Clovis, Louis XIII et Richelieu : les grands oubliés de l’Histoire au collège

Le projet de nouveaux programmes en histoire inquiète certains professeurs.
BVoltaire
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« L’école de la France, […] où on n’a pas peur d’enseigner le vase de Soissons, le manteau de saint Martin, la chevauchée de Jeanne d’Arc, les croisades, le pont d’Arcole, la tranchée des baïonnettes… » Dans Mémoricide (Fayard), Philippe de Villiers rêvait d’une école où les grandes heures de l’Histoire de France étaient toujours transmises aux enfants. Un rêve loin de la réalité…

En effet, au moment même de la publication du dernier livre du célèbre Vendéen, le Conseil supérieur des programmes, saisi en mars 2024 par Nicole Belloubet, alors ministre de l’Éducation nationale, planchait sur de nouveaux programmes d’histoire-géographie. Le résultat de ces mois de travail, publié au début de l’été sans grande médiatisation, alarme le collectif Parents vigilants, proche du parti d’Éric Zemmour. « L’intention idéologique est on ne peut plus claire. Il s’agit purement et simplement de faire oublier toujours plus l’Histoire de France aux petits Français », s’agace, ce 11 octobre, le président de Reconquête. Il faut dire que le projet de programme d’histoire-géographie prévoit notamment d’enseigner l’Empire romain sous le prisme « multiculturel » et décale le cours sur la Première Guerre mondiale à la fin de l’année de quatrième (au lieu du début de l’année de troisième, actuellement), au risque que ce chapitre ne soit jamais enseigné, faute de temps suffisant…

« Nos ancêtres les Gaulois… »

Mais si ces projets de programme ont de quoi inquiéter certains parents et de nombreux enseignants d’histoire, les programmes actuels du collège, déjà, occultent une grande partie de l’Histoire de France. Ainsi, en classe de sixième, si les fondations de notre civilisation sont bel et bien posées grâce à trois chapitres consacrés aux « mondes grecs » et à l’Empire romain, l’étude de la Gaule passe à la trappe. Ainsi, la guerre des Gaules n’est plus obligatoire mais peut servir d’exemple pour aborder les différentes conquêtes de l’Empire romain. Vercingétorix peut, même, ne pas être mentionné du tout dans certains manuels d’histoire ! L’Éducation nationale rétorquera que ce point a déjà été abordé à l’école primaire. Certes, mais comme en témoignent de nombreux professeurs d’histoire-géographie, un vrai rappel ne serait pas de trop.

Clovis, Louis XIII et Richelieu, les grands oubliés

L’année suivante, en classe de cinquième, les collégiens commencent leur année par une étude croisée de l’Empire byzantin et de l’Empire carolingien. Au-delà du choix de mêler l’étude de ces deux empires qui peut interroger, le programme officiel occulte totalement la dynastie des Mérovingiens. La bataille de Soissons, la conversion de Clovis et son baptême ainsi que sa descendance ont disparu de la chronologie. À nouveau, Clovis a pu être abordé au primaire, mais pourquoi l'effacer au collège ? Et ce, alors même que son baptême pose les bases de la chrétienté en France. Et malgré un demi-chapitre consacré à l’empire de Charlemagne, la Chanson de Roland n’est plus qu'un lointain souvenir… Les rois capétiens, ensuite, sont survolés. S’ils sont abordés, c’est seulement pour expliquer une thématique du programme. Tout comme la guerre de Cent Ans. Rien n’est enseigné sur les causes de la guerre ou sur la figure de Jeanne d’Arc.

Seuls quelques manuels continuent d’accorder un ou deux documents à la Pucelle d’Orléans. Bouvines ou Castillon n’évoquent ainsi rien (ou presque), pour la plupart des collégiens de France. Catherine de Médicis, pourtant mère de trois rois de France et régente, est également absente du programme. Louis XIII et Richelieu, aussi. Et ce, malgré un chapitre sur « l’affirmation de l’État » ! Si, au primaire, les élèves ont pu bénéficier d'un semblant de chronologie, au collège, les élèves sont noyés dans une approche thématique de l’Histoire de France, de l’Europe et du monde. Ainsi, le Moyen Âge n’est pas expliqué dans sa longue et difficile continuité, mais par le prisme de thèmes tels que « l’ordre seigneurial dans les campagnes », « l’émergence d’une société urbaine » ou encore « l’affirmation de l’État monarchique ». On peut tout de même se réjouir de voir encore (et pour combien de temps ?) figurer François Ier, Henri IV et Louis XIV dans le dernier chapitre des élèves de cinquième. Mais au vu de la densité du programme, de nombreux élèves arrivent en quatrième sans avoir malheureusement eu le temps d’étudier ce chapitre… Et la période ne peut qu'être survolée.

Et en quatrième, justement, Louis XV n’est plus un objet d’études. La Révolution française et l’Empire se retrouvent ramassés dans un seul et même chapitre. Impossible, donc, pour un enseignant soumis au strict respect de ces programmes, de rappeler la bataille du pont d’Arcole ou le soleil d’Austerlitz. Et le XIXe siècle est entièrement abordé sous un angle thématique. Ainsi, la Restauration, la monarchie de Juillet et le Second Empire sont rapidement passés en revue grâce au thème du droit de vote.

À l’inverse, l’étude de civilisations extra-européennes est imposée par les programmes comme la Chine des Han, en sixième. Le risque du « zapping » historique est alors grand. Sans chronologie, les élèves n’ont plus aucun repère. Et alors, comme le résume Philippe de Villiers, « l’école et la société n’offrent plus ni récit, ni identité, ni fierté ».

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

19 commentaires

  1. Les socialos-communistes qui tiennent les milieux scolaire et unversitaire depuis 60 ans , n’ont qu’un seul but , celui d’effacer de la mémoire collective toute trace de notre Roman national cher à Monsieur Philippe De Villiers . Un peuple qui oublie ses racines ne peut avoir foi dans son avenir .

  2. Mon enfant en 5ème vient justement de passer son contrôle d’histoire sur l’empire romain, Justinien, les carolingiens et le schisme entre l’église catholique et byzantine.
    Clovis est abordé brièvement mais le cours parle de son baptême.
    Je n’ai rien relevé d’anormal et c’est un collège public.

  3. Quel sinistre sabotage !!!!
    On prive les Français de la connaissance de l’Histoire de leur Pays …UNE HONTE ABSOLUE.

  4. Comment peuvent ils enseigner quelques choses qu’ils n’ont pas apprit ??? Ah oui! j’oubliais! Sorry….l’utilisation d’un E Phone durant les cours…..

  5. Madame Belloubet et madame Borne sont des soixanthuitardes attardées, cela ne fait aucun doute. Elles ne sont plus trotskystes mais elles ont conservé l’idéologie de l’époque. Belloubet c’est contre la religion de ses ancêtres et Borne c’est pour le sexe à Tout va, c’est la même idéologie!

  6. tout celà est volontaire et destiné à faire disparaître ce qui a formé la France et les Français, dont les même espèrent leur dispararition totale à moyen terme ! Mais il n’est pas interdit d’éducquer et d’instruire ses enfants et petits enfants !

  7. La population de la France ayant totalement changée dans les cinquante dernières années et n’étant plus ni française ni européenne pour une très grande part, particulièrement chez les jeunes, l’histoire de France telle qu’elle était racontée dans les années 1950 et suivantes perd évidemment tout intérêt.

    • Mais il ne faut pas oublier que sans l’histoire de la France, il n’y aurait pas d’Algérie…! Et le nom n’existerait même pas, c’est une invention française… donc les petits enfants algériens peuvent apprendre que leurs ancêtres sont des Gaulois… Hi hi hi hi…!

  8. Une seule concession est accordée à l’enseignement d’antan, c’est la brosse à effacer, non plus le tableau mais notre histoire.

  9. Apparemment tout a été enseigné en primaire. En secondaire il faut avancer et prendre un peu de hauteur. Si on doit refaire le même enseignement qu’en primaire, à quoi bon garder les enfants à l’école ?
    De même en français, où irait on apprenait encore au collège à conjuguer le verbe avoir.
    Tous les élèves ont le droit de progresser,et peuvent comprendre que le rôle absolument fondamental de Vercingétorix qui a même peut être failli nous protéger de la décadence romaine.

  10. A-t-on un mot sur l’empire soviétique dont le rayonnement a guidé les pas de nos dirigeants soi-disant progressistes? Et rien sur les empires inca, aztèque et mongol
    Le projet me paraît exagérément européo- centré ,à la limite raciste et empreint de supremacisme blanc.

  11. L’éducation nationale surf sur la vague que bientôt les français seront minoritaires d’où ne pas enseigner la vraie histoire de France

  12. J’ai eu entre les mains un livre d’histoire destiné à je ne sais plus quelle classe . La dernière guerre était résumée en deux pages dont une demie consacrées à la résistance et une complète à Jean Moulin.

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