[CINÉMA] L’Ultime Braquage, récit du plus grand casse de l’histoire du Danemark
C’est un film policier qui fait beaucoup parler de lui, en ce moment. Et pour cause : L’Ultime Braquage, coproduction franco-danoise, relate avec un certain intérêt le plus grand casse de l’Histoire du Danemark. Les faits s’étaient déroulés en 2008, dans la banlieue de Copenhague. Six hommes avaient pénétré dans un dépôt d'argent liquide, détruisant l'enceinte à l'aide d'un chariot élévateur, et dérobé en une quinzaine de minutes 70 millions de couronnes danoises (9 millions d’euros). Les braqueurs, pour faciliter leur fuite, avaient pris soin de clouter les routes afin de ralentir les forces de l’ordre. Résultat : seul un dixième du butin fut retrouvé, malgré l’arrestation de l’ensemble de l’équipe dans les jours qui suivirent…
L’affaire, semble-t-il, traumatisa la société danoise, réputée jusque-là pour le civisme de sa population. Depuis lors, le pays renforça de façon drastique ses systèmes de sécurité, ses banques et ses dépôts d’argent.
Un polar danois à la française
Réalisé par Frederik Louis Hviid, L’Ultime Braquage s’inspire de ce fait divers et suit plus particulièrement Kasper (Gustav Dyekjaer Giese), un ancien braqueur rangé des voitures. En effet, suite au fiasco survenu un an plus tôt lors d’un casse à Göteborg, en Suède, où deux convoyeurs de fonds furent abattus par Slimane (Reda Kateb), l’un de ses complices, Kasper a décidé de tout abandonner. Cet homme marié et père de famille souhaite désormais se consacrer à sa passion pour la boxe. Hélas, ce compétiteur somme toute médiocre ne parvient nullement à décoller. Alors quand Slimane, « le Marocain », revient le voir pour lui proposer un coup ultime, le boxeur finit par céder. Mais les choses ne se dérouleront pas comme prévu et les tensions se feront jour entre les deux hommes…
Polar classique au budget modeste, le film de Frederik Louis Hviid ressemble beaucoup à nos films policiers français de par son âpreté et ses couleurs froides. Refusant net le spectaculaire, les scènes d’action survitaminées et le romantisme facile du cinéma hollywoodien d’un Michael Mann (Heat), le réalisateur fait le choix honnête de l’épure et d’un certain naturalisme. Lequel explique l’utilisation, sans doute excessive, de la caméra-épaule, voulue immersive. Une fausse bonne idée, tant celle-ci rend parfois difficile la lecture de l’action. Frederik Louis Hviid s’autorise malgré tout quelques coquetteries de mise en scène, tel un plan-séquence ou une course-poursuite tournée avec des voitures à l’arrêt sur un tarmac !
Un positionnement moral qui pose problème
Plutôt ingénieux, bien que plombé par des longueurs, des dialogues peu subtils et des personnages secondaires sans étoffe, L’Ultime Braquage crée cependant le malaise, tant il pose un véritable problème de positionnement moral. Tout est fait pour nous ranger du côté des braqueurs, en dépit de leurs mines patibulaires et de leurs comportements violents. Sans doute le caractère immersif, précédemment évoqué, favorise-t-il la sensation d’adrénaline et le désir profond du spectateur de voir ces hors-la-loi – ces ennemis objectifs de la société – s’en sortir. À tel point que la séquence finale, à la gloire du boxeur fugitif, sonne comme une victoire méritée ! En vérité, nous ne sommes pas surpris par une telle complaisance du cinéaste envers la crapulerie, dans la mesure où celui-ci s’était déjà illustré en 2021 avec Shorta, son premier long-métrage, qui pointait avec gourmandise les « violences policières » et mettait en scène deux flics traqués dans une cité par des racailles survoltées réclamant justice. Le gauchisme bourgeois, une fois encore avec L’Ultime Braquage, célèbre les comportements les plus antisociaux et joue, en définitive, contre le bien commun.
C’est d’autant plus dommage qu’en choisissant de privilégier le point de vue policier, le film aurait pu nous expliquer comment les autorités sont parvenues à identifier l’équipe de braqueurs et à arrêter la plupart d’entre eux…
2 étoiles sur 5
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2 commentaires
Tiens, rigolo, je voulais poster un commentaire sur l’article à propos de Vanessa Paradis, ( pseudo chanteuse que je n’apprécie guère, étant musicienne) impossible. Donc, tant pis, je le poste ici!
Le « Gauchisme Bourgeois » tient jusqu’ à ce que le Bourgeois « De Gauche » se fasse voler, agresser, violer, etc. A cet instant là, il s’aperçoit que le slogan « La Propriété c’est le Vol » (Proudhon) s’applique littéralement aux braqueurs, aux violeurs et aux voleurs (qui s’approprient ce qu’il avait), et que la » Violence capitaliste » ou » l’exploitation capitaliste » (Marx) sont exactement ce que pratiquent les racailles (par exemple, entre autre, les trafiquants et autres dealers de drogues). Evidemment, malgré ces malheurs, le Gauchiste Bourgeois peut être cohérent en continuant à défendre le crime mais en acceptant (responsabilité oblige) la sanction méritée (Boomrang) de ses convictions : on attend avec jubilation de voir ça chez certains de nos Politiques qui pensent que « c’est la Police » qui tue, ou que les pilleurs de magasins ou de maison méritent le pardon. ..