Contrairement à ce que dit Arnault, Favrot semble avoir joué un rôle déterminant

BV a mené une enquête exclusive. Nous vous retraçons la scène qui a couté la vie à Quentin Deranque.
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« Je me doute, évidemment, que ce n’est pas quelqu’un qui souhaite la mort d’autres personnes », déclare, ce mercredi, le député Raphaël Archenault, élu sous faux nom Arnault, au sujet de Jacques-Élie Favrot, son assistant parlementaire, dans un entretien accordé à Blast.

Pourtant, lors du guet-apens et de l’affrontement qui a suivi, lors des cinq lynchages de militants identitaires, un homme effectue en continu des gestes amples. Des gestes qui trahirait un meneur, selon France 2. Nous avons pu déterminer qu’il s’agit ici de l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault, Jacques-Élie Favrot, assistant parlementaire du député LFI de Vaucluse au moment des faits.

Pour l’identifier, nous avons demandé indépendamment confirmation à trois militants identitaires présents le 12 avril. Nous nous sommes assurés qui l’avaient préalablement reconnu sur place. Ils l'ont retrouvé sur les images tournées par les témoins. Conformément au témoignage de son avocat, Jacques-Élie Favrot, surnommé « Jef », ne porte pas de coups à Quentin directement mais commet des violences sur d’autres militants. Selon les victimes, il était un des seuls agresseurs à ne pas être masqué. Sur les vidéos du lynchage, on remarque à plusieurs reprises la similarité du dégradé de la coupe de cheveux et de la moustache du jeune homme avec les images tournées deux jours auparavant, lors d'un meeting à Avignon où l'assistant parlementaire était présent.

Enquête exclusive

Dans cette enquête vidéo exclusive, nous révélons son parcours image par image. Selon trois sources, Jacques-Élie Favrot a été vu juste après qu'une militante antifasciste compte avec ses doigts les identitaires présents. Il est arrivé avec son groupe d'une trentaine de membres de la Jeune Garde, par l'opposé du tunnel ferroviaire qui donne sur le croisement Farge/Lagrange, à Lyon dans le VIIe arrondissement. Préalablement, des militantes de Némésis, dont l'une a été étranglée, l'avaient vu avec son groupe sur un square qui se situe à l'entrée du tunnel.

C'est le groupe de Jacques-Élie Favrot qui, une fois équipé, se dirige vers le service d'ordre de Némésis. Il est environ 17h55. D'abord furtivement, avec grande discrétion. Puis, une fois repéré, le groupe de Favrot charge le groupe des identitaires. La moitié a enfilé des gants coqués. Certains ont le visage masqué. Le procureur estime que certains portent des armes, comme un poing américain.

« Butez-les, tues-les ! »

Louis*, qui se trouvait un peu plus à l'écart, est pris en tenaille. Il est jeté au sol, frappé jusqu'à la perte de connaissance puis dépouillé de ses clefs. Jacques-Élie Favrot effectue des allées et venues entre sa ligne, qui empêche les identitaires de porter secours à la victime, et ceux qui violentent Louis. Des gestes amples caractérisés semblent désigner un meneur. Un antifasciste filme la scène. Aujourd'hui, seules des captures d'écran de la vidéo ont été diffusées par des canaux antifas. Pour eux, il s'agit de la preuve que le service d'ordre de Némésis est à l'origine de la rixe. On y voit notamment Quentin en position de garde défensive. Un identitaire se sert d'une béquille comme arme par destination, un de ses camarades d'un parapluie. Sur un plan plus large filmé par un témoin, et diffusé par Le Canard enchaîné, on voit un militant nationaliste jeter une trottinette, un autre faire usage d'une lacrymo. C'est à ce moment-là que plusieurs identitaires affirment avoir entendu, de la part de Jacques-Élie Favrot, « Butez-les, tues-les ! », ce que dément son avocat.

Selon nos informations, alors que Louis est inanimé au sol, une riveraine crie : « Arrêtez, vous voyez pas qu'il y a déjà un mort » [il s'agit de l'ami de Quentin qui est KO, NDLR]. Les antifascistes lui ont répondu : « On s'en fout, ce sont des nazis. »

Favrot présent pendant toute la durée du supplice

Les antifascistes en surnombre repoussent les identitaires sur la rue Victor-Lagrange. Suivent quatre minutes de face-à-face ultra-violent. « On pensait que la police allait venir, certains d'entre nous tombaient, on les relevait, les coups pleuvaient », témoigne une personne présente, qui reconnaît formellement Jacques-Élie Favrot ainsi qu'un autre assistant parlementaire LFI, employé sous faux nom, Adrian Besseyre. Arrivés au niveau du numéro 12 de la rue, les identitaires décident de se disperser par le bout. Il est 17h58. Trois d'entre eux sont projetés au sol puis rués de coups. Comme on le voit sur les images, Jacques-Élie Favrot participe au lynchage d'une des victimes, puis effectue de nouveau des gestes amples en direction de ses alliés. La personne à qui il avait donné des coups de pied se relève, hébétée. Jacques-Élie Favrot fonce sur lui, le frappe, puis dérobe ses effets personnels laissés à terre. Pendant ce temps-là, sept antifascistes portent des coups à Quentin. Onze coups sont portés à la tête et au haut du corps. Un des complices maintient les jambes de Quentin lors du supplice. Un autre se met au-dessus de son corps inanimé pour le tabasser pendant au moins vingt secondes. La scène a des allures d'exécution. Un dernier antifasciste, avec un maximum d'élan et une prise d'appui, envoie un coup de pied dans la tête du jeune homme inanimé.

Jacques-Élie Favrot est présent pendant tout le supplice et quitte les lieux, laissant, à cet instant, pour mort Quentin, gisant sur le trottoir. L'assistant parlementaire LFI a été, depuis, mis en examen pour complicité d’homicide volontaire par instigation. La Justice le soupçonne d'avoir poussé ses camarades à commettre l'agression mortelle. Son casier comporte déjà une mention pour détention d'armes, ainsi qu'une condamnation en 2025 pour des violences commises sur un étudiant à Saint-Étienne.

*prénom modifié pour des raisons de sécurité

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Jean Bexon
Journaliste

Vos commentaires

45 commentaires

  1. Bonjour, Une chose que je ne comprends pas:
    – cette personne a été élue sous un nom qui semble être le raccourci de son patronyme.
    – J’ai connaissance lors des élections municipales de 2000 où une colistière connue sous un diminutif utilisé par tous et inscrite sur le bulletin de vote sous celui-ci : son bulletin n’a pas été pris en compte dans le dépouillement,…Pourquoi lui a été validé?
    Cordialement

    • Quelle naïveté, Pessoa.
      La présidence que vous trouvez « stupide » est en réalité une entreprise de démolition. Démolition de la France, s’entend.
      Quant à la présidentielle de 2027, nous courons moins le risque de nous tromper que celui que l’on nous trompe.
      Les électeurs qui votent « mal » aux yeux des hautes instances se voient punis par l’annulation de l’élection.
      C’est une pratique de l’UE.
      Plus simplement, on peut aussi faire un croc-en-jambe au favori (par exemple : François Fillon qui trébuche sur des bouts de tissu).
      En termes simples, les dés pipés sont dans l’air du temps.

  2. Des bovins sans aucune dialectique politique; et l’on en fait un assistant parlementaire. Cogner, le degré zéro de toute politique. Cette violence mécanique, sans réflexion, sans argumentation possible, lorsqu’elle est propagée à un pays entier, s’appelle la guerre civile.

  3. Arnault / Archenault !?… Comment est-il possible, dans ce pays, d’être élu député avec un faux nom ?!!!!
    Arnault, c’est son nom « d’artiste » ? Un drôle d’artiste vraiment dans une « république » laxiste et dévoyée !

  4. Donc si je comprends bien, en plus, nous  »élisons », en toute légalité, des pseudos à l’AN avec casiers, les noms réels étant fichés. J’avais entendu dire que les élus devaient montrer l’exemple…On se réveille quand ???

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