[CHRONIQUE] Macron au secours des Ukrainiens, mais pas des éleveurs français
Le président de la République n’était pas peu fier d’avoir réuni « la coalition des volontaires » pour l’Ukraine à Paris. Parader sur la scène internationale, voici la jouissance suprême, mais pour quels résultats concrets ? En cas de cessez-le-feu, sera établi un système de surveillance « sous leadership américain ». Chacun peut voir à quoi se résume la « souveraineté européenne » : une vassalisation assumée. En marge de cette réunion du 6 janvier dernier, Emmanuel Macron a indiqué que la France pourrait déployer plusieurs milliers de soldats français dans le cadre de la force multinationale de garantie. Mme Meloni a exclu, quant à elle, tout envoi de troupes italiennes et le chancelier Merz a évoqué cette éventualité uniquement sur le territoire d’États membres de l’OTAN, ce qui est prudent et logique. Mais « notre » Emmanuel semble vouloir sa guerre avec la Russie, comme s’il avait une affaire à régler avec Vladimir Poutine ! Ce personnage est dangereux.
Tous les cris d’orfraie du monde politique ne sont que comédie
Mais pendant qu’il fanfaronne à propos de l’Ukraine, il étale son impuissance à venir en aide aux agriculteurs français. Ce qui est étonnant est que certains commentateurs s’en étonnent. Depuis 1986 (traité de l’acte unique), traité après traité, les politiciens français ont bradé la souveraineté française. La France n’est donc plus souveraine et peut se faire imposer un traité de libre-échange dangereux pour son indépendance alimentaire. Depuis des semaines, j’ai écrit que l’accord Mercosur serait signé. Non parce que je suis prophète mais parce que c’est la conséquence des abandons de souveraineté que les Français ont acceptés ou souhaités. Et quand, d’aventure, ils ont voulu y mettre un coup d’arrêt, la nomenklatura politico-administrative leur a imposé par voie parlementaire ce qu’ils avaient refusé par voie référendaire. La Commission européenne possède une compétence exclusive en matière de négociations commerciales dès lors que le Conseil européen a donné son accord pour ouvrir des négociations. Donc, elle use de son pouvoir. Et tous les cris d’orfraie du monde politique ne sont que comédie, incompétence ou stupidité. Et le pire est sans doute que tous ces mauvais comédiens ont menti de la façon la plus délibérée aux agriculteurs.
Finalement, c’est toujours la même ritournelle
L’accord commercial va apporter le bonheur économique et ouvrir des perspectives incroyables aux acteurs économiques. Nous allons passer d’un grand marché de 450 millions de consommateurs à un marché de 720 millions de consommateurs. Mais justement, c’est bien là que le bât blesse. Ce qui serait positif, parce que créateur de richesses concrètes et réelles, ce serait un grand marché de centaines de millions de producteurs, car ceux-ci créent non seulement des richesses mais encore de la recherche, de l’innovation, des emplois qualifiés. Il est possible de consommer en vivant des minimas sociaux et des trafics. Au demeurant, le président de la République, lors de son discours « aux ambassadrices et ambassadeurs », a déclaré qu’il fallait « penser l’Europe, pas simplement comme un marché par lui-même, mais une puissance commerciale de 450 millions d’habitants et de consommateurs ». Pas un mot sur l’activité productrice, mais toujours la même lubie de Montesquieu sur les effets du « doux commerce » qui, en créant l’interdépendance et la spécialisation des productions, amènerait la paix universelle et un monde unifié sous la férule d’un État mondial mercantile, régnant sur des peuples déracinés et indifférenciés ! Quelle perspective ! Et ce que ressentent bien les Français, c’est qu’ils s’appauvrissent et que la France dévisse. Les promesses ne sont jamais tenues car la logique est folle.
Il eût fallu du courage politique et un peu de virilité
La France n’a pas su mobiliser une minorité de blocage (quatre États membres représentant 35 % de la population de l’UE) et se fait donc imposer le Mercosur. Que pouvait-elle faire ? La politique de la chaise vide, comme de Gaulle en 1965. Et invoquer le « compromis de Luxembourg » (unanimité pour les décisions importantes). Il eût fallu du courage politique et un peu de virilité. C’est trop demander à notre Président. Mais, surtout, inscrire sa politique dans une vue d’avenir construite sur la souveraineté et l’indépendance de la France. Mais cela est hors du champ conceptuel d’Emmanuel Macron.
Lors de la conférence aux ambassadeurs, il a indiqué quel serait l’agenda diplomatique de la France : « l’agenda de souveraineté européenne » ! Vieille lune diplomatique qui ne correspond à aucune réalité politique, comme le démontre assez la sortie accélérée de l’Europe du règlement des tensions internationales. Il est vrai que le Président a affirmé, au cours de cette conférence, que « nous pensons trop souvent en Français ». Ce qui pourrait sembler naturel pour des Français ! La vérité est que les États qui comptent sont les États souverains qui se pensent et agissent en États souverains. L’UE n’est pas un État mais une mécanique administrative centralisatrice et n’a pas de souveraineté. Elle est donc impuissante sur la scène internationale. Macron craint que la France ne devienne « une puissance morale impuissante ». Avec lui, elle est devenue une impuissance immorale. Il serait temps d’en finir.
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69 commentaires
Choisir c’est renoncer …chacun connaît cette évidence. Là où c’est intéressant c’est de connaître les raisons primordiales de ce choix . Pourquoi un macron renonce à l’agriculture française en y consacrant quelques hypothétiques millions d’€ si Lecornu est maintenu…et en même temps fait tout pour sauver , protéger un zelensky en lui « déversant « des milliards d’€ qui échappent au budget bancale d’une France en soins paliatifs ? Quelles sont les avantages à recevoir en retour entre l’Ukraine et le monde agricole français ? That is the question
oui, il faut en finir : destitution, sinon, nous ne nous en relèverons plus jamais
Tout à fait d’accord et de toute urgence ! Il y va du salut de la France.
Macron veut sauver le monde (Ukraine, Groenland…), il a un avis sur tout (Gaza, Vénézuela…), il distribue les bons points et les mauvais. Et pendant ce temps, la France coule. Dans la Charte de l’ONU il est dit que les peuples ont un droit inaliénable à disposer d’eux-mêmes. Quand on a 85% d’insatisfaction, peut-on enfin comprendre que le peuple ne veut plus de soi et partir ? C’est notre droit inaliénable à lui demander de partir pour que nous puissions enfin disposer de nous même et avoir un président qui s’occupe de nous.
Le problème est que ce « droit inaliénable », composante essentielle de la qualité de citoyen d’une nation libre, nous avions deux occasions de l’exercer, en 2022 pour les présidentielles et en 2024 pour les législatives. Mais la crise sanitaire est passée par là et notre comportement électoral fut lamentable, étant entrés en servitude volontaire, approuvée par des politiciens sans envergure que sont Mmes Le Pen et Maréchal, MM. Ciotti et Zemmour.
Pour redevenir libres, il faut rejoindre de suite les souverainistes, sinon, c’est la mort de notre nation à courte échéance.
Notre Occupant élyséen est incapable de se contenter de la scène politique française . Son égocentrisme ne peut se satisfaire que d’un public mondial et de déclarations internationales inouïes voire kafkaïennes .
Macron-Don Quichotte ! Faut pas jouer les puissants quand on est queer-woke sans enfants. Un père de la nation doit avant tout avoir été père de famille.
L’Ukraine est le seul domaine où je partage l’attitude d Macron ou plutôt non car comme toujours il ne fait que des annonces. La solution était l’envoi massif d’armes à l’Ukraine en 2022. Une faute indigne de l’Occident qui ternira à jamais son histoire !!
Je partage presque toutes les analyses de Boulevard Voltaire à l’exception de celles sur l’Ukraine. Les tenants du patriotisme comme BV devraient défendre la résistance du peuple ukrainien pour son indépendance et sa liberté.
Mettre en parallèle la lutte justifiée des agriculteurs français avec l’héroïque résistance des Ukrainiens relève presque de l’ignominie !
L’Ukraine est une fiction, de plus, un gouffre financier que nous avons déclenché sans contrôle des représentants élus de notre nation.
Je doute que BV, défenseur inconditionnel de l’Ukraine se soit penché sur ce double problème, ne serait-ce que pour informer les lecteurs, comme doit le faire tout bon journaliste qui se respecte.
C’est tout à fait logique, car Macron n’aime pas la France et encore moins les français
Comment peut’on passer de 450 millions d’habitants en UE à 720,ont va les chercher ou les 270 millions.
Il faut faire les deux. La défense et la sécurité nationale (et la défense de l’Ukraine en fait partie) et l’autosuffisance alimentaire avec le maintien d’une agriculture française qui permet à ses agriculteurs de vivre décemment et de nourrir la population.
Que voulez vous? Il faut comprendre qu’Emanuel est fou amoureux…….
il y en a marre de donner des sous aux ukrainiens donner plutôt aux français vivement qu’il partes
Entièrement d’accord.
Macron comme toujours fait du Macron, mais les organisations syndicales on les a guère entendues, elles ont aussi une part de responsabilité
A l’écouter, il promet de faire en Ukraine ce qu’il a été incapable de faire en France. Pitoyable.
Que le peuple de France entende votre conclusion.
Il suffisait que Macron dise gentiment à von der Leyen que si l’accord etait signé, la France suspendait le versement de sa participation au budget europeen : 25 milliard (en hausse à 28 milliards pour 2926 – la France de Macron a les moyens) sur lesquels elle n’en récupère que 11…, sans doute qu’Ursula y aurait regardé à deux fois avant de signer… mais une fois de plus, Macron la carpette s’est applati…
Entièrement d’accord. Je plussoie.