien qu’en 7 ans on a déjà eu les deux au gouvernement, borne, attal, venu des socialistes, philippe , castex, barnier, le cornu venus des LR alors qui pour un vrai changement je ne vois pas, je reste convaincu que seule la démission de macron pourra rebattre les cartes, les campagnes électorales ne servent à rien puis qu’aucun programme n’est respecté, qu’aucunes promesses n’est tenues par les candidats dés qu’ils sont élus.

  7. La France n’est pas malade, elle est en phase terminale. Ne comptez pas sur une démission de Macron. Il s’accrochera jusqu’au bout. Nous étions déjà la risée internationale avec Hollande, aujourd’hui on touche le fond. Qui sont les 17 % qui soutiennent encore ce président ? Des gens atteints de la maladie d’Alzheimer ? On devrait leur retirer le droit de vote en plus du permis de conduire !

  8. Le pire, on y est déjà non ?
    Quelle tristesse de voir la France ainsi offensée, humiliée à cause d’une caste de notables indignes de leur mission, un Président de carton pâte qui ne doit son élection qu’à l’enfumage des électeurs et/ou leur manque de courage devant un vote de droite.
    Le « front républicain » ou l’affront fait à la République…

  9. Et si cette affaire était un stratagème de Macron. Ce dernier et Lemaire ne peuvent pas se voir. Macron ayant accepté voire imposé l’ex Tartarin de la finance , ministre des armées. C’est tellement énorme que c’est invraisemblable. L’homme le plus renseigné de France, Retailleau maintenu à l’intérieur pas mis au courant ? C’est aussi énorme et ça paraît volontaire ainsi pour créer le clash . Lecornu catalogué d’entrée malgré une soit disante demande ultime de négociations par Macron n’y arrivera pas. Résultat Macron se transforme en Ponce Pilate se sentant irresponsable d’une deuxième dissolution à venir, contraint et forcé. C’est le système du c’est pas moi c’est l’autre. Tout est possible avec ce pseudo président d’operette.

    • Pour emm…. Attal, E. Philippe, ex-PM, Retailleau…. il prononcera possiblement la dissolution de l’AN, pour les voir disparaître avec un plaisir sadique

  10. Quel pataques, à l’étranger ils sont moins frileux pour reconnaitre le chaos et le déclin de la France. Avez vous vu combien vont coûter ces ministres éphémères, comme dirait macron,  » un pognon de dingu »e, 16 ministres ont été reconduits dans le gouvernement Lecornu, et vont toucher une indemnité de départ de 3 mois de traitement, ils en avaient déjà touchée une le mois dernier, quand le gouvernement bayrou a démissionné. Dès lors, fût-ce en considérant qu’ils ont « travaillé le mot est galvaudé »‘ un mois depuis la démission du gouvernement Bayrou comme ministres assurant l’intérim du 9 septembre 2025 (démission du gouvernement Bayrou) au 6 octobre 2025 (démission du gouvernement Lecornu) ; et qu’à ce titre un mois de traitement leur est dû, vu qu’au total (3 mois + 3 mois) ça leur fait une indemnité de départ de six mois de traitement, ils auront donc bien perçu 6 mois de traitement alors qu’ils n’ont « travaillé » qu’un seul mois. elle est pas belle la vie de ministre. En attendant, les gueux subissent.

  11. C’est peut-être la seule lueur d’espoir au bout de ce long tunnel que la France traverse depuis ce deuxième quinquennat, qui restera dans l’histoire de France comme le quinquennat de trop. Nous ne sommes plus dans une (triste) affaire franco-française, l’international s’en mêle, l’Europe, les banques, les marchés financiers, etc. Si Macron a eu des soutiens de différents milieux, économiques, médiatiques, politiques ou autres, il est fort possible que les mêmes personnes qui l’ont placé là où il se trouve décrochent leur téléphone aujourd’hui pour lui expliquer qu’il est temps que Brigitte prépare les valises et commence à chercher au couple présidentiel un petit nid douillet qui y couler des jours heureux … pourquoi pas en pays neutre, comme la Suisse ?

  12. Les journalistes étrangers ont plus de recul que les français et souvent une clairvoyance différente des nôtres…
    Je sens dans leurs titres 2 choses :
    – une sorte de compassion à notre égard devant cette partie de yoyo
    – une sorte de mépris pour celui qui voulait se faire plus gros que le boeuf et a semé la pagaille dans le monde…

    La revue de presse étrangère est trop rare, Boulevard Voltaire devrait se pencher sur cette thématique, ce serait un plus…

  13. Lecornu n’est le responsable, il est simplement le complice de la farce.
    La consigne qu’il a reçu : « voici tes ministres, avec ça tu dois parvenir à te mettre le PS dans la poche » dixit « micron » !

    Alors ensuite il accumule les fautes :
    – abandon du 49.3 (outils de gouvernance)
    – il accepte l’inacceptable, le retour de celui qui écrivait des bouquins en ruinant un peu plus la France, lemaire honni par tous français !
    – après avoir démissionné il accepte une dernière mission (impossible) de trouver une solution en 48 h alors qu’en 27 jours il est rincé
    – il reçoit des gens qui ne sont pas des élus comme castets ou gluksman
    – cerise sur le gâteau, le voilà qui brade la réforme des retraites pour plaire à l’inénarrable olivier faure !!!

    Maintenant les rats quittent le navire en masse, bientôt freluquet sera en culotte courte sur son radeau de la méduse !
    Mais il lui reste un joker qui échappe aux commentateurs : l’article 16 de la Constitution qui lui donnerait les pleins pouvoirs, et pour cela faisons lui confiance il trouvera un motif imparable…

    • Nous sommes passés de « Mission Impossible » aux « Cinq dernières minutes » (c’est à peu près ce qu’il reste de vie au deuxième quinquennat Macron).
      Quant à l’article 16, bien qu’un ultime coup de théâtre soit toujours possible avec Macron, je n’y crois guère, ce serait la recette idéale pour une révolution dans le pays. Je n’ose imaginer que Moi 1er commette la même erreur que Louis XVI … mais sait-on jamais, l’histoire n’est pas son fort.

    • Concernant l’article 16, il ne suffit pas de s’arroger les pleins pouvoirs pour les exercer à sa guise. Quand la seule vraie raison qui conduirait au recours à cet article est justement le comportement de celui qui en serait le premier bénéficiaire, il n’est pas certain que le système accepterait sans broncher d’obéir à celui qui le met en grand danger. N’oublions pas que c’est la politique du doigt d’honneur menée par un type mal élu et battu à toutes les élections suivantes qui est la cause de la situation actuelle. Ces Français qu’il a « très envie d’emmerder » se sentent certainement beaucoup plus nombreux aujourd’hui qu’au jour où il a osé prononcer ces mots.

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