[CINÉMA] Superman, une nouvelle version plus politique signée James Gunn

James Gunn ne pouvait mieux signifier son soutien envers la Palestine.
Capture d'écran
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C’est un nouveau départ, pour l’homme d’acier. Exit Henry Cavill et l’univers pessimiste de Zack Snyder ; place à David Corenswet et au style punk et coloré de James Gunn.

L’histoire reprend donc à zéro, oui, mais pas tout à fait. Le récit débute in medias res, au moment où Kal-El (Superman) vient d’être battu à plate couture par son ennemi Ultraman. Secouru par Krypto, son chien extraterrestre, notre super-héros se remet de ses blessures et regagne Metropolis, où il officie depuis trois ans, déjà, sous l’acclamation populaire. Tandis qu’une nouvelle mission occupe Clark et ses amis du Justice Gang (les héros Green Lantern, Mister Terrific et Hawkgirl), Lex Luthor révèle au monde entier un message enregistré par les parents biologiques de Kal-El expliquant à leur fils qu’il est destiné à établir la domination des Kryptoniens sur la Terre. Apeurée, la population se retourne alors contre Superman qui, peu après, est mis aux arrêts et emprisonné dans un univers parallèle, laissant les mains libres à Lex Luthor…

Un héros plus humain que dans la version précédente

Salué pour son travail sur la trilogie des Gardiens de la galaxie et sur The Suicide Squad, James Gunn a fini par rejoindre, en 2022, Peter Safran à la direction de la branche cinéma de DC Comics, en qualité de coprésident, chargé de l'aspect créatif du studio. Quelques mois plus tard, le cinéaste annonçait son projet de réaliser une nouvelle version de Superman, le fameux héros créé en 1933 par Jerry Siegel et Joe Shuster.

Adaptant plus précisément All-Star Superman, la série de comics de Grant Morrison, publiée entre 2005 et 2008, cette nouvelle mouture nous présente, dès la scène d’ouverture, un héros plus humain et plus fragile que jamais, incapable en vérité de faire échec à l’ennemi sans l’appui de son chien Krypto ni de ses amis du Justice Gang. Très éloigné de Man of Steel (2013), la version de Zack Snyder qui présentait alors un Superman fort, serein, solitaire et le regard tourné vers l’horizon, le film de James Gunn nous propose un héros plus sensible et enfantin, destiné davantage à plaire au jeune public et, en somme, plus en phase avec cette époque de dévirilisation galopante. Un héros qui consent gentiment à partager le prestige et laisse volontiers ses camarades briller à sa place. On note, à ce propos, un trop-plein de personnages secondaires insuffisamment développés : ceux précédemment évoqués du Justice Gang, auxquels il convient d’ajouter Metamorpho et l’insignifiante Supergirl. On sent bien là, dans ce foisonnement irraisonné de super-héros, l’influence délétère des studios Marvel sur ceux de DC.

Quand Superman roule pour la Palestine…

Face à l’homme d’acier, le méchant Lex Luthor, incarné par un Nicholas Hoult plus cabotin que jamais, répète à l’envi qu’il souhaite faire triompher l’intelligence sur les muscles. Cynique, assoiffé de pouvoir, celui-ci vend des armes au gouvernement de Boravie dans son conflit déséquilibré avec le Jarhanpur. Deux pays fictifs dont le premier – ethniquement européen et à la technologie avancée – fait ouvertement écho à Israël quand le second – oriental et totalement démuni sur le plan économique et matériel – rappelle, par sa situation géographique, la bande de Gaza. Précisons, au passage, que l’odieux président de Boravie, incarné par Zlatko Burić (la trilogie Pusher, Sans filtre), ressemble à un croisement entre Netanyahou et Poutine… James Gunn ne pouvait mieux signifier son soutien politique envers la Palestine. On se demande ce qu’auraient pensé Jerry Siegel et Joe Shuster de cette idéologisation outrancière (récupération ?) de Superman…

2 étoiles sur 5

 

 

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Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

23 commentaires

  1. Dans tous les films récents et toutes les séries récentes , le wokisme sévit , le méchant ne peut être que Blanc ou à la limite Asiatique . Les autres , qu’il est interdit de citer même ici doivent avoir des rôles sympathiques .

  2. ça devient fatiguant ces séries qui n’en finissent plus, avec chaque fois de nouvelles équipes qui respectent de moins en moins les personnages, des effets spéciaux, du wokisme… On s’en passe avec une facilité si merveilleuse ;-)

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